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Azimut, une marche photographique de Tendance Floue
I – Rencontre avec Léa Habourdin et Marine Lanier

Temps de lecture estimé : 5mins

Suite de notre rendez-vous autour d’Azimut, la marche photographique de Tendance Floue, dans le cadre de l’exposition au Musée Nicéphore Niépce de Chalon-sur-Saône. Après avoir rencontré les deux commissaires Anne-Céline Borey et Sylvain Besson pour nous plonger dans cette événement singulier, et après avoir interrogé Bertrand Meunier, le photographe ayant démarré ce périple, notre critique Pascal Therme, continue ses entretiens avec deux femmes photographes invitées de ce projet : Léa Habourdin et Marine Lanier.

« Aller sans but est le trait commun de l’aventure. Si le chemin est accessoire et la destination sans importance, restituer l’Azimut est la règle acceptée par tous. Un carnet Moleskine recueillant les notes est transmis de la main à la main comme un bâton de relais et constitue un fil rouge entre les photographes. » – Tendance Floue

Marine Lanier, Léa Habourdin et Yohanne Lamoulère avec Mat Jacob © Pascal Therme

L’éloge de la pesanteur

Léa Habourdin compte parmi les photographes invités par le collectif, pour prendre part à cette marche en relais, avec 31 photographes, sur plus de 4000km à travers l’hexagone. Une expérience inédite pour Léa qui a marché au cœur des Cévennes. « L’improvisation est propre à Tendance Floue, je n’avais jamais travaillé de cette façon. C’était vraiment un cadeau d’être seule 10 jours durant pour effectuer cette marche. Mais en même temps, ça a été une grande peur. Lorsque j’ai pris le relais, je me suis retrouvée sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle. Un lieu donc très touristique. J’ai pris conscience que j’étais spectatrice et que je devais prendre mon temps. » Ainsi, pour se forcer à prendre son temps, la photographe a, chaque jour, ramassé des pierres qu’elle plaçait dans son sac, l’alourdissant un peu plus au fil de la marche, pour la ralentir. Une éloge de la lenteur.

© Léa Habourdin

« C’est grisant d’avancer. On serait tenté d’aller loin, d’aller vite, on commence à compter les kilomètres, à se congratuler. Mais j’ai lesté mon sac de pierres et cet éloge de la pesanteur empêche toute velléité kilométrique, je n’irai pas loin, je n’irai pas vite. » – L. H.

© Léa Habourdin

Kilomètre 2616

© Marine Lanier

Marine Lanier, fait partie des 16 photographes invités à réaliser ce long périple. C’est au kilomètre 2616, à Montpellier, qu’elle entre prend le relais et récupère le carnet de route. Après l’appréhension et l’angoisse d’entamer cette marche en solitaire plusieurs jours durant, et la pression de réussir ce challenge en poursuivant ce relais sans accroc, la situation s’est peu à peu établie pour Marine Lanier grâce notamment à des rencontres, mais aussi grâce à la nature retrouvée dans les gorges de l’Hérault. C’était une nécessité de fuir la ville, pour retrouver l’arrière pays, et le calme et l’authenticité. Cette marche, c’est avant tout le chemin, mais aussi trois lieux qu’elle a découvert au fil de son itinéraire. Pour traduire son aventure, la photographe a utilisé, tour à tour, la couleur et le noir et blanc. Cette expérience a donné vie à un autre projet, intitulé les Contrebandiers et réalisé dans le cadre d’une commande pour le Centre National des Arts Plastiques.

© Marine Lanier

ARencontre avec Bertrand Meunier (publié le 3/11/20)
ZInterview des commissaires de l’exposition Anne-Céline Borey et Sylvain Besson (publié le 4/11/20)
IRencontre avec Rencontre avec Léa Habourdin et Marine Lanier (publié le 5/11/20)
MRencontre avec Guillaume Chauvin, Yann Merlin et Yohanne Lamoulère (publié le 6/11/20)
URencontre avec Clémentine Semeria, chargée de projet du collectif (publié le 9/11/20)
TAzimut, le livre aux éditions Textuel (publié le 11/11/20)

INFORMATIONS PRATIQUES

sam24oct(oct 24)9 h 30 min2021mer15sep(sep 15)17 h 45 minAzimut, Une marche photographique du collectif Tendance FloueMusée Nicéphore Niépce, 28 quai des messageries 71100 Chalon-sur-Saône

Ericka Weidmann
Après des études d'Arts Appliqués et de photographie, elle rejoint un magazine en ligne consacré à la photo en tant que directeur artistique, poste qu'elle occupera pendant 10 ans. En 2010, elle s'installe comme DA en indépendant. En parallèle, elle devient responsable éditorial pour Le Journal de la Photographie et c'est en septembre 2013 qu'elle co-fonde le quotidien L’Oeil de la Photographie pour lequel elle est rédactrice en chef jusqu'en septembre 2016 avant de fonder 9 Lives magazine ! Ericka Weidmann est également journaliste pigiste pour d'autres médias.