L'Invité.e

Carte Blanche à Cécile Schall : mon pari Parisien

Temps de lecture estimé : 3mins

Le coeur dans les yeux

Pour sa quatrième et dernière carte blanche, notre invitée de la semaine, la fondatrice de fotofever, Cécile Schall, partage avec nous un texte très personnel, sur son héritage photographique par son arrière grand père, grand père et père. Un ADN photosensible qui s’est transmis de génération en génération, l’amenant à créer une foire ouverte à tou·tes et un nouveau projet parisien à venir…

Je suis arrière-petite fille, petite fille et fille de photographe.

Mon grand père Roger Schall a été un des pionniers de la photographie dans les années 20. Il avait créé avec son frère le Studio Schall Frères, dans une cité d’artistes avenue Junot à Paris. Petite, à chaque visite du studio reconverti en studio photo publicitaire par mon père, j’apercevais ces 100.000 photos qui dormaient dans des tiroirs : les contacts d’un côté, les négatifs 6×6 de l’autre. Un trésor qui dort…

Pendant deux années, je me suis immergée dans les archives photographiques de mon grand-père que j’ai répertoriées sur Excel : les contacts d’un côté, les parutions de l’autre. Je me suis plongée dans la vie des années 20 à 40…

Mon grand-père, héros de son temps, m’accompagnait partout.
Sans que je le sache, il était présent, ce jour où je découvris qu’Italie 2 cherchait une idée pour renforcer son positionnement de centre commercial parisien face au Carrousel du Louvre.
Je leur proposais alors d’utiliser la photographie comme objet de communication et je devins commissaire de ma première exposition : « Paris vu par Roger Schall », naturellement.

Sous les pavés, la montagne

C’est encore à Paris, un matin de décembre 2006 où je filais à toute allure en scooter que j’aperçus un panneau géant devant la gare de Lyon « La SNCF offre un nouveau parvis à ses voyageurs et aux parisiens ».
Je savais dorénavant que j’aimais les évènements très grand public, et l’idée d’un art accessible à tous, qui ne serait pas uniquement réservé aux initiés.
Je me mis alors en tête de monter ici une exposition autour des photographies de montagne de Willy Ronis dont un livre venait de paraître aux éditions terre bleue.

Je voulais offrir aux parisiens une escapade en plein air, une bouffée d’oxygène mentale, une pause dans un des lieux où les gens courent le plus souvent, une gare.

Dans cette course effrénée du quotidien, Paris devenait mon terrain de “Je” et j’allais prendre le train vers des rendez-vous éphémères avec les vivants, du noir et blanc à la couleur !

“Le coeur dans les yeux”

Peu après je créais fotofever qui élisait domicile (exceptée cette année…) dans l’autre centre commercial parisien : le Carrousel du Louvre, au coeur de la capitale.

Aujourd’hui plus que jamais, dans ce Paris vide, la formule du poète Philippe Soupault pour décrire la photographie humaniste de Ronis, Doisneau ou encore Roger Schall reste pour moi un leitmotiv universel : avoir “le coeur dans les yeux” et désormais tout faire pour que filtre encore et toujours l’émotion de notre humanité.

Un nouveau pari parisien s’ouvre à moi en écrivant ces lignes, à suivre…

Ericka Weidmann
Après des études d'Arts Appliqués et de photographie, elle rejoint un magazine en ligne consacré à la photo en tant que directeur artistique, poste qu'elle occupera pendant 10 ans. En 2010, elle s'installe comme DA en indépendant. En parallèle, elle devient responsable éditorial pour Le Journal de la Photographie et c'est en septembre 2013 qu'elle co-fonde le quotidien L’Oeil de la Photographie pour lequel elle est rédactrice en chef jusqu'en septembre 2016 avant de fonder 9 Lives magazine ! Ericka Weidmann est également journaliste pigiste pour d'autres médias.

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