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Pour la sixième année consécutive, les Ateliers Médicis initient, en coopération avec le Centre national des arts plastiques (Cnap) et avec le soutien du ministère de la Culture, la commande photographique
nationale des Regards du Grand Paris. Chaque année ce sont au moins six projets qui sont sélectionnés. Cette édition 2021 ne déroge pas à la règle et nous découvrons aujourd’hui les noms des six projets lauréats : “Glory Hole” de Yasmina Benabderrahmane, “Lucid Dreamers” de Vincent Ceraudo, “Pastorale” de Pauline Hisbacq, “À la recherche du temps promis” de M’hammed Kilito, “Le chalet” de Nina Medioni et enfin “En quête du village de Paul Strand” (titre provisoire) d’Ambroise Tézenas.

Les Regards du Grand Paris entendent se faire l’écho de la création artistique contemporaine, notamment dans la multiplicité des approches et des formes.
Cette commande  porte une attention particulière aux artistes émergent·es et aux projets impliquant les habitant·e·s dans la représentation du Grand Paris.
Chaque artistes bénéficie d’une allocation et dispose d’une année pour déployer sa démarche, approfondir ses investigations dans le territoire du Grand Paris, et réaliser une œuvre qui intègre le Fonds national d’art contemporain, collection nationale gérée par le Centre national des arts plastiques (Cnap).

Yasmina Benabderrahmane
Glory Hole

Saturne © Yasmina Benabderrahmane
Adagp, Paris, 2021

En sous-sol, Yasmina Benabderrahmane suivra le Tunnelier sur sa percée d’un Trou-Horizon qui encerclera bientôt la capitale. Et sur les berges, l’artiste ira des sites de gisements de matières premières aux chantiers des futurs métro du Grand Paris. Un paysage affleurant se dessinera, aussi brutal que sensuel. La dissection par le regard de l’artiste d’un territoire réinventé dévoile la Terre-Gaïa, saisie comme un corps en train d’être sculpté dans l’échelle du temps scellé.

Vincent Ceraudo
Lucid Dreamers

Lucid Dreamers est un projet documentaire qui suit dans la métropole parisienne de jeunes adultes sujets à d’intenses troubles du sommeil. Pour s’échapper dans des temps parallèles, ils sont amenés à vouloir diriger leurs rêves diurnes et nocturnes. À partir de leurs expériences de « rêveurs lucides », l’artiste produira avec eux une série de tableaux photographiques grand-format et un film.

Pauline Hisbacq
Pastorale

Entre fable et documentaire, le projet Pastorale explore l’imaginaire rural en suivant les bergers urbains du Grand Paris. Ces bergers proposent un autre rapport au territoire où entrent en tension la nature et la ville dans une tentative de cohabitation. C’est tout un imaginaire poétique, politique, une relation au vivant et à l’échelle du temps qu’ils transforment, et que Pauline Hisbacq souhaite raconter.

M’hammed Kilito
À la recherche du temps promis

Hicham Fissaoui, Oasis de Tighmert, 2020
© M’hammed Kilito

Inspiré par la théorie de la dérive du philosophe Guy Debord, M’hammed Kilito propose avec À la recherche du temps promis de “se laisser aller aux sollicitations du terrain”, dans un territoire en pleine mutation, celui du Grand Paris. Partant seul à pied avec son matériel photographique, l’artiste suivra un itinéraire de plus de 600 kilomètres, afin de traverser les espaces méconnus, et aussi les lieux historiques, les chantiers, les sites industriels et ceux dits “naturels”. Il reliera ainsi la “proche” et la “grande” banlieue et, surtout, ira à la rencontre de ses habitants pour comprendre comment s’organisent leurs vies quotidiennes dans un territoire en mouvement permanent.

Nina Medioni
Le chalet

Sous la forme d’une série de portraits vidéos, Nina Medioni souhaite faire dialoguer la parole de son oncle, propriétaire d’un chalet, situé au cœur du 19e arrondissement de Paris et les témoignages de passants, s’y arrêtant régulièrement. Il s’agit de dresser un tableau collectif, fait de fictions personnelles des « intimes » et des « riverains », côtoyant cette bâtisse, longtemps restée un élément mystérieux dans le paysage. « Le chalet » a pour ambition d’associer les passants volontaires à ce projet filmique, intégrant l’oncle de l’artiste et sa maison, comme terrains d’imaginaires, témoin autant qu’acteur des mutations d’un quartier au fil des ans.

Ambroise Tézenas
En quête du village de Paul Strand (titre provisoire)

Série « Huis clos » (2020-2021), Sans titre #09 (2021) © Ambroise Tézenas

Inspiré par la quête de Paul Strand qui vécut à Paris puis à Orgeval, Ambroise Tézenas part après lui à la recherche du village idéal en respectant les principes de la « straight photography ». Sous la forme d’une exploration par la marche au travers de ce territoire, les photographies seront réalisées à la chambre puis en tirages platine. Le projet sera accompagné d’un carnet de route qui retracera les errances de l’artiste.

Ericka Weidmann
Après des études d'Arts Appliqués et de photographie, elle rejoint un magazine en ligne consacré à la photo en tant que directeur artistique, poste qu'elle occupera pendant 10 ans. En 2010, elle s'installe comme DA en indépendant. En parallèle, elle devient responsable éditorial pour Le Journal de la Photographie et c'est en septembre 2013 qu'elle co-fonde le quotidien L’Oeil de la Photographie pour lequel elle est rédactrice en chef jusqu'en septembre 2016 avant de fonder 9 Lives magazine ! Ericka Weidmann est également journaliste pigiste pour d'autres médias.

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