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En France, le mois de novembre rime avec photographie. Même si le Mois de la Photo officiel n’a pas pointé le bout de son nez depuis 2017, les habitudes sont ancrées et tous célèbrent la photographie durant ce mois automnal. Grands et petits événements se concentrent sur 30 jours, parmi eux, des manifestations, des ventes aux enchères et l’une des plus grandes foires au monde, qu’est Paris Photo, dont la 24ème édition est inaugurée mercredi prochain. L’occasion donc de sublimer un médium, vieux de 182 ans. Pour commencer cette semaine, nous avons donc décidé de nous plonger dans les méandres du marché, et en particulier celui du faux en photographie. À travers une enquête, nous avons tenté d’y voir plus clair sur des pratiques qui semblent être courantes…

Le marché de l’art en général, et celui de la photographie n’y échappe pas, est un milieu plutôt fermé où la discrétion est souvent de mise. En mars dernier, une vente organisée par la maison d’enchères Christie’s ravive de mauvais souvenirs chez certains professionnels du secteur. 188 lots du peintre et photographe surréaliste Man Ray, issus de la collection Lucien et Edmonde Treillard, sont proposés aux collectionneurs. Or, une ombre pèse sur les conditions dans lesquelles Lucien Treillard, qui fut l’assistant du célèbre surréaliste, aurait constitué cette collection. La Fondation Man Ray à New York jette le trouble en communiquant l’avis d’un expert de l’œuvre de Man Ray, Steven Manford, qui met en doute l’authenticité de certains tirages proposés au catalogue, en supposant qu’ils pourraient porter la marque d’un cachet contrefait par Lucien Treillard après la mort de l’artiste en 1976. Aussi la fondation tente-t-elle de bloquer la vente. Sans succès. Chez Christie’s, on oppose qu’aucun élément n’a été fourni permettant de contester la légalité de la vente. Et Man Ray confirme au terme des enchères du 2 mars dernier, qu’il reste malgré les péripéties une valeur sûre de la cote, avec un résultat total de près de 6 millions d’euros.

Man Ray, un cas d’école

Fin de l’histoire ? Pas vraiment. Le poison du soupçon reste présent, et certains se rappellent que les œuvres de Man Ray firent déjà l’objet d’un retentissant scandale. Il faut dire que Man Ray, de son vrai nom Emmanuel Radnitsky, fut l’un des plus grands photographes dadaïstes et surréalistes de son époque. Quelques années après sa mort en 1976, le marché de la photographie connaît un véritable essor, grâce entre autres au marchand américain Harry Lunn, qui initie la numérotation des tirages afin de contrôler leur édition et d’en augmenter la valeur. Quelques icônes de la photographie sont ainsi propulsées parmi les œuvres les plus chères au monde. Et celui qui tient la première place est Man Ray. Dès les années 1990, ses tirages vintages dépassent le million de francs dans les salles de vente. Mais on découvre aussi le peu de rigueur qui pèse sur le recensement de ses œuvres. Déjà à l’époque, on recense plusieurs cas d’utilisation de faux tampons, fausses signatures et retirages. Toutes les conditions sont réunies pour initier une industrie des “faux” Man Ray. Et c’est ainsi que le collectionneur allemand Werner Bokelberg s’aperçoit au milieu des années 90 que quelques dizaines de tirages vintages qu’il a acquis à prix d’or, datant prétendument des années 1910 à 1930, sont en réalité des retirages réalisés sur des papiers photographiques récents, pour certains fabriqués entre 1991 et 1993. Pas de doute à ce sujet, Agfa, le fabricant des papiers en question, le confirme. Dans l’affaire, maisons d’enchères et experts de tous poils qui ont certifié ou cautionné l’authenticité des œuvres se disent bernés et consternés, et mettent en cause la difficulté à cerner la production de Man Ray. Les laboratoires et ateliers avec lesquels l’artiste travaillait sont également suspectés d’avoir fait circuler des tirages ratés qui étaient destinés à être détruits. Avec un tel passé, difficile de ne pas attiser la méfiance des acteurs et des experts de la photographie ! Les œuvres de Man Ray resteront à jamais soumises à la suspicion. Ironique, pour l’inventeur du terme “Fautographie” !

Ces histoires de faux, nous en parlons tout le temps entre experts. C’est passionnant, mais ce sont des choses que nous ne pouvons pas rendre publiques, c’est une question de survie…

De faux daguerréotypes

Image d’illustration. Daguerreotype d’un inconnu

Au-delà du cas finalement très médiatisé de Man Ray, il est aujourd’hui absolument impossible de connaître le nombre de “faux” tirages photographiques qui circulent sur le marché. Le sujet est tabou, le silence est de mise. Un expert du secteur, qui a accepté de s’exprimer sous condition d’anonymat, nous explique que la contrefaçon est en réalité très courante. Qu’il ne s’agit pas d’actes isolés. De faux daguerréotypes ont été très récemment vendus, nous confie-t-il : “Pour faire un faux daguerréotype, c’est simple, vous prenez un vieux daguerréotype dont personne ne veut, vous frottez précautionneusement avec un chiffon la surface jusqu’à ce que l’image ait totalement disparu, et avec des produits chimiques, ceux nécessaires à la réalisation d’un daguerréotype, vous refaites une photo qui rappelle vaguement vos souvenirs d’histoire de la photo. Difficile d’expertiser l’épreuve puisque la plaque est ancienne et que les vapeurs de mercure n’ont pas d’âge !”. Une technique qui ne semble pas être nouvelle puisque déjà en 2018, la Daguerreian Society, une association de collectionneurs basée en Pennsylvanie, avait enquêté sur de faux daguerréotypes en circulation en Pologne et en Allemagne. Le phénomène semble simplement avoir traversé nos frontières. Lors de cette vente, nous affirme l’expert, les fausses épreuves se sont vendues très cher, parfois plus que des vraies. Ce qu’il explique par le fait que les œuvres authentiques sont de plus en plus exceptionnelles : “Les gens ne savent pas reconnaître les œuvres authentiques car elles sont devenues très rares. Autrefois, les grandes maisons de vente étaient au cœur de la recherche et s’entouraient d’un maximum de précautions. Mais aujourd’hui, le seul résultat demandé est comptable. Il ne faut pas être naïf, à partir du moment où les collectionneurs veulent des choses qui n’existent pas ou plus, il y aura toujours des candidats pour réaliser leurs désirs”. Et notre expert de poursuivre : “Ces histoires de faux, nous en parlons tout le temps entre experts. C’est passionnant, mais ce sont des choses que nous ne pouvons pas rendre publiques, c’est une question de survie…”.

Quand on parle de faux, de quoi s’agit-il dans les faits ? Si l’on a compris que les daguerréotypes pouvaient être créés de (presque) toute pièce, la question des tirages argentiques se pose de façon différente puisqu’il s’agit là d’objets par définition reproductibles. On parlera donc ici de tirages postérieurs, de faux tampons ou encore de fausses signatures, et il existe également des cas de falsification de numérotation des tirages en série. Toutes ces pratiques sont susceptibles de constituer des contrefaçons, portant préjudice à l’auteur ou au collectionneur. Pour la galeriste Françoise Paviot, les faux concernent cette période de l’histoire de la photographie où l’on a mis l’accent sur des grands noms. Avec le temps, pense-t-elle, on parlera de moins en moins de ce genre de phénomène. Le premier problème à évoquer, explique-t-elle, est celui des tirages vintages – ces tirages d’époques contemporains de la prise de vue – particulièrement plébiscités par les collectionneurs. Peut-on parler de faux lorsqu’un tirage postérieur est réalisé d’après le négatif original ? Ce qui est évidemment répréhensible, c’est de vendre un tirage postérieur comme un vintage, comme cela a été le cas pour les tirages de Werner Bokelberg.

Mais on pense également à l’affaire Lewis Hine  : à la fin des années 90, des vintages arrivent sur le marché, avant qu’on apprenne grâce à l’expertise des papiers que les épreuves en question datent de 25 à 30 ans après la mort du photographe américain. Une découverte tardive puisque les tirages étaient déjà entre les mains de collectionneurs, mais aussi dans des musées et des galeries… Comme on peut le lire dans un article publié dans le Journal des Arts en février 2000 : “Les tirages suspects portent tous au dos un fac-similé du tampon original Lewis W. Hine, Interpretive Photography, accompagné de la signature en un mot “Hine”. Beaucoup d’épreuves semblent avoir été artificiellement détériorées – le dos est taché et éraflé –, mais les émulsions sont restées extraordinairement intactes”. Cette affaire révèle bien évidemment la possibilité, tout comme pour les faux Daguerréotypes, d’utiliser des stocks de papiers anciens pour refaire des tirages “à l’ancienne”. Françoise Paviot confie d’ailleurs : “Cette histoire, personne n’a souhaité en parler car beaucoup étaient mouillés et voulaient vite enterrer cet épisode malheureux”. C’est d’ailleurs l’expert et marchand d’art Alain Paviot qui a participé à cette découverte en passant les tirages sous une lampe à ultraviolets pour faire apparaître des “blancs trop éclatants pour être honnêtes”.

Le succès des vintages divise car la dénomination “tirage d’époque” ne signifie pas qu’il s’agit d’un tirage de qualité, encore moins d’une œuvre de qualité, comme le rappelle Françoise Paviot : “Si l’image est vraiment inintéressante ou dans un mauvais état de conservation, le fait d’être un vintage ne lui donnera pas plus de valeur ou d’intérêt”. Mais pour la galeriste, cette tendance tend à disparaître : “Aujourd’hui, les goûts changent. J’ai souvenir d’un collectionneur à qui je montrais un tirage ancien avec un beau papier riche en sels d’argent et un tirage très moderne bien blanc, plein d’azurant optique, et bien il préférait le tirage postérieur !” C’était également l’avis de certains photographes comme Henri Cartier-Bresson qui s’était rendu à la galerie Paviot deux ou trois ans avant sa mort. “Mais pourquoi vendez-vous mes vieilles photos, s’était-il interrogé, alors que maintenant on fait de si beaux tirages dans les laboratoires ?” Pour Françoise Paviot, “les vintages sont les photographies telles que le photographe les a réalisées avec les papiers de l’époque. Il y avait autrefois une grande richesse dans les supports. J’ai des petits calepins qui répertorient tous les papiers. Un tirage est un acte. Il n’y a jamais deux tirages identiques”.

Il existe cependant quelques exceptions, et c’est Serge Plantureux, expert en photographie et fondateur de la biennale Senigallia consacrée à la photographie ancienne, qui nous explique qu’il existe des situations où un tirage tardif aura davantage de valeur qu’un tirage d’époque. Il prend pour exemple les tirages de presse d’Henri Cartier-Bresson. À l’époque, pour reproduire les photographies dans les journaux et magazines, des tirages de qualité étaient envoyés aux rédactions pour assurer une belle reproduction. Comme il était habituel de ne pas retourner ces tirages aux photographes ou à leurs agences, il n’est pas rare de les retrouver en vente. “Il y a une petite tradition dans le marché, qui consiste à favoriser les premiers tirages authentiques. Mais il n’y a aucune raison pour dire que l’un a une valeur économique plus importante que l’autre. Par exemple, si vous prenez un tirage de presse d’Henri Cartier-Bresson, il aura une valeur bien inférieure à un tirage tardif avec signature. Pour un photographe comme Cartier-Bresson, on remarque que les éditions tardives valent plus cher que celles du début“.

Rue de Constantine, Paris 1865 © Charles Marville

Les retirages posent également question. Serge Plantureux rappelle que toutes les photographies de Paris réalisées par Charles Marville et archivées à l’Hôtel de Ville, ont été détruites par un incendie au moment de la Commune en mai 1871. Des retirages ont dû être produits pour faire renaître ces documents, grâce aux négatifs originaux. Une décennie est passée entre les originaux détruits et les retirages, ce qui représente donc 10 ans de progrès technologique dans les albumines. “Les retirages sont beaucoup plus beaux ! D’une manière générale, dans l’histoire de la photographie, il y a tous les 10 ans des progrès extraordinaires. Vous prenez n’importe quel vieux photographe, il ne comprend pas pourquoi les collectionneurs souhaitent des vintages ou des tirages de sa jeunesse puisque tout ce qui va être fait aujourd’hui sera beaucoup mieux, et tout ce qui sera fait après sa mort le sera mieux encore !” Françoise Paviot évoque le Violon d’Ingres de Man Ray, dont le seul exemplaire se trouvait dans la collection d’André Breton (il est aujourd’hui conservé au Musée national d’Art moderne, au Centre Georges-Pompidou). Lorsque l’historien et galeriste Arturo Schwarz voulut en refaire une édition sans le négatif, c’est un contretype qui fut réalisé à partir du tirage original, puis signé par Man Ray. “Nous l’avons vendu à un marchand 150 000€. C’était un contretype, mais il était signé et la description était complète“. Il en va tout autrement pour les retirages qui sont réalisés sans l’accord de l’artiste, qui constituent quant à eux de réelles contrefaçons. Pour en revenir à Man Ray, qui est un vrai cas d’école, ses œuvres font souvent l’objet d’un recadrage. “Le tirage d’un nu solarisé est apparu dans une vente à New York, mais dans son entier, raconte Françoise Paviot. L’auteur du tirage devait avoir accès au négatif et s’est amusé à refaire le tirage non recadré. Ce n’est pas un faux à proprement parler, mais c’est ce tireur habilité à tirer les photos de Man Ray qui en a fait un faux. Innocemment ou non. Alain Paviot s’en est aperçu et la photo a été retirée de la vente. Le photographe est aussi l’auteur de son cadrage, nous ne pouvons pas le détourner. On peut montrer cette photo à titre de document, mais pas la vendre !

Concernant l’apparition des nouvelles numérotations de tirages, Serge Plantureux et Françoise Paviot expliquent qu’avant que l’expert en photographie et marchand américain Harry Lunn ne fixe à 30 maximum les éditions de tirages, il y eut des pionniers de la numérotation. Quelques rares cas sont recensés à la fin du 19e siècle, puis avant-guerre. Numéroter participe à amplifier la valeur d’une œuvre. “C’est une vieille histoire, explique Serge Plantureux, qui a commencé avec le livre. A partir des années folles, les artistes d’avant-garde se sont intéressés à l’édition. Les surréalistes en particulier ont réalisé des beaux livres, et les exigences de qualité de leurs riches clients les ont conduits à produire des épreuves d’essai. Avant que le livre ne soit fabriqué en nombre, il fallait souvent imprimer 30 ou 40 tirages d’essais. Petit à petit, ces tirages ont été utilisés et vendus. Cela explique pourquoi, pour certains livres rares, un numéro existe en plusieurs exemplaires…”. En photographie, quand toutes les éditions d’une même photographie ont été vendues, il pourrait être tentant d’ajouter de nouvelles numérotations, parfois en trichant sur le format par exemple. Des pratiques peu appréciées par les collectionneurs, qui font chuter la valeur des photographies préalablement acquises.

Mais en 2013, la justice américaine tranche en faveur du photographe William Eggleston pour un cas similaire. Un collectionneur avait accusé le célèbre coloriste américain d’avoir produit de nouveaux tirages limités et numérotés, des vintages en dye-transfer vendus au collectionneur ayant repris vie dans une version numérique et en grand format dans une vente Christie’s. Le plaignant estimait que le préjudice était important, mais le juge ne fut pas du même avis. La décision risquant de faire jurisprudence, elle continue de nourrir la méfiance de certains collectionneurs…

Autre exemple, chez un autre grand nom de la photographie. Pour une vente chez Christie’s, une œuvre de Cindy Sherman est présentée au catalogue. Problème, l’artiste n’est pas satisfaite du tirage qu’elle trouve jauni. Elle exige que le tirage soit refait. La photographie est pourtant vendue pour plusieurs centaines de milliers de dollars. Le numéro de l’épreuve à refaire est apposé sur le nouveau tirage et l’ancien est détruit. Dans ce genre de cas, il faut souhaiter que l’acheteur soit clairement informé de l’histoire du tirage, pour qu’il soit en accord avec le prix de vente, et que l’ancien tirage soit réellement détruit. Du côté des épreuves argentiques et de leur capacité à se multiplier comme les petits pains, on retrouve quelques histoires étonnantes. Comme l’affaire des faux Doisneau qui mit en cause un journaliste passionné par l’œuvre du célèbre humaniste. Celui-ci écumait les marchés aux puces à la recherche de tirages de presse, certains clichés étant “beaux comme des Doisneau”. Si parmi les dates, annotations ou commentaires de presse, aucun crédit n’était inscrit au dos, il lui suffisait d’apposer la signature “Doisneau”. Le faussaire a rapidement été démasqué, car l’œuvre du photographe et tous ses négatifs étaient parfaitement établis et connus.

“La réalité d’aujourd’hui est qu’il y a des gens qui veulent faire plaisir à leurs clients. Ils souhaitent réaliser leurs désirs. C’est inhérent à la nature humaine. C’est intéressant si on en tire une morale, mais les gens qui se sont fait avoir n’aiment pas ça, alors la plupart du temps, ils tentent de revendre leurs faux. Ça devient le jeu de la patate chaude”

Démêler le vrai du faux

Dans la photographie ancienne, affirme Serge Plantureux, si l’on a de la curiosité et de la passion, on arrive à distinguer le vrai du faux. Par la réflexion et la recherche, on retrouve des informations, des descriptions très précises des œuvres que l’on peut ainsi comprendre. Encore faut-il en avoir envie. Si ce n’est qu’une question d’investissement, c’est inutile”. Les experts peuvent certifier une épreuve, mais il faut garder en tête que sur certaines expertises, plusieurs professionnels sont amenés à confronter leurs points de vue, et ils ne sont pas toujours d’accord. Leur analyse consiste à vérifier le papier utilisé, la proximité avec l’artiste mais aussi la date du tirage. L’époque va donner des informations importantes, auxquelles s’ajoute une vérification des signatures et des tampons. “A notre niveau, affirment Françoise Paviot, ça nous est arrivé de nous tromper une fois seulement, peut-être deux. Lorsqu’on réceptionne des tirages, notre phase d’expertise est très importante car il y un savoir-faire. C’est quelque chose qui se perd. Aujourd’hui, on ne parle plus que de marché, de prix. La passion et la connaissance disparaissent…

Serge Plantureux ajoute que “la réalité d’aujourd’hui est qu’il y a des gens qui veulent faire plaisir à leurs clients. Ils souhaitent réaliser leurs désirs. C’est inhérent à la nature humaine. C’est intéressant si on en tire une morale, mais les gens qui se sont fait avoir n’aiment pas ça, alors la plupart du temps, ils tentent de revendre leurs faux. Ça devient le jeu de la patate chaude”. Qu’en est-il de la possibilité de fabriquer de faux tirages numériques ? Car si le passé est ponctué d’histoires étonnantes, peut-être existe-t-il déjà des gens qui organisent et anticipent le futur.

Aujourd’hui, via Internet, il est facile de dénicher les informations détaillées d’un tirage contemporain (taille et support) et de se procurer des fichiers haute définition. Dans les faits, il suffirait par exemple de passer par une solution de tirage en ligne pour multiplier les contrefaçons puisque les procédés et les supports papier sont les mêmes que ceux utilisés pour les tirages authentiques. Les conditions générales d’utilisation de ces services indiquent bien qu’en tant que l’utilisateur, est tenu d’être propriétaire ou en possession des droits nécessaires pour exploiter les fichiers photographiques dont on demande le tirage. Ces laboratoires déclinent toute responsabilité dans le cas d’un détournement de leur service pour réaliser une œuvre contrefaite. Mais dans les faits, qui le vérifie ? Il est donc raisonnable de craindre qu’une marée de tirages d’origine incertaine inonde le marché dans le futur. Si la technologie permet de produire si facilement des faux, peut-elle nous offrir une solution pour protéger et sécuriser les œuvres de demain ?

Depuis 10 ans, un service de certification dédié aux photographes et aux artistes est proposé par ARTtrust. Cette solution permet de donner une identité unique à chaque œuvre grâce à un “code à bulles” infalsifiable, non reproductible et inamovible, associé à un certificat matérialisé par un code QR, tous deux étant inscrits dans la base de données ARTtrust. Mais depuis peu, de nouvelles méthodes d’authentification arrivent sur le marché, parmi lesquelles celles qui sont basées sur la “blockchain”.

Rendez-vous demain, pour la suite de notre enquête, “La Blockchain, une solution pour le marché de demain ?” >>>

Cet article a été produit et publié dans le numéro de Juillet 2021 de Réponses Photo (#341).

Ericka Weidmann
Après des études d'Arts Appliqués et de photographie, elle rejoint un magazine en ligne consacré à la photo en tant que directeur artistique, poste qu'elle occupera pendant 10 ans. En 2010, elle s'installe comme DA en indépendant. En parallèle, elle devient responsable éditorial pour Le Journal de la Photographie et c'est en septembre 2013 qu'elle co-fonde le quotidien L’Oeil de la Photographie pour lequel elle est rédactrice en chef jusqu'en septembre 2016 avant de fonder 9 Lives magazine ! Ericka Weidmann est également journaliste pigiste pour d'autres médias.

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