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L'Invité·e Eric Karsenty, rédacteur en chef de Fisheye, est notre invité La Rédaction1 février 2021 Partager Partager Cette semaine nous accueillons un confrère, Eric Karsenty, rédacteur en chez de Fisheye magazine. Pour sa carte blanche, il nous propose une petite rétrospective des ses photographes coups de cœur qu’il a publié au sein de ses colonnes. Il a tenu à ce que ce soit une sélection parfaitement paritaire, chaque jour, nous découvrirons donc l’univers de deux photographes en ‘tout genre’. Mais aujourd’hui, place à son portrait chinois… J’ai commencé à m’intéresser à la photo avec une encyclopédie Time Life de la bibliothèque d’une amie. Les photos et les illustrations techniques m’ont vite intéressé, j’ai piqué le Pentax de mon père, acheté deux nouvelles optiques et j’ai commencé mes expérimentations. Le reportage et les images graphiques m’ont tout d’abord attiré, je me souviens que parmi mes premiers livres photo il y avait Skyline de Franco Fontana, et A propos de l’URSS de Henri Cartier-Bresson. La lecture de Chasseur d’images était également une source d’inspiration. J’ai ensuite fréquenté le club des Beaux-Arts de La Seyne-sur-Mer, où j’ai exposé mes premiers clichés épinglés dans une salle communale. La photographie est vite devenue ma boussole. De manière obsessionnelle, je guettais le moindre événement lié au 8e art, je me déplaçais à Marseille, Nice ou Paris pour y découvrir les expositions et les livres qu’on pouvait trouver dans les galeries et les librairies. J’ai ainsi connu Les Cahiers de la photographie, qui ont contribué à élargir ma vision. C’est d’ailleurs pour suivre un stage avec Gilles Mora, son rédacteur en chef, que je me suis rendu pour la 1re fois aux Rencontres d’Arles, en 1982. Les discussions sans fin, les expos photo dans la ville et tout ce monde focalisé sur la photographie m’ont convaincu que j’étais ici à ma place. Ce même été était annoncée la création de l’École nationale de la photographie en septembre. Je me suis inscrit au concours, et j’ai fait partie de cette belle aventure durant trois ans. Trois ans d’expériences et de rencontres capitales qui m’ont notamment amené à faire la connaissance de Jean-François Chevrier, alors rédacteur en chef de la revue Photographies, chez qui je ferai un stage en sortant de l’école. Mon premier bouclage de magazine m’a amené à rencontrer Jean-Luc Monterosso, avec qui j’ai eu la chance de poursuivre mon « éducation photographique » quatre ans durant au sein de Paris audiovisuel. Deux Mois de la photo à Paris, la constitution d’une bibliothèque, l’organisation des événements, la logistique et l’accrochage des expositions… et le lancement de La Recherche photographique, une revue dirigée par André Rouillé, avec le soutien de l’université de Paris 8. En parallèle de mon parcours, des camarades de promotion avait lancé une agence de photographes de presse, Editing, dans la lignée de l’agence Vu’. Une initiative qui faisait la part belle à de jeunes auteurs publiant leurs photos dans les quotidiens et les magazines. Des auteurs de ma génération, plein d’énergie, que j’ai bien vite rejoints pour explorer le monde de la presse. Nouvelles pratiques, nouveau langage, nouvelle culture… le reportage se réinventait, nous avons eu de belles réussites nous encourageant à poursuivre l’aventure. Monter des sujets avec les photographes, les vendre dans les rédactions parisiennes, et revenir avec les photos sur papier glacé. Mais le monde de la presse commençait sa mutation numérique, et les agences avec. Un changement qui s’est fait avec douleur et m’a conduit, après la fermeture de l’agence, à me réorienter vers le journalisme via une formation à l’EMI-CFD. Un détour qui m’a permis de revenir dans les rédactions sans passer par les services photos, mais en travaillant sur les textes. Nouveaux apprentissages, nouveau langage dans des environnements variés : de Stratégies à Moto revue, en passant par l’Humanité, Point de vue ou encore la presse territoriale… avant d’être appelé par Benoit Baume à Images magazine, comme secrétaire de rédaction, puis à Fisheye en tant que rédacteur en chef, en 2014. Cette nouvelle aventure éditoriale m’a permis de mettre à profit mes connaissances de la photographie et du texte au service d’un projet profondément novateur. Grâce à une équipe jeune, brillante et dotée d’autres références que les miennes, je continue de découvrir à chaque numéro de nouveaux univers photographiques. J’ai choisi de vous présenter chaque jour deux photographes publiés dans Fisheye au cours de ces six dernières années. Certains travaux s’inscrivent dans ce que j’aime depuis longtemps dans la photographie, d’autres sont des découvertes qui m’ont permis de mieux comprendre et apprécier des pratiques touchant à d’autres domaines. L’idée étant de rester curieux aux pratiques des auteurs d’aujourd’hui afin que Fisheye garde son regard ouvert sur la création contemporaine. https://www.fisheyemagazine.fr/ Le portrait chinois d’Eric Karsenty Si j’étais une œuvre d’art : une sculpture de Giuseppe Penone Si j’étais un musée ou une galerie : la Fisheye Gallery Si j’étais un artiste: Christian Boltanski Si j’étais un livre : Madame Bovary, de Gustave Flaubert Si j’étais un film : Pierrot le fou, de Jean-Luc Godard Si j’étais un morceau de musique : Walk on the Wild Side, de Lou Reed Si j’étais un photo accrochée sur un mur : Le jeune homme à la salopette (ou Le jeune homme en colère), de Paul Strand. [Young boy in Gondeville, Charente, France, 1951.] Si j’étais une citation : « Il n’y a pas de travail inutile, Sisyphe se faisait les muscles. » Roger Caillois Si j’étais un sentiment : la mélancolie Si j’étais un objet : Un vélo Si j’étais une exposition : La rétrospective Irving Penn au Grand Palais Si j’étais un lieu d’inspiration : une plage du sud de la France Si j’étais un breuvage : une mauresque Si j’étais une héroïne : Martin Eden Si j’étais un vêtement : Une chemise en lin CARTES BLANCHES DE NOTRE INVITÉ • Carte blanche à Eric Karsenty : Adrien Selbert & Géraldine Millo (mardi 2 février 2021) • Carte blanche à Eric Karsenty : Martin Essl & Charlotte Abramow (mercredi 3 février 2021) • Carte blanche à Eric Karsenty : Sandrine Elberg & Seba Kurtis (jeudi 4 février 2021) • Carte blanche à Eric Karsenty : Nicola Lo Clazo et le duo Benedicte Kurzen & Sanne de Wilde (vendredi 5 février 2021) Marque-page9
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