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Retour sur les lauréates du Festival Les Femmes s’exposent

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La cinquième édition du Festival Les Femmes s’exposent a été inaugurée le 8 juin dernier dans la petite cité balnéaire normande, Houlgate. À l’occasion du week-end d’ouverture, les prix de l’année 2022 ont été dévoilés. Nous devions les annoncer plus tôt, malheureusement la rédaction était fermée pour raison de Covid ! Nous avons néanmoins décidé de vous présenter – un peu tardivement – les 3 lauréates de cette nouvelle édition : Livia Saavedra, Emilie Arfeuil et Laetitia El Hakim ! Avant de retrouver les séries primées, vous pourrez visiter les expositions du festival jusqu’au 4 septembre !

Le Grand Prix Les Femmes s’exposent – Fujilm sur la résilience a été attribué à Livia Saavedra pour son reportage « Les sages-femmes du Chocó »

Mars 2022, Unguia, San Juan. Noemi s’occupe inlassablement des mères du bidonville d’Unguia, peu ou pas suivies, rarement épaulées par leur compagnon, elle leur apporte un soutien inconditionnel et gratuit. © Livia Saavedra

Dans la province Chocó, en Colombie, des sages-femmes afrodescendantes et indigènes, appelées « parteras », accompagnent bénévolement les femmes pour accoucher. Transmis oralement, leur savoir traditionnel est le fruit d’héritages des esclaves mêlées aux cultures créoles espagnoles et indigènes. Dans cette région éloignée du pouvoir central et à 85% afrodescendante, la croyance dans les esprits et la sorcellerie reste très présente, bien que mélangée au christianisme. Les parteras sont, par leur savoir immémorial des plantes et rituels, les gardiennes de leur communauté et de leur culture.
La paix est loin d’être une réalité sur ce littoral colombien stratégique d’expédition de la cocaïne et d’extraction clandestine de l’or. La zone est dangereuse et les déplacements difficiles. De plus le prix du ticket de transport étant prohibitif, l’accouchement ne se fait à l’hôpital qu’en cas de complications. Le Chocó possède le triste record du plus fort taux de mortalité natale.
Ce reportage a été réalisé en Colombie en mars 2022. À retrouver sur Mediapart.

Le Prix SAIF – Les Femmes s’exposent, sur les frontières a été remis à Émilie Arfeuil pour sa série « HYLÉ ὕλη »

© Émilie Arfeuil

En grec ancien, Hylé désigne la matière première du monde, la matière originelle dont chaque chose est faite. Dans cette série, j’ai fabriqué un monde merveilleux peuplé de chimères, où il est presque impossible de distinguer les entités vivantes des non-vivantes, organiques, minérales ou cosmiques.
La révélation photographique est comme inversée dans le processus créatif : dans l’obscurité totale, je peins et enlumine corps et végétaux pour les révéler progressivement grâce à des pigments sensibles aux rayons UV. La nouvelle matière prend progressivement forme et sort du noir.
Dans une perception utopique de l’humain dans son rapport à la nature, Hylé sublime les corps de personnes invisibilisées, dont le genre, la sexualité ou la norme esthétique échappent ici au tangible et à toute catégorisation. Comme à l’accoutumée, le mythe est ici utilisé comme un acte politique, non moins pour dévoiler, que pour transformer la réalité et rendre visible un nouvel «ordre» de la nature qui en accueillerait le «désordre», et en révéler toute sa beauté.
L’exposition sera à découvrir à la Maison des photographes – UPP, à Paris, à l’automne prochain.

Laetitia El Hakim est la lauréate de la Bourse Liban – Les Femmes s’exposent pour « Domestica (f.) »

© Laetitia El Hakim

La Bourse Liban soutient le développement du projet photographique « Domestica (f.) Mythos | Maga | Femina » de Laetitia El Hakim.
« La domestication (du latin domus, « maison ») est l’action que l’homme exerce sur les animaux ou les plantes, ne serait-ce qu’en les élevant ou en les cultivant. En se les appropriant et en les utilisant pour son plaisir ou la satisfaction de ses besoins, il les transforme. » Au Liban, les femmes sont toujours considérées comme des citoyens de seconde zone ; nous nous battons encore pour nos droits les plus élémentaires : droit de garde, droit de donner la nationalité libanaise à nos enfants, droit à l’avortement, etc. Les lois les protégeant et garantissant leur intégrité morale et physique sont souvent négligées ou ignorées au profit du statu quo actuel.
Face à l’indifférence de ma mère pour la cuisine, mon père a pris en charge la cuisine, changeant la dynamique dans notre foyer. Ce qui était pour moi normal a suscité beaucoup de questions de notre entourage face à cette inversion des rôles dans la société. Ce projet s’appuie sur les recettes de cuisine pour tenter de démonter les limites, directives et règles fixées par les instructions et les ingrédients.
Ce projet photographique sera à découvrir lors de l’édition 2023 du festival ‘Les femmes s’exposent’.

INFORMATIONS PRATIQUES

mer08jui(jui 8)10 h 00 mindim04sep(sep 4)18 h 00 min5ème édition Les Femmes s'exposent Organisateur: Les Femmes s'exposent Type d'événement:Festival,Photographie

Ericka Weidmann
Après des études d'Arts Appliqués et de photographie, elle rejoint un magazine en ligne consacré à la photo en tant que directeur artistique, poste qu'elle occupera pendant 10 ans. En 2010, elle s'installe comme DA en indépendant. En parallèle, elle devient responsable éditorial pour Le Journal de la Photographie et c'est en septembre 2013 qu'elle co-fonde le quotidien L’Oeil de la Photographie pour lequel elle est rédactrice en chef jusqu'en septembre 2016 avant de fonder 9 Lives magazine ! Ericka Weidmann est également journaliste pigiste pour d'autres médias.

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