Janvier, 2021

ven15jan(jan 15)0 h 00 mindim11avr(avr 11)0 h 00 minMariano ManikisPhotographiesLa Cabinerie, Rue Grimoux / Marcello 1700 Fribourg

Détail de l'événement

La Cabinerie est heureuse et a l’honneur d’exposer pour la première fois en Suisse les photographies nocturnes de Mariano Manikis, photographe, artiste, architecte, curateur et gestionnaire culturel argentin de Buenos Aires.
Il s’agit d’une série de photographies réalisées la nuit dans les rues de La Boca, quartier historique et mythique de Buenos Aires. Images de rues désertes où règne une ambiance de songes qui ne va pas sans rappeler la mélancolie du tango né précisément dans ce quartier, port fondateur de la ville. Ce sont aussi des vues de zones devenues dangereusement fréquentables que seul un natif de ces quartiers, en fin connaisseur, peut traverser la nuit et photographier sans trop d’encombres…
Des vues d’un promeneur solitaire dans des rues qu’aucun touriste ne verra jamais, et encore moins sous les faibles lueurs des candélabres.
Enfin et surtout, ce sont de vraies images et non des documents, car au descriptif mentionné, à la géographie devinée, se greffe une picturalité indéniable, c’est-à dire qu’au dessin des rues se substitue la matière même de la nuit et des tensions entre ses couleurs chaudes et froides. Ce que Manikis pousse à l’extrême comme fut son cheminement aux confins de sa nuit et de sa démarche.

« Par une circonstance particulière, soudainement, ma vie s’est transformée en une longue nuit. Ce sont ici les photographies de cette nuit durant laquelle je suis sorti à sa rencontre et ce sont aussi les photographies de ma résilience, car dès les premiers pas sont apparues des images qui me parlaient d’autres mondes, distinctes et plus riches que la recherche frénétique d’un amour perdu.
Ma vue embuée de larmes s’est alors transformée en un regard attentif sur les endroits cachés du quartier même où je suis né, où j’ai grandi et où je vis : le quartier des coeurs brisés, des absents, des eaux noires et des impasses… Ils m’ont nourri d’une infinité d’images, j’ai pu en capturer certaines avec mon appareil photo alors que d’autres se sont perdues dans l’oubli. Mais toutes me firent découvrir que dans la nuit la plus profonde, derrière la porte qui se ferme, laissant le ciel de l’autre côté, la vie illuminée peut jaillir.
Ainsi je réalisai que la nuit est une invention de l’homme. Dès la première torche qui éclaira les premières ténèbres, l’être humain a illuminé et façonné la physionomie de la nuit.
Qu’en serait-il de l’obscurité sans la présence de la lumière de l’homme et qu’en serait-il de l’obscurité dans laquelle parfois l’esprit humain entre, guettant, engendrant des fantômes, cachant des chemins, si l’être humain avec sa capacité de résilience n’illuminait pas ses traverses et trouvait de nouveaux paysages sur lesquels poser son regard ? »
Mariano Manikis

Dates

Janvier 15 (Vendredi) 0 h 00 min - Avril 11 (Dimanche) 0 h 00 min