Mai, 2026

Grain & Graines de regards

jeu14maidim01novGrain & Graines de regardsZone i - Edition 2026ZONE I, Moulin de la Fontaine, 41100 Thoré-la-Rochette

Détail de l'événement

Photo : Beno Lelong

Au programme en 2026

Exposition Grain & Graines de Regards
Dans le Grand Moulin et en extérieur

Ce qui nourrit. Ce qui raconte. Ce qui donne vie.

Il y a bientôt 10 ans, Zone i, qui n’était qu’un projet, a trouvé refuge dans un moulin. La demeure du grain à moudre. Une drôle de rencontre avec un lieu qui fait sens aujourd’hui. Il existe toujours un endroit pour faire ce qu’il est nécessaire de faire. Nous cherchions une maison pour accueillir tout ce qui touche à la photographie et ce qui la compose, son grain.

Hier, le Moulin de la Fontaine produisait les ingrédients nécessaires à la survie de la Vallée du Loir, il produisait de la farine pour le pain. Il était au carrefour des rencontres. C’était un lieu incontournable.

Aujourd’hui, le moulin transformé en laboratoire culturel accueille des artistes et des photographes, fabricants d’images, conteurs d’histoires, manipulateurs de grain argentique.

Quand le meunier exploite la force naturelle de l’eau, le photographe capte la lumière et saisit le temps qui passe. Tous deux produisent du grain. Ils malaxent la matière du vivant. Ils ont en commun d’être nécessaire à la vie de la vallée. Et le moulin redevient le lieu des rencontres.

Exposition Grain – Christian Louis
Un hommage, deux expositions
En collaboration avec la Maison Ligérienne de l’Image / Valimage
Dans le Grand Moulin

Christian Louis est un photographe de l’âme, un photographe voyageur qui fixe le temps avec son cœur. On le sent marcheur, félin, il traque la présence humaine dans un environnement déglingué à la fin d’un siècle chargé. Le déplacement est vécu comme une nécessité. Et pourtant Christian Louis n’a jamais été très loin. Il photographie en bas de chez lui, cartographie la banlieue parisienne et quelques pays européens sans grande conviction documentaire… Il observe un monde en mutation à la veille du nouveau millénaire.

En photographie, tout n’est qu’histoire de rencontre. On a entendu dire qu’il était ami de Willy Ronis, Robert Doisneau, mais sa photographie est plus introspective et anxieuse que celle des humanistes, plus personnelle sans aucun doute. Il suivra cependant le chemin de ces grands photographes qui ont marqué l’histoire du siècle dernier avec une pratique de la prise de vue argentique noir et blanc suivie d’une pratique indispensable du tirage, une interprétation de ses images dans la chambre noire.

Christian Louis est parti trop tôt, en 2001, à l’âge de 53 ans. Malgré les 16 livres qu’il a publiés au cours de sa carrière, le public l’oublie. C’est grâce à la curiosité et à la ténacité de Sally Reilly et Roger Coleman que ce travail sort de l’ombre. C’est encore une histoire de rencontre. En 2008, Sally et Roger s’installent à Bué en région Centre-Val de Loire. Ils sont voisins de Martine, veuve de Christian. Ils découvrent cet artiste incontournable dans les centaines de tirages noir et blanc qu’il a laissés. Ils s’éprennent du photographe, absent. Ils font publier un coffret aux Éditions Café Royal Books, travaillent à la pérennisation de son fonds d’images, contactent le Musée Nicéphore Niépce où se trouvent aujourd’hui ses archives.

Christian Louis peut de nouveau nous conter son monde intérieur.

Exposition Graines de Regards
Seba Lallemand, Beno Lelong, Thomas Ozoux, Anne Piégu et Eric Zeziola
Dans le Grand Moulin et en extérieur

• Jean-Pierre, Béquilles et Beautiful people / Séba Lallemand

Au début des années 2000, Séba Lallemand vit à Paris. Il travaille pour l’agence de graphistes de Xavier Barral. Il sillonne les rues à la recherche d’une image pour la création d’une affiche. Le hasard le mène jusqu’à Jean-Pierre, clochard céleste, pilier des quartiers huppés. Ils échangent autour de la photographie. Séba le reverra régulièrement et lui confiera un appareil photo. Pendant plusieurs années, Jean-Pierre photographie le manège de la rue face au Fouquet’s sur les Champs-Élysées, depuis les bancs, depuis son point de vue de sans domicile fixe. Séba lui fournit des films vierges et les développe. Une complicité s’installe. Mais Séba part vivre à Hong Kong. Jean-Pierre le contacte et lui confie qu’il continue de photographier en finançant lui-même son projet qui ressemble maintenant à un véritable témoignage sur une vie de quartier, les riches, les pauvres, les paillettes et le pavé, la jet-set, la rue.
À son retour en France en 2008, Séba part à la recherche de Jean-Pierre. Il apprend qu’il est décédé.
C’est un témoignage hors norme et poignant. Jean-Pierre observait sans jugement. Il questionnait l’existence, ce qui relie ces deux mondes apparemment opposés, mais peut-être pas tant que ça…

Jean-Sébastien Lallemand, alias Séba Lallemand, né en 1973, grandit au Gabon et en Côte d’Ivoire.
Après des études à l’ESAD d’Orléans, il rejoint la Fabrica, le laboratoire de communication fondé par Luciano Benetton et dirigé par Oliviero Toscani. En 2000, à Paris, il travaille pendant une petite année aux côtés de l’agence de communication Atalante / Éditions Xavier Barral. L’année suivante, il réalise avec Bandits Production le premier clip de Gotan Project, Santa Maria.
En 2003, il part pour un voyage de six ans en Chine. À Hong Kong, il évolue dans le milieu de la danse et du cinéma comme photographe et vidéaste. À Pékin, il est directeur de la photographie avec Wang Bing sur Brutality Factory, puis avec l’artiste Ai Weiwei sur les projets Template et Fairy Tale, présentés à la Documenta XII de Kassel. En 2009, il décide de retourner à Trôo, où vit sa famille. De là, il dessine, il bulle, il peint, il photographie, il filme.

• Notes sur une ville qui n’existe plus / Beno Lelong

C’est un récit de quelques années communes à sillonner la ville de Nantes. On habitait des maisons vides, des camions, des hangars ou des caravanes. On se jetait dans nos vies comme elles venaient, au milieu de la cohue et du bordel avec des passions aveugles et sans argent.
Il y a ces images de ruelles, de murs, de quais, de chiens, de visages… ce trajet, cette cartographie intérieure.
Elles ressemblent à un album de famille dans lequel on perçoit les traces persistantes de ces rêveries communes, de ces possibles en latence. Il y a, plus profond encore, un état des choses qui n’accroche pas tout de suite le regard et résiste à l’inventaire du réel.
Ce mouvement de vie qui s’est imprimé dans mon expérience, je l’entends résonner encore aujourd’hui comme un chemin de l’émerveillement, de la découverte, de l’œil qui se pose.
Une suite de premières fois qui durent, avec l’étonnement de s’y reconnaître, de reconnaître le monde qui nous entoure. Le fil continu de la curiosité qui se renouvelle.
Beno Lelong

Né à Sallanche le 2 décembre 1982, Beno Lelong apprend le dessin en école d’arts appliqués, se passionne pour la musique et enrichit son regard à travers le cinéma documentaire et d’art et essai. Il devient projectionniste 35mm dans un cinéma de quartier et assistant technique sur des tournages au Niger et au Burkina Faso.
En 2005, il fait un court passage aux Beaux-Arts de Nantes où il vit dans un bus sur les quais de Loire. S’ensuivent sept années de vie en collectif dans les friches industrielles.
En 2011, il occupe un bâtiment près des quais de la Loire et imagine avec
quelques amis un lieu de création multidisciplinaire : Habiter. Travailler.
Exposer. Ces années intenses aux ateliers Morphos initient un mouvement dans son travail. Mixer les matières mots, matières images et matières sons devient son axe de recherche.
En 2016, il conçoit l’Apside : lieu de résidence, d’immersion et de diffusion autour de la création musicale et cinématographique à Saint-Agil dans le Loir-et-Cher.

• Photocotypes / Thomas Ozoux

J’ai beaucoup rêvé des photographes portraitistes d’antan, ceux du début du siècle dernier et de celui d’avant aussi. J’ai étudié les plus célèbres, comme Julia Margaret Cameron.
Mais aussi les anonymes photographes de quartier, chez qui l’on allait se faire « tirer » le portrait vêtu de ses vêtements du dimanche. Tous ces regards droit dans l’objectif et qui traversent le temps pour arriver jusqu’à nous, ces poses un peu guindées. C’est en hommage à ces photographes populaires, à ces artisans de quartier que j’ai conçu le Photocotype. C’est un appareil grand format, instantané et numérique pensé pour le portrait photographique. Je l’ai conçu avec des matériaux de récupération (armoires, imprimante…) pour les Rencontres Image et Environnement à Zone i en septembre 2025.
Les portraits exposés ici sont ceux des visiteurs qui se sont prêtés à l’expérience : un studio improvisé au centre du Labyrinthe, une rencontre de quelques minutes, un appareil insolite, ni ancien ni high-tech, une prise de vue de plusieurs secondes, pour un portrait hors du temps.
Thomas Ozoux

Je suis né en 1977 sur les bords de Loire.
J’ai commencé à pratiquer la photographie à l’age de 16 ans, quand j’ai enfin réussi à mettre la main sur une malle que mon père gardait au grenier, une malle contenant un boîtier reflex, un agrandisseur, quelques papiers et chimies périmées ainsi que l’encyclopédie Time & Life de la photographie.
J’ai très tôt aimé torturer mes pellicules, casser puis reconstruire mes objectifs, fabriquer mes boîtiers, plus tard j’ai continué en défiltrant mes capteurs, en les poussant aux limites de leur sensibilité, pour tordre le réel, lui faire cracher sa poésie.
Mes deux autres passions pour la musique et la littérature m’ont mené naturellement jusqu’aux salles obscures et à la cinématographie.
Image, narration et son.
Je suis devenu directeur de la photographie, aiguisant ma créativité en alternant tournages de pub, documentaires, films d’art et cinéma d’auteur.
Très à l’affût des nouvelles possibilités technologiques qui s’offrent au travail narratif, j’ai été amené à maîtriser la Vr360, les images 3D, l’animation full 3d, la prise de vue infrarouge, le sténopé numérique. Et je reviens toujours à la photographie.

• Récit d’architecture ordinaire / Anne Piégu

Quand j’étais enfant, mon monde était fait de nature. Celle qui m’environnait, faite de paysages bucoliques. Des terres sur lesquelles je marchais la plupart du temps pieds-nus. Des terres qui me “remplissaient” par leur simple beauté et par leur qualité nourricière.
Puis je suis partie. Pendant près de 15 ans, j’ai voyagé, j’ai habité ailleurs et je suis revenue.
Lors de mes déplacements quotidiens, je sillonne cet espace qui m’était si familier, celui où je suis née et que je redécouvre transformé.
Sur la route, je vois beaucoup de magnifiques corps de fermes en pierre de taille tomber en ruines, ou se désagréger sous les coups des bulldozers. Les pavillons montent en graines, les plates-formes logistiques se répandent, les jardins sont devenus des parcs de jeux au mobilier en plastique, les habitations s’emmurent de parpaings, le bruit de l’autoroute recouvre tout.
Cette série raconte une exploration sensible et inquiète d’un territoire maltraité, standardisé, défiguré. Un road trip sur les traces d’une ruralité en pleine métamorphose.
Anne Piégu

Anne Piégu, auteure photographe, cherche à témoigner de l’inscription de l’humain dans son environnement. Autodidacte, elle a toujours évolué entre son lieu de naissance en milieu rural et des trajectoires géographiques lointaines. Passionnée par le genre humain, elle se positionne dans un travail de proximité mettant en valeur les petites et les grandes histoires du quotidien.
Sa photographie se veut réaliste, à la limite du documentaire, inscrite dans un présent et surtout témoin d’une époque, des mœurs et de la diversité des hommes et des femmes qui la constituent.
Sa sensibilité au mouvement offre une dimension plus poétique du quotidien, une oscillation qui appelle à se reconnecter au vivant.

• Face à face / Eric Zeziola

Il y a quinze ans, j’ai commencé à poser des caméras en forêt afin d’y filmer les animaux qui y habitent.
Par amusement et curiosité, pour changer des natures mortes en studio, sortir de la ville…
À la surprise de les voir vivre s’ajoutait la découverte de territoires dont j’ignorais les richesses.
Lors de ce face à face avec l’animal quelque chose se retisse, un lien direct et instinctif nous rappelant que nous faisons partie de la même trame du vivant.
Dans cet univers onirique, le spectateur n’est plus simple visiteur, mais plutôt l’hôte d’un monde caché, mystérieux et fragile, dont l’existence ou la disparition dépend de nous tous.
Entre rêve et réalité… et nécessité, il serait merveilleux de créer de nouvelles alliances.
Eric Zeziola

Né en région parisienne, vivant aujourd’hui à Vendôme, Eric Zeziola arpente villes et forêts d’ici et d’ailleurs pour capter l’esprit des lieux.
Lors d’une commande pour l’univers du luxe ou au détour du quotidien, il traque le ruban magique qui fait l’unité du monde, les signes de sa cohérence.
À New York ou au fin fond des bois, il prouve avec malice que les lois de la nature et de l’apesanteur tiennent encore le haut du pavé.
Depuis 2002, il pratique la nature morte en studio, ainsi que le reportage et le portrait pour des magazines. Il travaille pour le compte des grandes marques françaises et internationales.

Dates

14 Mai 2026 10 h 00 min - 1 Novembre 2026 18 h 00 min(GMT+00:00)

ZONE I

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