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Le jury de l’édition 2020 du Prix Levallois vient de dévoiler le nom de son lauréat, il s’agit du photographe belge Lionel Jusseret qui remporte la distinction avec sa magnifique série, sur les enfants autistes, intitulée « Kinderszenen ». La mention spéciale a été attribuée à la russe Stanislava Novgorodtseva. Le public quant à lui a voté pour la photographe turque Işik Kaya.

Le jury réuni en visioconférence le 8 juin dernier à choisi ses deux lauréat·es parmi les 15 finalistes. La marraine de cette édition, Jane Evelyn Atwood, entourée de Philippe Ariagno, Frédérique Chapuis, Aurélia Marcadier et Stéphane Decreps ont désigné avec une belle unanimité les deux photographes grâce à des échanges nourris, passionnants et engagés sur les séries de chaque photographe.

Lionel Jusseret, Prix Levallois 2020

Lionel Jusseret photographie pendant près de huit ans des enfants atteints de formes graves d’autisme dans le cadre d’une association proposant une approche différente. Afin de ne pas les réduire à leurs troubles psychiques, il les photographie loin des murs des institutions. La série Kinderszenen est un voyage onirique, tantôt naïf, tantôt angoissant, souvent mystérieux, qui vous laisse découvrir seul à seul l’énigme de ces « gamins-là».
Le conte et le mystère contre l’enfermement et l’oubli.

Stanislava Novgorodtseva, Mention Spéciale 2020

Enfant, la Crimée m’a toujours paru être un lieu sacré et apolitique. C’était une île avec une mythologie particulière et des traces d’anciennes civilisations. C’est sur cette île que j’ai vu la mer pour la première fois. La péninsule de Crimée a forgé sa propre identité marquée par le brassage des populations.
En 1783, ce lieu constitué de différentes cultures et religions est devenu partie intégrante de l’Empire russe et connu de tous comme résidence du tsar. Après la création de l’URSS, la Crimée n’est plus un lieu de villégiature pour l’élite, mais une station balnéaire populaire. Après la chute de l’Union soviétique, cette péninsule est rattachée à l’Ukraine, puis en mars 2014 elle devient sujet de la Fédération de Russie. Depuis ces six dernières années, la Crimée est le centre de conflits politiques. Les sanctions et restrictions individuelles infligées à ses habitants ont accru le sentiment d’isolement. L’univers de mon enfance et la mythologie locale s’entremêlent aujourd’hui avec la réalité politique.

Işik Kaya, Prix du Public 2020

La première transformation d’une antenne-relais en un sapin factice a été réalisée en 1992 par Larson Camouflage : une entreprise qui travaillait pour Disney. Disney, et le terme “Disneyfication” qui représente une certaine tradition en sociologie, sont utilisés pour décrire la transformation de l’environnement en un grand spectacle pour le client. Jean Baudrillard a écrit dans son essai Simulation : « Disneyland est présenté comme étant imaginaire, pour nous faire croire que le reste est réel, alors qu’en fait tout Los Angeles et l’Amérique qui l’entoure ne sont plus réels mais de l’ordre de l’hyperréel et de la simulation ». L’observation de Baudrillard au sujet de la Californie nous oriente dans la direction de cette transformation et de ses effets sur notre perception. Les images de la série Second Nature nous montrent des antennes-relais déguisées en arbres pour se fondre dans les paysages de la Californie du Sud. Ces artefacts de l’ère numérique peuvent être décrits comme étant une «préférence de la société pour une harmonie “inauthentique“ plutôt qu’une réalité “déplaisante”» (Amy Clarke).

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