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Partager Partager Pour sa quatrième et dernière carte blanche, notre invitée, la fondatrice et directrice des Ediciones Anómalas, Montse Puig nous présente la collection de courts essais photographiques (sans texte) intitulée « Los ensayos banales » où le célèbre photographe espagnol, Cristóbal Hara, explore les questions portant sur le langage photographique. Cette collection qui fête cette année son dixième anniversaire, s’enrichie chaque année d’un numéro supplémentaire depuis sa création, en 2014. Collection Cristóbal Hara (Madrid, 1946) figure parmi les grands noms de la photographie espagnole. Il passe une partie de son enfance aux Philippines, puis dans un internat dans l’Espagne franquiste. Après des études de droit et de gestion d’entreprise en Allemagne, il décide de se consacrer à sa véritable passion, la photographie, en 1969, à Londres. Cinq ans plus tard, il y organise sa première exposition, « Three Photographers », au Victoria & Albert Museum. En 1981, il rentre définitivement en Espagne, où il réalise la majeure partie de son œuvre. Après avoir reçu plusieurs prix en Espagne comme à l’étranger, il reçoit le prix national de photographie en 2022. © Christobal Hara © Christobal Hara Si je connais et admire le travail de Cristóbal depuis des années, je ne l’ai rencontré qu’en 2014, avec Jose Manuel Navia, qui venait de publier « Nóstos », le troisième livre d’Anómalas. José Manuel vit dans La Mancha depuis plusieurs années. Lors d’une de mes visites, nous avons décidé d’aller à Cuenca. Cristóbal vit dans un village de la province voisine, aussi l’avons-nous rencontré. Je garde un souvenir fantastique de cette journée : Cristóbal nous a offert une « visite guidée » de la ville et surtout du musée d’art abstrait qu’il connaît sur le bout des doigts grâce à son oncle, le peintre Fernando Zoebel, qui l’a fondé en 1966. Dans l’après-midi, un orage nous a offert un coucher de soleil avec des lumières spectaculaires sur la ville. El Corpiño, 1995 © Christobal Hara © Christobal Hara Cette conjonction de la lumière, de deux photographes et d’une éditrice débutante avec une proposition pour Cristóbal nous a rapidement conduits à la publication d’un travail qu’il commençait à élaborer : une collection de courts essais photographiques (sans texte), « Los ensayos banales ». Dans chacun d’eux, l’auteur réfléchit à une question portant sur le langage photographique. Selon ses propres termes : « Fondamentalement, deux choses se sont conjuguées : depuis de nombreuses années, je faisais des exercices photographiques, en guise d’entraînement. J’ai commencé à les faire pour contrôler mes arrière-plans. Mes images ratées l’étaient le plus souvent à cause des défauts dans leur arrière-plan. Puis, j’ai commencé à faire des exercices pour essayer d’intérioriser le langage de l’image pure, non verbal, celui de l’appareil ; d’autres sur la couleur, la structure, etc. Ce que j’ai appris avec ces exercices, je l’ai utilisé dans mes livres. J’ai même pu tirer profit de certaines images ». Almonacid del Marquesado, 1985 © Christobal Hara Villarín de Campos, 2003 © Christobal Hara Depuis 2014, nous publions un essai par an (sauf en 2020, à cause de la pandémie). Cet automne, nous publierons le numéro 10, qui clôt la collection. Cristóbal Hara a été et continue d’être l’une des figures de proue du renouvellement du langage photographique dans notre pays. Il a été un modèle pour toute une génération de jeunes photographes qui, ces dernières années, se sont réclamés de son travail. Comme éditrice, cet engagement à long terme a été un énorme défi. En cours de route, j’ai beaucoup appris. Ces dernières années, j’ai rencontré et travaillé avec de nombreux photographes, mais j’ai toujours été impressionnée par la relation de Cristóbal à la photographie. Il y a consacré sa vie et éprouve une immense gratitude car, comme il le dit lui-même : « la photographie m’a sauvé la vie ». https://www.edicionesanomalas.com/en/producto/archipelago-trivial-essays/ Marque-page1
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