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VU’ : Garder les yeux ouverts, chronique d’un confinement

Temps de lecture : 2 minutes et 9 secondes

L’agence VU’ vient de lancer un site dédié au projet collectif de ses photographes. Depuis le début du confinement, ils ont été nombreux à documenter le confinement sur les réseaux sociaux. Ces regards singuliers nourrissent ce projet collectif de leur écriture originale. Bruno Boudjelal, Magali Lambert et Cyril Zannettacci prennent la parole pour confier leur investissement dans ce projet.

Fidèle à sa vocation de dresser un panorama pluriel et vivant de la photographie contemporaine, VU’ lui dédie un site. Vous allez y découvrir ou redécouvrir les premiers travaux et suivre l’évolution des nouveaux projets par date et/ou par photographe.

Bruno Boudjelal

Le danger du confinement est bien sûr le repli sur soi et la défiance envers l’autre !
Quand j’ai décidé de participer à ce projet collectif réalisé par les photographes de l’agence VU, il m’a semblé évident que mon travail serait tourné vers les autres, mes proches bien sûr, mes ami(e)s mais aussi tous ceux que je pourrais rencontrer dans mes promenades quotidiennes.
Voilà plus de trente jours que chaque matin j’envoie une ou plusieurs images avec ou sans textes. L’inspiration est très peu souvent au rendez-vous et les seules choses qui me nourrissent, principalement, sont les gens que je rencontre et qui me parlent ou bien des souvenirs du passé.
Il faut être attentif à l’autre car pour moi nous ne sortirons de cette épreuve et d’autres à venir que si nous sommes capables de nous unir et de réagir collectivement.

Magali Lambert

L’ensemble de mon travail porte un regard sur les choses a priori inintéressantes, ignorées ou oubliées. Les objets trouvés y détiennent une place importante. Ceux que j’ai ramassés dans la rue, ou dans une poubelle. Ceux des autres.
J’ai initié la série À domicile dès le premier jour de confinement lié au Covid 19.
Je fais partie de ces personnes privilégiées qui, grâce au labeur d’autres tenu.e.s de se confronter chaque jour au virus, peuvent rester enfermées chez elles, à l’abri, avec tout le confort moderne. Et leur outil de travail à portée de main.
Dès l’annonce du confinement, je me suis appliquée à considérer ce qui m’entourait non plus comme de seuls objets usuels ou décoratifs, mais comme autant de symboles porteurs d’ailleurs. Ces petites choses quotidiennes, les miennes, sont devenues de possibles voies d’évasion. Actrices de la vie matérielle, elles peuplent mes rêveries à domicile.

L’agence VU’ a proposé à ses photographes de participer à un projet collectif. Nous sommes invités à livrer nos visions de cette expérience. Je leur envoie chaque jour une nouvelle image puis je la poste sur les réseaux sociaux.
Après chaque post, je reçois toujours un ou plusieurs message.s qui m’encourage.nt à poursuivre la série. Des mots qui disent que mes images parlent. Ces témoignages me font aujourd’hui considérer ce rituel matinal comme un rendez-vous auquel je tiens précieusement, pris tacitement avec celles et ceux qui m’ont écrit.

Cyril Zannettacci

Que se passe-t-il lorsque notre horizon se réduit ?
Lorsque, dans un monde où nous avons été habitué à avoir l’ailleurs à portée de main, le coin de la rue devient la nouvelle frontière ?
J’ai contraint mon regard à un confinement dans le confinement au travers d’un objectif 120mm qui réduit son champs de vision.
Les silhouettes des quelques passants qui se pressent sur le trottoir d’en face répondent aux ombres qui viennent frapper les murs de mon appartement, ma famille et les objets du quotidien deviennent la matière d’un jeu d’illusion, une fiction.

>>> Accéder au site du projet : https://lookingaround.agencevu.com