Juin, 2026

Présences sauvages

mar30jui(jui 30)10 h 00 minsam25jul(jul 25)18 h 00 minPrésences sauvagesAlexandre Gries & Sarah DesteuqueLa Maison des Photographes - UPP, 11, rue de Belzunce 75010 Paris

Détail de l'événement

Photo : © Alexandre Gries

Veiller le vivant.

Cette exposition réunit deux séries qui ne se ressemblent pas et qui pourtant se répondent, par une même attention au vivant.

Avec L’Hôpital de la Faune Sauvage, Sarah Desteuque documente en noir et blanc le travail de Goupil Connexion : des animaux sauvages recueillis, soignés, parfois relâchés, parfois impossibles à sauver.

Alexandre Gries, lui, rassemble dans Lignes de partage des images sous-marines de plusieurs décennies – couleurs, lumières et formes du vivant, saisies dans des mondes fragiles et menacés.

D’un côté, la faune sauvage blessée, rendue visible au moment où elle dépend d’une mobilisation humaine pour survivre.

De l’autre, la faune sauvage encore libre, rencontrée dans son milieu à une période où sa survie dépend aussi de notre capacité à ne pas l’altérer.

Dans les deux cas, la photographie ne prélève pas seulement une image : elle donne à voir une relation – la profondeur des liens qui la rendent possible.

Chaque image est une frontière qui relie autant qu’elle sépare : entre l’humain et le reste du vivant, entre le soin et le sauvage, entre ce que nous voyons et ce dont nous dépendons.

À l’hôpital, ces liens unissent les animaux recueillis, les soignants, les bénévoles et le lieu qui les accueille.

Sous l’eau, ils relient chaque animal à son milieu – récif, gorgone, anémone, pleine eau, épave ou cénote – mais engagent aussi le regard humain dans un monde où il n’est que de passage.

L’équilibre du vivant repose sur des conditions fragiles. De la blessure au soin, puis du soin à la rencontre intacte, encore possible ; de la main qui répare au regard qui partage.

« La beauté du monde qui nous est donnée en partage », dit Marie-Pierre Puech, vétérinaire, fondatrice et présidente de Goupil Connexion.

Ce qui nous est donné en partage ne nous appartient pas. Il nous oblige.

Sarah Desteuque
L’hôpital de la faune sauvage

L’association «Goupil connexion» a été créée en 1995 par un groupe de personnes passionnées par la faune sauvage, dont Marie-Pierre Puech, vétérinaire fondatrice et fervente militante de la biodiversité. En 2008, face à l’urgence écologique, l’hôpital de la Faune Sauvage s’installe à Laroque dans l’Hérault. Les animaux sauvages sont en situation de vulnérabilité face aux activités anthropiques (chasse, étalement urbain, transport routier, lignes électriques, etc.). Vétérinaires, services civiques et bénévoles agissent sur différents fronts, de l’urgence médicale à des actions de sensibilisation.

Chaque année, en moyenne 3000 animaux sauvages franchissent la porte de cet hôpital. Là où la société humaine a bâti une frontière avec la vie sauvage, Goupil Connexion tisse des liens entre les deux mondes. Ils se veulent « porte-paroles » des animaux, en mettant de l’énergie pour soigner, sauver et rendre la liberté à ces vies malmenées.

Ce travail photographique documente l’engagement humain vis-à-vis de l’animal non-humain. Il tend à rendre visible la mobilisation humaine qui sauvegarde des espèces sauvages et qui informe des nuisances de l’homme sur son milieu naturel.

Alexandre Gries
Lignes de partage

« Mes images naissent du monde, avant de passer par le regard. »

Photographier sous l’eau, c’est apprendre la patience.

Approcher sans imposer.

Rester longtemps sans bouger. Veiller un récif comme on veille une présence fragile.

Attendre que le sable retombe, que l’eau retrouve sa transparence, que la lumière tombe juste.

Ce n’est pas une chasse, c’est une veille.

Les photographies de cette série ont été prises au fil de plusieurs décennies dans des mondes aquatiques fragiles et menacés — mer Rouge, Maldives, Philippines, Indonésie, Caraïbes, cénotes du Yucatán, océan Indien, Méditerranée.

L’océan couvre soixante et onze pour cent de la surface du globe. Il abrite une part immense du vivant, dont la plus grande partie nous reste invisible. Il s’acidifie, se réchauffe, se vide.

Nous le savons sans le voir.

Chaque image est une ligne de partage : entre deux eaux, dans l’halocline ou la couche de sulfure d’hydrogène du cénote ; entre le poisson-clown et l’anémone qui l’abrite ; entre l’hippocampe pygmée et la gorgone unique qui est sa maison ; entre le plongeur minuscule et la voûte calcaire d’un sanctuaire submergé ; entre la machine de guerre et le vivant qui la recouvre, quatre-vingts ans plus tard, au fond du golfe de Calvi.

La même ligne passe entre la murène et l’obscurité qui l’abrite, entre le poisson-pierre et le monde minéral avec lequel il se confond, entre le requin-renard et la pleine eau, entre les formes minuscules et les architectures immenses qui les rendent possibles. Ces frontières ne séparent pas seulement : elles relient, protègent, exposent.

Ce sont des lignes que je n’ai pas tracées, mais qui m’ont été montrées.

Des rencontres accordées par le vivant à celui qui sait et peut s’arrêter.

« Photographier ce qui est encore là, c’est déjà le défendre. »

Dates

30 Juin 2026 10 h 00 min - 25 Juillet 2026 18 h 00 min(GMT-11:00)

Lieu

La Maison des Photographes - UPP

11, rue de Belzunce 75010 Paris

Other Events

La Maison des Photographes - UPP

11, rue de Belzunce 75010 ParisOuvert du lundi au vendredi de 10h à 13h et de 14h à 18h

La Maison des Photographes - UPP

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