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Cette semaine, dans notre rubrique consacrée aux photographes, nous partageons avec vous la série d’Anna Bambou, un duo d’artistes. Un journal de confinement tenu quotidiennement depuis la mise en quarantaine face au coronavirus, des photographies d’une part et des textes racontant un quotidien commun.

Lorsque le confinement du pays a été annoncé , il nous est apparu évident que nous ne pouvions pas ne rien faire. Nous vivons sur une île au cœur d’une ville construite sur l’eau, Martigues. A travers ce journal photographique, nous parlons de cette ville atypique, et des conséquences extérieures dues au confinement… à quoi ressemblent les rues de notre ville? Qui sont les personnes qui sont désormais notre seul lien social extérieur ?
Lors de nos sorties autorisées, nous photographions cette ville devenue fantôme, nous écoutons ce qui nous entoure, et essayons de capter quasiment au quotidien l’ambiance des jours que nous vivons.

Extraits du journal :

18 mars 2020
À la caisse de Carrefour Contact, les caissières ont tissé une toile de protection avec du film plastique. La scène a-t-elle déjà été représentée dans un film d’anticipation ?
Dans les rayons il manque surtout les pains au chocolat, brioches et autres douceurs du petit déjeuner, mais le reste du magasin est loin d’être vide face aux infos et intox qu’on peut voir à longueur de journée sur les réseaux sociaux.
Quand on ne trouvera plus de pâtes, on pourra essayer les lentilles, le quinoa, le boulgour, on devrait s’en sortir, l’ennemi ce n’est pas la faim.

23 mars 2020
Aujourd’hui il fait gris il y a du vent il fait froid, la ville sent la morosité et les bus sont désormais toute la semaine aux horaires du dimanche. L’ambiance est plus pesante que les autres jours, on dirait que le soleil s’est lui aussi confiné pour quelques temps. Même les fontaines sont à l’arrêt.
Dans les villes alentour les mairies commencent à décréter des couvre-feu et moi je prie pour que ça ne mette pas le feu aux poudres , la région souvent trop à droite a déjà connu des heures sombres.

30 mars 2020
Dans la file d’attente d’un commerce, un client masqué et ganté dit « On va tous sortir en dépression à la fin de tout ça ! », je confirme. Un numéro d’urgence psychologique a été mis en place, les premiers cas arrivent dans les hôpitaux ou chez les psy (-chiatre -chologue , etc), le Xanax fait un boom presque aussi grand que celui du paracétamol…

Parce qu’au début, on mange, on fait des skypéros, des barbecues, on déconne pas mal.. Et puis au bout d’une semaine, le gouvernement repousse de 15 jours, et puis là, ça fait 15 jours qu’on est confinés chez nous… Certains ont déjà fini le rangement de la maison et s’attaquent à la tonte de la pelouse aux ciseaux à moustache, d’autres auront pris du temps et n’auront pas encore attaqué le ménage, certains ont déjà terminé toutes les recettes de cuisine de tous les livres de la maison, je vous laisse compléter…

Anna Bambou naît en 2010 de la rencontre entre : Sabrina, photographe et réalisatrice, elle étudie la photographie argentique à l’Atelier Dominique Sudre (Lyon) et Marianne, réalisatrice, conceptrice de projet et à la gestion de la lumière, elle passe par l’école ICCOM (Paris) pour y étudier le management en milieu culturel.
Selon son habitude, Anna Bambou traite du vide, de l’absence, de la disparition. Elle raconte son histoire à travers ses deux conceptrices, l’histoire d’une femme disparue, en fuite perpétuelle d’une vie imposée, elle raconte avant tout l’histoire d’une femme libre.

www.annabambou.com

SUR LE MÊME THÈME :
Confine qui peut, une série en cours de Charles Delcourt


Vous êtes photographes et vous souhaitez donner de la visibilité et de la résonance à votre travail ? Notre rubrique Portfolio vous est consacrée !

Comment participer ?
Pour soumettre votre travail à la rédaction, il vous suffit d’envoyer à info@9lives-magazine.com

• Une série composée de 10 à 20 images. Vos fichiers doivent être en 72DPI au format JPG avec une taille en pixels entre 900 et 1200 pixels dans la plus grande partie de l’image ;
• Des légendes (si il y a) ;
• Un texte de présentation de votre série (pas de format maximum ou minimum) ;
• Une courte biographie avec les coordonnées que vous souhaitez rendre public (site web, email, réseaux sociaux…)

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