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Blind ? Meero ? La confusion ophtalmologique ?

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La polémique sur Meero n’a pas fini d’enfler. Faussoyeur des photographes, Ubérisation de la photographie, Irrespect du droit d’auteur… alors que toute une profession s’inquiète, le coup de grâce a été porté par Bercy, à l’annonce d’un soutien personnalisé de l’Etat auprès de la jeune Licorne. Aujourd’hui la société continue de faire parler d’elle et il semblerait que Meero brouille les pistes avec son magazine « Blind »…

Dans n’importe quelle stratégie de communication, s’associer à de grands noms est gage de qualité, ce qui n’a visiblement pas échappé à la jeune start-up française. En plus de développer leur plateforme de mise en relation entre photographes et clients à prix cassés, Meero avait annoncé l’ouverture d’une fondation et d’un magazine. Du nom de « Blind » – pour continuer la blague – dirons certains. Bien entendu, on suit facilement le fil conducteur qui mène à Meero, mais la société s’explique en évoquant l’aveuglement associé à la surabondance des images… Relier l’éditorial au marketing est monnaie courante, surtout dans la mesure où la presse est chaque jour un peu plus sous perfusion. Mais l’association des deux peut s’avérer gênante lorsqu’elle est cousue de fil blanc. Et c’est précisément ce qui anime en ce moment la profession sur les réseaux sociaux. Cela a démarré la semaine dernière, nous avons reçu un grand nombres de messages avec cette copie d’écran. On y voit une publication sponsorisée par Meero pour faire la promotion d’une interview de Raymond Depardon.

Les réactions ne se font pas attendre, une grande partie de la profession « ne comprend pas » pourquoi Raymond Depardon, l’un des maîtres du documentaire et membre de la prestigieuse agence Magnum s’associe avec la start-up… A force de partages, l’information arrive justement aux yeux et aux oreilles de l’agence Magnum qui précise dans un commentaire « Depardon n’a jamais donné son accord pour cette interview. C’est irresponsable et inadmissible. Magnum a demandé le retrait de la vidéo« . Une fois tombée sur la dite interview vidéo – réalisée dans le cadre de son exposition « Musée national de la Marine » qui a lieu à Toulon jusqu’au 30 janvier prochain – il n’est pas difficile de comprendre d’où vient la confusion. Puisque cette dernière a été réalisée par le magazine Blind. Nulle raison, qu’à ce stade Raymond Depardon refuse l’interview. Bien que sur leur site, une mention discrète affiche « Le site Blind Magazine est édité par Meero« , il n’est pas rare que l’information n’ait pas été correctement diffusée. Mais force est de constater que ce lien flou (et oui encore un jeu de mot sur la vision) est entretenu par Meero.
Nous avons donc tenu à interroger Meero directement au sujet de cette confusion, mais la personne en charge des relations publiques nous renvoie vers la rédaction « S’il y a une réaction, ce sera de la part de Blind, dont la rédaction est complètement indépendante de Meero ».
Etrange puisque le problème réside justement sur l’appropriation de Meero sur le contenu de Blind. Alors, nous nous attelons à contacter la rédaction sauf que…

(Vous aussi vous aurez remarqué le gros logo Meero sur le site de Blind, « rédaction complètement indépendante »). Bon, vous vous doutez bien que ce n’est pas ça qui nous arrête, nous avons donc trouvé l’e-mail de Jean-Baptiste Gauvin, membre de la rédaction et qui a co-signé cette interview, et dont nous attendons le retour avec impatience…

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