1466 Views |  Like

Les Rencontres Photographiques des Amis du Musée Albert-Kahn annoncent le nom des Lauréat.es

Temps de lecture : 2 minutes et 37 secondes

Les Rencontres Photographiques des Amis du musée Albert-Kahn se sont déroulées en novembre dernier, où un grand nombre de photographes ont rencontré les professionnels du monde de la photographie venus de tous horizons. Ces experts, au nombre de 52, se sont réunis jeudi 12 mars pour choisir les 3 lauréat.es. Un choix particulièrement difficile compte tenu de dix dossiers de très haute qualité. Le choix s’est finalement porté sur les travaux de la française Julie Franchet, l’arménienne Yulya Grigoryants et le photographe russe Aleksey Myakishev.

Fidèle à la démarche du banquier mécène, l’association des Amis du Musée Albert-Kahn a lancé en 2017, avec le concours de la Ville de Boulogne-Billancourt, des bourses destinées aux photographes engagés dans un travail alliant photographie et sciences humaines, dans une démarche de documentation du monde fidèle à Albert Kahn et en accord avec les valeurs humanistes qu’il a défendues :
> L’ouverture sur le monde et le respect de l’autre
> Le dialogue des cultures par la découverte des territoires et des populations

Les trois lauréats recevront chacun une bourse de 6000 euros au titre d’encouragement financier pour la qualité de leurs travaux, leur investissement et leur fidélité à l’esprit d’Albert Kahn.

Les travaux des lauréats seront exposés au festival « Les Promenades Photographiques » à Vendôme à partir du 13 juin et dans les jardins du Musée départemental Albert-Kahn à partir du 29 septembre. Les 10 finalistes seront également présentés sous forme d’une projection en continu de leurs travaux à Vendôme comme dans le jardin Albert-Kahn. Une exposition publique à l’hôtel de ville de Boulogne-Billancourt est également envisagée en novembre 2020.

Carélie, 2016 – Kolodozero : Le père Arkady est allé chercher un arbre dans la forêt. En Russie, il est de tradition de décorer l’église avec des sapins pour Noël. © Aleksey Myakishev

Carélie, 2012 – Kolodozero / Zaozere : Zakhar fait tous les jours un trajet de 3 km à pied ou à vélo jusqu’à l’école du village. Ses parents ont quitté Tbilissi la capitale de la la Géorgie pour s’installer dans le petit village de Kolodozero en Carélie, dans le nord de la Russie. © Aleksey Myakishev

Aleksey MYAKISHEV – Le Nord Russe

Quand depuis la bruyante agitation de Moscou, tu te retrouves soudain dans un endroit où l’âme chante. Au fil des expériences tirées de ses différents séjours dans ces régions et la rencontre avec les gens qui les habitent, le photographe russe s’est épris de ces lieux que Yuri Koval monde a décrits dans « Le bateau le plus léger au monde ». La région de Vologda, la région de Kostroma, la région d’Arkhangelsk, la Carélie, les îles Solovki ne sont en fin de compte que des points géographiques nominaux qui fournissent des lignes directrices pour une meilleure compréhension du Nord russe.
Au début de l’année 2011, il est arrivé dans le petit village de Kolodozero en Carélie, et sa rencontre avec le prêtre de ce village Arkady a été l’inspiration de sa longue histoire avec le nord russe. Toute la tragédie et le bonheur de la vie d’Arkady lui ont convaincu que le nord peut t’entraîner et t’avaler sans laisser de traces. Après plusieurs années d’errance dans le nord-ouest de la Russie, il se rend compte qu’il a touché à un étonnant monde vierge de l’énigmatique âme russe.

Cosmic solitude © Yulia Grigoryants

Artash Petrosyan, 70 ans, le cuisinier de la station d’Aragats, est vu ici dans la cuisine, où il travaille depuis 32 ans © Yulia Grigoryants

Yulia GRIGORYANTS – Cosmic Solitude – Arménie

Une exploration photographique de la solitude et de l’isolement, dans ce qui était probablement la plus grande station de recherche sur les rayons cosmiques à l’époque soviétique. La routine quotidienne banale des trois derniers employés de la station, située à 3300 mètres d’altitude dans les montagnes d’Arménie. L’isolement et la solitude sont ce que ces deux scientifiques et leur cuisinier vivent dans un endroit qui, autrefois, employait plus de 100 scientifiques et bourdonnait de vie.

Mariage à Erevan. Dans l’église Sourp Sarkis (Saint Serge) des mariés s’apprêtent à libérer des colombes. (Yerevan, 30-06-2017- © Julie Franchet

Jeune fille descendant les escaliers pour se joindre à la noce dans le centre « Mer Toon » (notre maison) dont le désir premier est le mariage. (Etchmiadzin, 09-02-2019) © Julie Franchet

Julie FRANCHET – Esprit de Famille – Arménie

En Arménie, la préférence ancestrale du fils place les femmes au second rang. Dans le marz de Gegharkunik, région la plus pauvre d’Arménie, l’héritage est un moyen de survie. Dans cette société patriarcale, la composition de la famille détermine l’avenir. Le fils est considéré comme étant le seul à travailler pour la postérité de la maison paternelle, tandis que la fille s’engagera corps et âmes à soutenir sa future belle-famille. Cette différenciation entre les genres a des conséquences néfastes sur les femmes tant d’un point de vue psychologique que physique.
Julie Franchet s’intéresse à ce phénomène. Les femmes ont le devoir de se marier et de donner naissance à un fils, au minimum. Accablées par les pressions sociales et familiales, venant très souvent de la belle-mère, elles obéissent à des lois morales qui vont au-delà de leur volonté et parfois même de leur santé.

https://rencontresamismuseealbertkahn.fr/
http://www.juliefranchet.com/
http://yuliagrigoryants.com/
https://alekseymyakishev.photoshelter.com/