L'Invité·e

Carte blanche à Géraldine Lay : Actes Sud face à la crise sanitaire

Temps de lecture estimé : 3mins

Pour sa troisième carte blanche, notre invitée, Géraldine Lay – éditrice pour la Photographie et l’Art contemporain chez Actes Sud – partage avec nous comment la maison d’édition arlésienne a fait face à la crise sanitaire de la covid-19 avec l’annulation du festival des Rencontres d’Arles… L’occasion également de nous dévoiler les prochaines parutions.

Nous travaillons tous depuis deux ans sur les livres liés au programme des Rencontres d’Arles. L’annulation l’été dernier du festival nous a obligés à reporter certains projets quand nous en avons publiés certains à l’automne 2020. Nous avons décidé cet automne de sortir le livre de Stephan Gladieu sur la Corée du Nord qui a eu un très bel écho auprès des lecteurs et de la presse. Souvenez-vous, une de ces photos fut choisie pour être l’affiche du festival 2020, celle de la couverture du livre….L’exposition devrait bien avoir lieu cet été et sera un évènement important du festival. Ce travail de plusieurs années sur ce pays toujours méconnu et source de tous les fantasmes, montre des visages des Coréens du nord, une gageure dans un pays où l’individualité est écrasée.
Dans le même esprit, nous avons décidé de maintenir la sortie d’Américaines solitudes de Jean-Luc Bertini et d’anticiper là-aussi sur l’exposition qui devrait se tenir durant les Rencontres d’Arles. Jean-Luc Bertini a voyagé pendant 10 ans aux Etats-Unis, traversé de part et d’autres les états et s’interroge sur la place de l’humain pris dans cet immense décor. La BNF vient d’acquérir plusieurs tirages dans ces collections.

Cet été, verra également la sortie d’un livre d’enquête photographique, une coproduction avec Lars Muller autour du Luma Dummy Award 2019, Le Seuil de pauvreté.
Stefen Show et Huy-yi Lin, inspirés par les travaux d’Esther Duflo, ont parcouru deux cent mille kilomètres en dix ans (2010-2020), ont visité 36 pays sur cinq continents. Les textes d’Armida Salsiah Alisjahbana, John Micklewright et Andrea Brandolini, et Lucas Chancel, apportent un éclairage scientifique sur ces questions d’un point de vue économique et politique. Ces photos sont une mise en image subtile de ce seuil de pauvreté incarné par le panier alimentaire possible dans chacun des 20 pays présentés. Un indicateur économique mathématiques et sociales qui prend tout son sens avec ces photographies.

Un autre projet a attendu et bénéficié de ce temps de latence, Charlotte Perriand, Comment voulons-nous vivre ? Après la grande exposition à la Fondation Vuitton, on va retrouver Charlotte Perriand photographe et militante. Charlotte Perriand a consacré sa vie à améliorer les conditions de vie du plus grand nombre. Elle a utilisé la photographie comme outil d’observation du réel, mais aussi pour défendre sa conception d’un monde nouveau. Au cours des années Trente, elle utilise le photomontage géant pour dénoncer l’urbanisme insalubre et donner sa vision de conditions de vie meilleures. Certains de ces photomontages devraient être reconstitués à Arles cet été.

Cette année particulière, bien que ralentit par la Covid a été dense. Les rencontres seront certainement (on touche du bois) parmi les premiers à rouvrir. On a hâte !

https://www.actes-sud.fr/

La Rédaction
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