Temps de lecture : 1 minute et 57 secondes

Titre complet: « femmes photographes, Émancipation et performance (1850 – 1940) par Frederica Muzzarelli aux éditions Hazan, 2009

Pourquoi ce livre ?

Parce qu’il m’offre une porte d’entrée pour comprendre d’où je viens, qui est ma famille photographique. Parce que je me sens prête à saisir mon héritage et à le partager. Il y a des moments dans la vie où l’on se sent perdu. Perdu dans notre identité, perdu dans nos origines, perdu quant aux choix et directions à prendre.  J’ai traversé ce sentiment artistiquement et intellectuellement. Après un cycle de dix ans au rythme effréné durant lesquels j’ai fais mes études puis commencé à travailler, je me prends ce mur immense qu’est la réalité du métier de photographe et une réalité plus forte que les autres, je suis une femme photographe avec ce que cela implique de combats pour faire reconnaître mes qualités techniques et intellectuelles. Je ne traiterais dans cet article que l’introduction qui pose bien le parti pris de l’auteur et soulève des questions essentielles.

« L’existence d’une forme d’art « au féminin » et la pertinence, sur le plan idéologique, d’une telle définition, ont suscité des controverses qui apparaissent aujourd’hui datées, anachroniques: il n’est plus à l’horizon la moindre barrière de genre à abattre. »

Si on aimerait que cela soit vrai, dans les faits le changement s’avère plus lents et progressif. Néanmoins, cela a le mérite d’être clair, ce que vous trouverez dans cet ouvrage n’est pas un débat sur la question d’un art féminin mais bel et bien une analyse sur la façon dont les femmes entre la naissance de la photographie et la seconde guerre mondiale se sont saisies de ce médium. Récupérant un espace qui leur était jusque là interdit: le domaine de la création artistique. Ces femmes vont se saisir d’une discipline dès sa création, prenant de vitesse un milieu de l’art en train de débattre de la validité même du médium photographique dans le monde de l’art (tautologie totale)

Le corps, l’action, l’imaginaire et la fiction

Bien que j’ai compris immédiatement le propos, j’ai d’abord eu du mal à l’accepter. Je me suis dit « encore un livre qui parle du corps des femmes » sans parler de leur démarche intellectuelle (oui j’y tiens, je donne énormément d’importance à l’intention que l’on met a faire). Mais après réflexion, en replaçant cela dans le contexte d’une époque ou « rien n’a été plus effacé que le corps féminin » (Simone de Beauvoir), le corps EST la démarche. Récupérer le corps va devenir une affirmation de son identité en le soustrayant au regard masculin, en inventant un nouvel espace de liberté. Dans un double mouvement paradoxal, les femmes vont à la fois vers la récupération de leur identité féminine, tout en jouant sur la non-définition des rôles et des identités par la mise en scène.

Pour finir je dirais simplement que nous sommes face à une approche universitaire (logique l’auteure est chercheuse, directrice du département photographie à l’université de Bologne). J’aurais tendance à reprocher un manque d’originalité dans la sélection des artistes . On reste vraiment dans des grandes figures de la photographie… Un #futurclassique à avoir dans sa bibliothèque!

Artistes présentes dans le livre :
Julia Margaret Cameron
Madame Yevonde
Lady Clementina Hawarden
Virginia Oldoini, Comtesse de Castiglione
Anne Brigman
Alice Austen
Claude Cahun
Gertrude Arndt
Hannah Höch
Tina Modotti
Leni Riefenstahl

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