Mai, 2026

Alain Willaume

ven22mai(mai 22)14 h 00 minsam05sep(sep 5)18 h 30 minAlain WillaumeNul soleil mais le feuSTIMULTANIA Pôle de photographie, 33 rue Kageneck, 67000 Strasbourg

Détail de l'événement

Membre du collectif Tendance Floue, Alain Willaume développe, aux marges des courants dominants du documentaire, une œuvre faite d’images énigmatiques qui font récit de la tension et de la vulnérabilité du monde et des humains qui l’habitent.

Durant sa résidence à la Villa Kujoyama à Kyoto, il a confronté aux lumières de l’hiver japonais les incertaines notions de wabi et de sabi. NUL SOLEIL. MAIS LE FEU, la série photographique née de ce séjour, dessine le territoire d’un XXIe siècle vacillant et parcourt les méandres fiévreux d’un Japon “sans soleil”. Ce travail sur la béance et la beauté, ponctué de silhouettes énigmatiques, est nourri du tremblement des certitudes, dans les ondes d’une mystérieuse puissance tellurique.

Un intriguant boro d’enfant, acquis sur un marché aux puces de Kyoto, accompagnera les expositions.

NUL SOLEIL. MAIS LE FEU est le fruit du travail qu’Alain Willaume a entrepris durant l’hiver 2024 au cours de sa résidence à la Villa Kujoyama à Kyoto.

Construit autour d’une énigmatique et poignante veste d’enfant, NUL SOLEIL. MAIS LE FEU est composé de paysages marqués de failles et de secousses, ponctué de silhouettes énigmatiques – oracles ? vigies ? rescapés ?

Ce Winterreise cerne, dans les méandres d’un Japon crépusculaire, le territoire d’un XXIe siècle vacillant. Aux marges d’un territoire mental mais indubitablement réel, c’est dans les plis des basses lumières d’hiver que guette le vacillement des certitudes. Ce travail sur la béance se nourrit des ondes brouillées d’une puissance tellurique porteuse de désastres et de mythes millénaires.

Fruit d’une collecte d’indices, de mirages et de faits, le portrait-robot d’un pays-gouffre surgit de l’ombre, de la beauté et du matériau informe de la réalité. Cette suite d’images, montée telle un film imaginaire, s’éveille à l’existence de notions indicibles, lointaines et pourtant familières telles ce petit boro dont la puissance trouble et l’extrême fragilité évoquent dans un même élan le froid, la catastrophe et le dénuement les plus extrêmes mais également l’amour porté par des générations de mères repriseuses qui ont ainsi su préserver un peu de réconfort pour leur enfant.

Parti à la poursuite d’une chimère insaisissable (la représentation photographique des concepts de wabi et de sabi) Alain Willaume dresse à l’arrivée le portrait mélancolique d’un pays âpre et en proie aux secousses telluriques et aux incessants vacillements des certitudes.

Entre énigmes, fulgurances ou sentiment de catastrophe, les images de NUL SOLEIL. MAIS LE FEU esquissent un atlas d’incertitudes qui ouvre une béance en écho à l’immatérialité wabi-sabi. Les récents tremblements de la terre qui ont lieu au Japon durant le séjour du photographe semblent avoir affecté la « peau » même de ces images et ravivé le sentiment de vulnérabilité que les aveuglements de l’Anthropocène tentent encore de masquer… L’ombre inquiète du monde à venir demeure et la perspective wabi-sabi nous engage à nous confronter au paradoxe de la beauté de l’imperfection. L’œuvre du photographe est sciemment habitée d’ambiguïtés sémantiques, de glissements de forme et de sens et d’imperfections formelles. Cette conscience de la distance avec la réalité et son attrait pour l’ombre pourraient peut-être résumer à la fois son approche artistique et expliquer son attirance vers cette « zone floue » propice au questionnement, qui n’entrave pas la connaissance mais au contraire l’élargit.

1 le terme boro (litt. guenille en japonais) désigne originellement une pièce de tissu ou un vêtement très usé et rapiécé, parfois sur plusieurs générations, par les paysans pauvres de la préfecture d’Aomori. Cette “tradition”, autrefois symbole d’extrême misère, a été redécouverte dans les années 60 par l’ethnologue Chuzaburo Tanaka qui entreprit de les collectionner.

2 wabi-sabi sont des termes japonais désignant un concept esthétique, ou une disposition spirituelle, dérivé de principes bouddhistes zen, ainsi que du taoïsme. Ils revêtent deux significations que l’on pourrait simplifier ainsi : wabi (l’altération par le temps, la décrépitude des êtres et des choses, la patine des objets, le goût pour les choses usées, etc.) et sabi (solitude, simplicité, mélancolie, nature, tristesse, dissymétrie…). Wabi fait référence à la sensation face aux choses dans lesquelles on peut déceler le travail du temps ou des hommes et sabi à la modestie que l’on peut éprouver face aux phénomènes naturels.

Dates

22 Mai 2026 14 h 00 min - 5 Septembre 2026 18 h 30 min(GMT-11:00)

STIMULTANIA Pôle de photographie

33 rue Kageneck, 67000 StrasbourgOuvert du mercredi au dimanche de 14h à 18h30

STIMULTANIA Pôle de photographie

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