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Partager Partager Pour sa quatrième et dernière carte blanche, notre invitée de la semaine – l’historienne, critique et commissaire d’exposition indépendante Julie Crenn – nous présente les travaux de l’artiste française Morgane Denzler. Elle expérimente les différentes manières d’aborder les territoires et nous offre un regard critique et subjective sur l’espace. Les oeuvres témoignent d’un rapport physique au territoire. Elles traitent davantage d’une lente transformation du monde paysan plutôt que d’une disparition. « Sheep don’t forget a face » Installation photographique, photographies numériques contre-collées sur aluminium, châssis aluminium, 320x70cm, 2018. Courtesy Morgane Denzler « Remembrement »Sculpture photographique, photographies numériques impression sur tissu matelassée, laine de mouton nappée, 150×220 cm, Les Arques, 2018. Courtesy Morgane Denzler Morgane Denzler mène une réflexion sur le territoire et la manière dont les humain.e.s le comprennent, le connaissent et le pratiquent. Avec une approche à la fois plastique, conceptuelle, sociologique et politique, l’artiste s’approprie les outils de contrôle de l’espace comme la cartographie et la géolocalisation. Depuis 2018, Morgane Denzler envisage le territoire d’une manière nouvelle et inédite dans sa recherche. Suite à sa lecture des écrits de Vinciane Despret (philosophe des sciences) et à différentes rencontres avec des éleveur.se.s de brebis, elle décide de se concentrer sur les moutons : leur histoire, leurs comportements, leurs usages, leurs besoins. Les oeuvres articulent ainsi un ensemble d’interactions et d’interdépendances entre l’animal, l’humain et le territoire qu’ils habitent et sur lequel ils agissent ensemble. […] Les moutons n’oublient pas un visage. Contrairement aux idées reçues, l’animal est doté d’une intelligence sociale aiguë qui lui permet de mémoriser un visage pendant deux ans. Par lui, Morgane Denzler souligne une mémoire partagée entre l’animal, l’éleveur.se et le territoire. Le mouton mange littéralement le paysage. Ses déplacements façonnent et compostent son milieu. Manger « c’est une manière d’habiter, de donner de la valeur surtout. Voilà le mot qui permet de rassembler pas mal d’éléments de la situation : donner de la valeur. Nous dirions honorer. Et transformer des humains et des brebis en Terriens, pour enfin déraciner ce vieux contraste entre humain et non humain. » (Vinciane Despret) Les oeuvres témoignent d’un rapport physique au territoire. Elles traitent davantage d’une lente transformation du monde paysan plutôt que d’une disparition. Morgane Denzler s’est ainsi attachée aux notions de soin (care) et de mémoire profondément inscrites dans les corps, les gestes et les résistances d’un écosystème en révolution. « Cartographie1 »impression numérique pliée 120x96cm, 2012. Courtesy Morgane Denzler « #champion »GIF vidéo, capture d’écran, 22’’, 2018. Courtesy Morgane Denzler Extrait du texte / Morgane Denzler – Sheeps don’t forget a face. A lire ici : https://crennjulie.com/2019/02/27/texte-exposition-morgane-denzler-sheeps-dont-forget-a-face-galerie-bendana-pinel-paris/ Marque-page0
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