Novembre, 2020

mer04nov2021lun01marHistoires possiblesMarc RiboudLe Musée National des Arts Asiatiques – Guimet, 6 Place d'Iéna, 75116 ParisType d'événement:Exposition,Photographie

Détail de l'événement

L’exposition consacrée au photographe Marc Riboud (1923-2016) marque l’entrée de l’intégralité de son oeuvre dans les collections nationales, conformément à son souhait.
Figure éminente de la photographie, Marc Riboud a marqué la seconde moitié du 20e siècle par son regard profondément personnel sur le monde. Photographe plus que reporter, il laisse derrière lui plus de 50 000 photographies (négatifs, diapositives et épreuves sur papier) où l’Asie domine. Qui d’entre nous ne s’identifie pas à telle ou telle image qu’il a toujours connue, et n’a le sentiment ainsi de feuilleter avec l’album du monde celui de sa famille ?
De l’immédiat après-guerre à la Chine atemporelle des monts Huang Shan, c’est à un parcours de plus de cinquante ans sur tous les continents, avec une place privilégiée pour l’Asie, qu’invite cette exposition rétrospective sur l’oeuvre de Marc Riboud.

Marc Riboud réalise ses premiers reportages à l’étranger sur les recommandations de Robert Capa et Henri Cartier-Bresson, fondateurs de l’agence Magnum qu’il a rejointe en 1953 et dont il démissionnera en 1979 en conservant des liens amicaux.

Il fait d’abord ses armes dans la France et l’Angleterre de l’après-guerre et crée d’emblée des images qui habitent notre imaginaire collectif dont le fameux Peintre de la tour Eiffel, des images iconiques de Paris ou encore l’un des derniers portraits de Sir Winston Churchill. Puis c’est un périple en Europe orientale. Après la Yougoslavie, géopolitique d’un autre siècle, et les milieux ouvriers de l’Angleterre (1953-1954), son premier voyage vers l’Orient islamique commence en 1955 par la Turquie avant de partir pour l’Asie en voiture. Au terme d’un voyage de trois ans qui le porte jusqu’au Japon, la grande révélation de sa vie de photographe sera la Chine, alors presque fermée. Il y effectuera tout au long de sa vie de nombreux voyages. De ses longs séjours en Asie du Sud-Est, en Chine, au Japon, en Afghanistan, en Inde, au Népal, il rapporte des images essentielles, saisissant un continent en pleine mutation, à travers des images empruntes d’une rigoureuse géométrie et d’une profonde sensibilité. Loin de tout sensationnalisme son regard accueille l’humain, dans son universalité comme dans le tourbillon des grands bouleversements qui ont ponctué l’histoire de la seconde moitié du 20e siècle.

Grande rétrospective embrassant tout l’oeuvre du photographe disparu en 2016, l’exposition met en évidence le parcours d’une vie, depuis ses premières photographies prises à Lyon – la ville de son enfance – et dans la France de l’après-guerre, jusqu’aux ultimes photographies faites en Chine, notamment dans les montagnes du Huang Shan. La photographe Sarah Moon l’y accompagne et porte un regard tout différent ; il offre avec celui de Marc Riboud un frappant contre-point.

Sans rien négliger de l’art de la composition, il forge une oeuvre où s’exprime une sensibilité profonde à l’être humain, dans sa solitude comme dans ses aventures collectives. Il saisit tout au long de son parcours, de puissantes images de foules. Puis vient le reste du monde : l’Alaska, le Maghreb et l’Afrique – aux temps des indépendances –, Cuba, les États-Unis. C’est à Washington en 1967 qu’il photographie la Jeune fille à la fleur, devenue une image manifeste contre la guerre du Vietnam qui fit le tour du monde.

La dernière partie de l’exposition est consacrée à l’Asie : les tourments de l’histoire devaient y être documentés. Que ce soit au Vietnam, au Bangladesh ou encore au Cambodge, Marc Riboud s’en charge avec dignité, produisant des images contenues, bouleversantes et universelles. La Chine enfin, se raconte en noir et blanc mais aussi en couleurs. Marc Riboud y retourne régulièrement pour y chercher les témoignages des évolutions et des paradoxes d’un régime politique qui fait entrer sa société dans de profondes mutations. Dans la région de l’Anhui, il capte l’essence impalpable de la beauté des rochers en pain de sucre chargés d’écharpes de brouillard, de nuages et de pins élancés. En s’approchant ainsi de la sensibilité d’un lettré, il livre une moderne interprétation de la peinture au lavis d’encre sur papier.

Photo : La jeune fille à la fleur Manifestation contre la guerre au Vietnam Washington, États-Unis, 21 octobre 1967 © Marc Riboud / Fonds Marc Riboud au MNAAG

Dates

Novembre 4 (Mercredi) 10 h 00 min - Mars 1 (Lundi) 18 h 00 min

Lieu

Le Musée National des Arts Asiatiques – Guimet

6 Place d'Iéna, 75116 Paris

Le Musée National des Arts Asiatiques – Guimet6 Place d'Iéna, 75116 ParisOuvert de 10h à 18h tous les jours sauf le mardi

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