Juin, 2026

Stéphanie Lacombe

mer24jui(jui 24)13 h 30 mindim20sep(sep 20)19 h 00 minStéphanie LacombeMajesticHôtel Fontfreyde - Centre photographique, 34, rue des Gras 63000 Clermont-Ferrand

Détail de l'événement

Le travail photographique de Stéphanie Lacombe s’inscrit dans une tradition documentaire renouvelée où le portrait devient un lieu de circulation entre l’image et la parole. Elle développe depuis ses débuts une pratique fondée sur la durée, l’immersion et l’écoute. À travers ses séries emblématiques La table de l’ordinaire, Immobile Home, Hyper Life, Somme toute, elle déploie un projet fondé sur l’entrelacement étroit de l’image et de la parole.

Ses portraits, au cadrage volontairement sobre, s’accompagnent de fragments de discours, récits, citations, propos directs qui ne viennent ni expliquer ni illustrer le visage photographié, mais en déplacer la lecture. Partielle, subjective, parfois dissonante, la parole agit comme un contrepoint critique qui met en tension l’évidence du visible.

Ce dispositif engage activement le regardeur, contraint de négocier entre ce qu’il voit et ce qu’il lit, tout en affirmant une éthique du portrait par laquelle la photographe écoute autant qu’elle montre, et dans laquelle les personnes représentées accèdent pleinement au statut de sujets parlants et non de simples objets du regard.

Next stop – prochain arrêt
Le tramway de Babel

Ainsi advient l’invitation de Stéphanie Lacombe ayant pour cadre la résidence photographique de la Ville de Clermont-Ferrand portée par l’Hôtel Fontfreyde. D’abord pensée à l’échelle d’un quartier de péricentre, la recherche s’est déplacée vers le tramway, le serpent de verre et d’acier frôlant les quartiers de Saint-Alyre et Fontgiève, traversant la place Gaillard. Espace de reflets, de transparences et d’opacités, il condense une visibilité paradoxale où la présence se fait d’autant plus dense qu’elle semble se dissoudre.

Dans la lumière artificielle, presque aquatique, surgissent les visages des passagers saisis dans le flux de leurs habitudes quotidiennes, figures majoritairement féminines, silencieuses, traversées par une tension diffuse entre endurance et inquiétude du monde qui vient.

Le regard de la photographe instaure alors un ralentissement, le portrait devient un lieu de suspension, presque iconique, appelant moins l’interprétation que l’attention et une forme de respect. Avec la série Majestic, réalisée dans notre tramway à pneumatiques, un déplacement s’opère dans le travail de Stéphanie Lacombe. Simple inflexion ou bifurcation plus profonde, ce changement de dispositif ouvre une nouvelle phase de son parcours, dont seuls les développements à venir permettront de mesurer la portée.

Next stop – prochain arrêt
Des airs de cantiques

Les allers-retours du tramway scandent un rituel quotidien, pèlerinage pendulaire et discret du boulot-dodo. Dans les images des coins de rues, les gris et noirs de la pierre volcanique répondent aux objets dorés du quotidien et aux reflets solaires, écho lointain à l’or des icônes. L’idée du sacré ne s’y affirme pas, elle affleure. Assemblées, ces photographies composent un paysage à la fois urbain et intemporel, traversé d’une spiritualité latente.

Enfin, mettre en regard une Vierge en majesté, sculpture votive d’Auvergne, et nos usages contemporains ne relève pas de la confrontation, mais du dévoilement d’une continuité souterraine. L’image devient seuil et présence, reliant le Moyen Âge roman à nos sociétés saturées de flux visuels. Face à l’austérité d’un visage immobile, une leçon s’impose : l’image ne se contente pas de représenter, elle rend présent.

Peut-être est-ce là la fonction profonde des oeuvres – non pas nous enfermer dans une époque, mais nous relier à ce qui traverse le temps, une densité du regard que le mouvement permanent tendrait à dissoudre.

François-Nicolas L’Hardy

Commissaires d’exposition : Stéphanie LACOMBE et François-Nicolas L’HARDY, Responsable de l’Hôtel Fontfreyde.

Stéphanie Lacombe, née en 1976 dans le Lot, est diplômée de l’Ecole Nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris (ENSAD). Son langage photographique se rapproche du documentaire-direct faisant dialoguer textes et images. Ses séries sont une exploration de la vie quotidienne des classes populaires sur des thèmes aussi élémentaires que se loger, se déplacer, consommer, se divertir et se nourrir. Parmi ses travaux figurent La table de l’ordinaire, qui met en scène des repas du quotidien, Hyper Life, consacré à des portraits d’usagers sur un parking de supermarché, ainsi que Seules les racines restent, une série de portraits d’adolescents en vacances au bord de la me

Sélectionnée par Paris2024 pour la création de deux affiches artistiques des Jeux Olympiques et Paralympiques (2023), lauréate de la Grande Commande de la BnF en 2022, du prix l’OBS en 2020, Prix Niépce en 2009, elle est lauréate de la Fondation Lagardère en 2006, a reçu le Grand prix de la photographie documentaire et sociale de Sarcelles en 2008, et Sebastião Salgado lui remettra le prix spécial du jury Agfa en 2001. Son travail est exposé en France et à l’étranger (Argentine, Hong Kong, Espagne, Finlande), il est également publié dans la presse (L’Obs, Courrier International, la Revue XXI, Zadig, Libération, Le Monde).

Elle transmet son expérience de femme photographe à l’occasion d’ateliers pratiques et pédagogiques autour de la photographie (Fondation Cartier, les Ateliers du Carrousel, le centre d’art Diaphane, Le centre méditerranéen de la Photographie, la Maison Robert Doisneau, Les Rencontres d’Arles). « MAJESTIC est né de la liberté d’expérimenter, de se perdre et d’accepter que les images s’imposent d’elles-mêmes. Une fois rentrée à Paris, je me plonge dans le temps lent du tri des clichés réalisés et je choisis de laisser émerger ceux qui évoquent, pour moi, le sacré au coeur de l’urbain, le religieux dans un monde contemporain. Dans MAJESTIC, les visages anonymes du tramway se révèlent alors comme des icônes modernes, suspendues hors du temps, porteuses d’une grâce silencieuse. Cette attention nouvelle me permet d’interroger le spirituel dans une ville cosmopolite, où le divin se glisse discrètement dans l’ordinaire, et où la photographie devient un espace sensible de dialogue entre passé et présent.»

Dates

24 Juin 2026 13 h 30 min - 20 Septembre 2026 19 h 00 min(GMT-11:00)

Lieu

Hôtel Fontfreyde - Centre photographique

34, rue des Gras 63000 Clermont-Ferrand

Other Events

Hôtel Fontfreyde - Centre photographique

34, rue des Gras 63000 Clermont-FerrandOuvert du mardi au samedi de 14H à 19H

Hôtel Fontfreyde - Centre photographique

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