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70 ans du Laboratoire Picto : Entretien avec le photographe Adrien Boyer

Temps de lecture estimé : 3mins

En 2020, le laboratoire Picto soufflait ses 70 bougies. Un anniversaire célébré au travers de plusieurs projets événementiels et éditoriaux. Parmi eux, une série d’entretiens de personnalités du monde de la photographie : Picto & Guests. Chaque semaine, vous retrouverez sur le site de Picto, des rencontres en vidéo avec des experts qui partagent leur regard ou leur expérience de l’image et plus particulièrement du laboratoire et du tirage. Aujourd’hui, nous partageons l’entretien réalisé avec le photographe Adrien Boyer.

“Dans mes photographies, je m’intéresse à des choses sans réel intérêt. Je ne veux pas que le sujet devienne la raison d’être de la photographie. Je veux au contraire que ce soit la photographie qui donne sa raison d’être à ce qui est photographié. Je souhaite faire apparaître l’invisible. Mon travail est de retourner à une lecture purement visuelle archétypale des formes, des couleurs, des signifiants et des signifiés.”

S’il a réalisé ses toutes premières photographies alors qu’il était adolescent, c’est en 2008 que son chemin professionnel l’emmène doucement sur la voie de la photographie. Les marchés financiers sont touchés de plein fouet par la crise, Adrien Boyer, alors salarié dans une banque, est licencié. Il est alors jeune marié et a glissé dans sa liste de mariage, un appareil photo Leica. Un voyage à New York va lui permette de faire ses premières images. Ses photos séduisent et commencent à se vendre, au début à des amis, puis à des inconnus. Il apprend que la banque britannique Barclays recherche un photographe pour organiser une exposition dans ses locaux parisiens. Un an après cette première exposition itinérante dans les agences de la banque, il expose dans une galerie d’art. Le résultat est sans appel : 25 tirages sont vendus en une seule et même journée.

La photographie d’Adrien Boyer est subtile. Il cherche à révéler l’invisible, ces détails capturés lors de ses voyages. Si la photographie semble dénuée de sujet, c’est parce qu’il cherche à donner du sens à ce qui n’a pas l’air d’en avoir. C’est également pour cette raison que le travail de tirage est primordial dans son œuvre : “la réalité d’une photographie c’est le tirage”. Il a ainsi commencé des recherches pour que le tirage restitue la “vérité” de son image et a compris que le support papier pouvait être le parfait révélateur de sa photographie. C’est en découvrant un support mat légèrement texturé, qu’il réalise qu’il peut redonner vie à la matière qu’il capture. Le choix de ses papiers dépendra toujours du format du tirage, mais aussi de l’image. C’est une étape importante et une réflexion qu’il mène en étroite collaboration avec son tireur Vincent Lespinasse de Picto Saint-Martin. Plus qu’un simple tireur, Vincent est un véritable complice pour Adrien : « Ensemble on travaille chaque image pour obtenir le meilleur résultat possible. Je ne veux pas seulement que le tirage soit conforme à ce que je vois à l’écran qui est le fruit de mon développement personnel, je veux que le tirage apporte une dimension supplémentaire à l’image. Une dimension physique. »

Ericka Weidmann
Après des études d'Arts Appliqués et de photographie, elle rejoint un magazine en ligne consacré à la photo en tant que directeur artistique, poste qu'elle occupera pendant 10 ans. En 2010, elle s'installe comme DA en indépendant. En parallèle, elle devient responsable éditorial pour Le Journal de la Photographie et c'est en septembre 2013 qu'elle co-fonde le quotidien L’Oeil de la Photographie pour lequel elle est rédactrice en chef jusqu'en septembre 2016 avant de fonder 9 Lives magazine ! Ericka Weidmann est également journaliste pigiste pour d'autres médias.

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