Carte blanche à La Kabine : La Kabine fête ses 5 ans, cinq années d’engagement pour l’image contemporaine 2 juillet 2026
Carte blanche à La Kabine : Le Festival OFF Arles des images au delà des marges. Faire centre depuis les marges 1 juillet 2026
Traversée du medium photographique au Musée d’Art moderne de Fontevraud : Rencontre Dominique Gagneux, directrice 22 juin 2026
Une critique nécessaire de la « Photographie algorithmique » de Joan Fontcuberta par Boris Eldagsen et Miles Astray 12 mai 2026
Masterclass Oeildeep Le Bal des Rejetons : Ceci dit prenez soin de vous par Lucy Vigoureux 19 juin 2026
Fondation d’entreprise Martell, 10 ans de co-création, rencontre Anne-Claire Duprat, directrice 30 juin 2026
« A fleur de peau » : le monstrueux, ses persistances et ses symptômes au MO.CO. Montpellier 29 juin 2026
Partager Partager Pour leur deuxième carte blanche, nos invités – les deux co-directeur·ices et co-fondateur·ices de l’association La Kabine – Florent Basiletti et Juliette Larochette, reviennent sur ce qui fait l’essence même du Festival OFF Arles : la marge comme territoire de création plutôt que comme simple alternative au centre. À travers une réflexion sur l’histoire du mot « off » et son évolution, ils interrogent ce que signifie aujourd’hui faire un festival qui place la périphérie au cœur de son projet artistique. © Festival OFF Arles, La Kabine Il existe un paradoxe fécond dans l’idée même d’un festival qui revendique la marge comme point de départ. Car la marge, par définition, semble toujours renvoyer à un ailleurs : ce qui est en dehors, ce qui échappe au regard dominant, ce qui n’occupe pas le devant de la scène. Pourtant, certaines des expériences artistiques les plus vivantes naissent précisément dans ces espaces que l’on qualifie, parfois trop rapidement, de périphériques. La marge n’est pas seulement un lieu géographique ou symbolique. Elle est une manière d’habiter le monde. Elle désigne ces territoires où les normes vacillent, où les catégories se brouillent, où les formes restent ouvertes. Ce qui s’y invente ne cherche pas nécessairement à conquérir le centre ; il propose souvent d’autres façons de créer, de rencontrer, de partager. Le mot « off » porte cette histoire. Longtemps, il a désigné ce qui se construisait à côté des institutions : une programmation parallèle, indépendante, parfois improvisée, souvent portée par le désir de montrer ce qui ne trouvait pas sa place dans les cadres établis. Le off n’était pas simplement un complément. Il était une alternative. Un espace de liberté, d’expérimentation et de prise de risque. © Koklova Luma / La Kabine. Visuel de l’affiche du festival 2026 Avec le temps, cette frontière s’est déplacée. De nombreux festivals « off » sont devenus des rendez-vous incontournables. Certains ont acquis une reconnaissance institutionnelle, des financements, une visibilité qui les rapprochent du centre qu’ils étaient censés contourner. Le paradoxe est là : peut-on rester un off lorsque l’on est attendu, identifié, parfois même consacré ? Peut-être que la réponse ne réside pas dans une opposition figée entre un « in » et un « off », entre un centre et une périphérie. La véritable question est ailleurs : où se fabriquent aujourd’hui les formes nouvelles ? Où s’inventent les gestes qui déplacent nos habitudes de voir, d’écouter, de penser ? Faire de la marge le centre d’un festival ne signifie pas inverser une hiérarchie pour en créer une nouvelle. Il ne s’agit pas de célébrer la marginalité comme une valeur en soi, ni de transformer l’écart en posture. Il s’agit de reconnaître que les marges sont des espaces de circulation, de porosité et de rencontre. Elles accueillent des pratiques qui traversent les disciplines, des artistes qui refusent les catégories trop étroites, des publics qui viennent moins consommer une programmation que vivre une expérience. Nuit de l’émergence, 2024 © Anaïs Fournié La marge n’est pas un refuge ; elle est un laboratoire. C’est là que les formes hésitent, se cherchent, se contaminent les unes les autres. C’est là aussi que les récits dominants peuvent être interrogés, déplacés, parfois renversés. En ce sens, la marge n’est pas le contraire du centre. Elle en est souvent le révélateur. Elle met en lumière ce que les institutions ne voient plus, ou ne savent plus regarder. Un festival qui choisit cette perspective ne propose pas seulement une sélection d’œuvres. Il invite à déplacer le regard. Il suggère que la création ne se laisse pas enfermer dans des catégories établies et que les œuvres les plus nécessaires ne sont pas toujours celles qui occupent les places les plus visibles. © Anaïs Fournié Dans une époque où les frontières entre les disciplines, les territoires et les identités se recomposent sans cesse, les marges cessent d’être des zones d’exclusion pour devenir des lieux d’invention. Elles ne sont pas le bord du monde ; elles sont l’endroit où celui-ci se réinvente. Peut-être est-ce cela, finalement, la vocation d’un festival qui prend la marge pour centre : rappeler que la création ne progresse pas en suivant les chemins les plus fréquentés, mais en ouvrant des passages inattendus. Non pour abolir le centre, mais pour montrer qu’il n’est jamais fixe. Il se déplace au rythme des artistes, des œuvres et des rencontres. Et il arrive que ce mouvement commence précisément là où l’on croyait qu’il n’y avait que des marges. INFORMATIONS PRATIQUES La Kabine - Centre de l’image13200 Arles lun06jul(jul 6)10 h 00 minlun05oct(oct 5)19 h 00 minFestival OFF Arles 2026Des images, au-delà des margesLa Kabine - Centre de l’image, 13200 Arles Détail de l'événementPhoto : © Koklova Luma / La Kabine Le Festival OFF Arles est un festival indépendant de photographie contemporaine porté par La Kabine, sous la direction artistique de Florent Basiletti et Détail de l'événement Photo : © Koklova Luma / La Kabine Le Festival OFF Arles est un festival indépendant de photographie contemporaine porté par La Kabine, sous la direction artistique de Florent Basiletti et Juliette Larochette. Gratuit et ouvert à toutes et tous, il transforme chaque été Arles en un vaste parcours d’expositions, de rencontres et d’événements autour de l’image. La 3e édition, intitulée Des images, au-delà des marges, se déroule du 6 juillet au 5 octobre 2026 et rassemble plus de 150 lieux, 200 expositions et près de 1000 artistes. Parmi les temps forts : projections, lectures de portfolios, performances, rencontres professionnelles, discussions avec la Radio du OFF et événements dédiés aux scènes émergentes internationales, notamment la remise du Prix Révélation Saif x La Kabine à l’ENSP Arles. Les deux lieux principaux du festival sont : Le Printemps — 2 avenue Lafayette à Arles, qui accueille notamment le programme d’expositions Au bord du monde, et de nombreux événements Impasse Balze — lieu d’accueil du festival au cœur d’Arles Soirées d’ouvertures 21h – minuit : Lundi 6 juillet — Battle photographique avec Inland, Le Printemps Mardi 7 juillet — Apéro d’ouverture, Impasse Balze Mercredi 8 juillet — Soirée Filles de la Photo & projections, Le Printemps Jeudi 9 juillet — Vernissage des expositions de La Kabine, Le Printemps Vendredi 10 juillet — Soirée de l’Émergence, ENSP Arles Le Festival OFF Arles, porté par la Kabine, est membre du Réseau LUX. LA KABINE Un espace dédié à la création et à la diffusion de l’image. La Kabine est une association engagée dans le soutien et la promotion de la création artistique émergente dans le domaine de l’image. Fondée en 2021 par trois diplômés de l’ENSP d’Arles, elle développe un programme dynamique d’expositions, de résidences, d’ateliers et d’événements pour accompagner les artistes et sensibiliser tous les publics aux enjeux de l’image contemporaine et des nouvelles images. Dates6 Juillet 2026 10 h 00 min - 5 Octobre 2026 19 h 00 min(GMT-11:00) LieuLa Kabine - Centre de l’image13200 ArlesOther Events Get Directions Address - Festival OFF Arles 2026 [] Destination Address - Festival OFF Arles 2026 [] CalendrierGoogleCal LE IN Les Rencontres d'Arles32, rue du Docteur Fanton 13200 Arles lun06jul(jul 6)10 h 00 mindim04oct(oct 4)19 h 00 minLes Rencontres d'Arles 2026Des mondes à relireLes Rencontres d'Arles, 32, rue du Docteur Fanton 13200 Arles Détail de l'événementPhoto : Carlos Idun-Tawiah, Many Reasons to Live Again [De nombreuses raisons de vivre à nouveau], 2022 Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la Galería Alta. Dans une période où Détail de l'événement Photo : Carlos Idun-Tawiah, Many Reasons to Live Again [De nombreuses raisons de vivre à nouveau], 2022 Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la Galería Alta. Dans une période où tout semble pousser à simplifier, à opposer et à réduire, nous avons souhaité que ces 57e Rencontres d’Arles créent au contraire un espace pour accueillir la complexité et la sensibilité. Non pour adoucir artificiellement la violence du réel, mais pour lui restituer toute sa profondeur. Pour regarder ce monde parfois inquiétant sans cesser d’y chercher des formes de beauté, de relation et de liberté. La photographie a cette capacité rare de tracer des routes et des cheminements inédits qui décentrent notre regard. Médium essentiel, elle révèle ce qui nous échappe, ce qui subsiste, circule, se transmet et relie. Capable de conjuguer la grande Histoire avec des récits plus intimes, la photographie ouvre sur de possibles bifurcations. Ce décentrement du regard anime l’œuvre de grandes figures, telles que William Klein – auquel les Rencontres rendent hommage à l’occasion du centenaire de sa naissance –, et qui n’a cessé de bousculer les formes et les conventions. Cette édition permet également de redécouvrir Martine Barrat, dont l’œuvre puissante et singulière nous plonge dans les quartiers marginalisés de la Goutte d’Or à Paris et du New York des années 1970, entre Harlem et le Bronx. Nous célébrons aussi Ming Smith, dont la vision libre et poétique a frayé de nouvelles voies dans l’histoire de la photographie américaine. Harry Gruyaert, de son côté, nous convie à un travelling urbain éclatant de couleur au fil de compositions millimétrées, de New York à Zanzibar en passant par Paris, Tokyo et Mumbai. Une nouvelle cartographie du monde se dessine à travers l’attention portée aux circulations, aux routes, aux passages et aux lignes de fracture qui traversent les territoires. Entre l’Afrique et la Méditerranée, entre les frontières héritées et les mouvements d’émancipation désirés, les artistes réimaginent les géographies. Bruno Boudjelal rappelle combien l’image naît parfois de la rencontre entre un paysage extérieur et une vie intérieure. Ses traversées ne documentent pas : elles donnent forme à une expérience. Elles laissent poindre quelque chose de plus ténu, où spiritualité, souvenir et sensation s’entremêlent. La Méditerranée, elle aussi, apparaît dans les images d’Anne-Lise Broyer comme un lieu habité par plusieurs temps, un espace de sédimentation, d’attente et de projection. En Algérie, la mémoire enfouie des années noires se révèle progressivement dans l’œuvre au long cours de Katia Kameli. Réunies dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, ces trois expositions racontent les multiples visages du bassin méditerranéen. Plus loin sur le continent africain, entre le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Congo, s’esquissent des histoires de libération, de transmission et de réappropriation. Avec Ghana !, l’indépendance se lit dans les images, de Paul Strand à James Barnor, et se prolonge dans un imaginaire collectif toujours à l’œuvre, jusque dans le travail de Carlos Idun-Tawiah, qui signe l’affiche de cette 57e édition. Avec Paul Kodjo, c’est toute une culture visuelle ivoirienne qui se construit : inventive, populaire, moderne, capable d’absorber des influences multiples pour inventer sa propre langue. Chez Sammy Baloji, la photographie devient une machine à confronter les temps, faisant dialoguer les récits familiaux, les histoires souterraines, les mémoires empêchées et les conséquences très contemporaines de l’extractivisme. Achille Mbembe écrit très justement : « Nos crises, y compris écologiques, découlent de la croyance que l’humain est supérieur aux autres espèces. » Le vivant s’impose donc au cœur de cette édition comme une nécessité. Plus qu’un thème abstrait, il oblige à reconnaître que le monde ne se limite pas à nos catégories. À cet égard, l’exposition Modèle animal traverse deux siècles de photographie, révélant combien l’animal est indissociable de l’histoire du médium : observé, étudié, aimé, mis en scène, exploité, malmené, admiré, fantasmé. Photographier l’animal, ce n’est pas seulement représenter une altérité ; c’est aussi accepter de voir apparaître d’autres manières d’être au monde. Ce même mouvement traverse les œuvres de Lisa Oppenheim, Meghann Riepenhoff et Lara Tabet. Toutes trois rappellent que l’image est un milieu vivant, en perpétuelle évolution. Avec Meghann Riepenhoff, la nature travaille la matière même de l’image et y laisse son empreinte. Avec Lisa Oppenheim, une mémoire botanique disparue ressurgit par l’interprétation et la conjugaison de techniques anciennes et de technologies nouvelles de l’image. Avec Lara Tabet, lauréate du programme BMW Art Makers, les strates géologiques, archéologiques et organiques viennent souligner que rien n’est immobile, que toute forme témoigne de plusieurs temps et autant de devenirs. Une attention particulière est par ailleurs portée à un versant plus intime de l’œuvre d’Edward Steichen, à l’occasion du Luxembourg Photography Award. Photographe, conservateur et précurseur, il était aussi botaniste, attentif aux correspondances entre les formes, les saisons, les cultures et les images. Parce que l’apprentissage du regard commence dès le plus jeune âge et qu’un festival transmet autant qu’il montre, il était essentiel de faire toute leur place aux enfants dans cette édition. L’extraordinaire collection de livres photo jeunesse rassemblée dans l’exposition R comme regarder rappelle ainsi – avec joie, invention et intelligence – que la photographie peut être un espace de découverte pour tous les âges, un lieu où le regard se forme librement. Cette année encore, les Rencontres d’Arles font la part belle à l’émergence de nouvelles voix sur nos scènes artistiques. L’exposition du Prix Découverte Fondation Louis Roederer reprend ses quartiers à l’Espace Monoprix, sous le commissariat de Nadine Hounkpatin. Elle tisse une réflexion sur la vérité en photographie à travers la sélection de sept artistes internationaux faisant du médium un espace de commun, de relation, d’engagement et de responsabilité. La programmation met également à l’honneur les jeunes commissaires, à l’instar d’Alessandra Chiericato, lauréate 2024 de la bourse de recherche curatoriale des Rencontres d’Arles, qui développe une analyse originale de la nature cannibale des images. Ce qui relie toutes ces propositions, si différentes dans leurs formes, leurs époques et leurs géographies, c’est sans doute une même attention à ce qui transforme : les récits qui se déplacent, les mémoires qui ressurgissent, les formes de vie qui résistent, les images qui, loin de figer le monde, nous aident à le relire. Aurélie de Lanlay, toute l’équipe du festival et moi-même nous réjouissons de vous accueillir à Arles dès le 6 juillet pour vous faire découvrir l’ensemble de la programmation de cette 57e édition des Rencontres d’Arles. Dates6 Juillet 2026 10 h 00 min - 4 Octobre 2026 19 h 00 min(GMT-11:00) LieuLes Rencontres d'Arles32, rue du Docteur Fanton 13200 ArlesOther Events Get Directions Address - Les Rencontres d'Arles 2026 [] Destination Address - Les Rencontres d'Arles 2026 [] CalendrierGoogleCal Marque-page0
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