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Esther Woerdehoff est notre invitée de la semaine (lire son portrait publié lundi 5 juin), à l’occasion de sa carte blanche, la galeriste partage avec nous sa réflexion sur la tri en photographie. Que faire de toutes ses photos, que garder, que jeter ? L’occasion également de parler du livre « The longer I look » de Christian Vogt…

De plus en plus je suis sollicitée par des photographes en fin de carrière  : que dois-je faire avec mes photos ?
Souvent la famille ne s’y intéresse pas, la galerie veut bien garder les deux trois sujets qui ont marqués leur nom, mais tout le reste du stock, les négatives, les tirages, les oeuvres encadrées… Bonne question : que faire avec ses photos ?

Pas toutes les photos valent la peine d’être conservées.
Il faut savoir trier. Qui trie jette. Mais pas dans la boîte de conservation à coté. Jeter = mettre à la poubelle !

Le photographe Christian Vogt a publié un nouveau livre, intitulé « The Longer I look ».  Je ne pas encore vu ce livre, mais je l’aime déjà. Car justement il a décidé de trier.
Christian aussi m’avait posé, il y a quelque mois, la question sur son fonds photographique. Mais avec finesse : « Il y a deux solutions: soit je les mets dans la poubelle, soit tu me proposes autre chose. » 
L’histoire de poubelle, vraiment, elle ne m’a pas choqué. Et Christian, je savais qu’il était sérieux.

Pourtant, Christian Vogt est quelqu’un d’important sur la scène de la photographie en Suisse. Il a une longue et belle carrière de photographe de publicité derrière lui, et a eu, comme photographe artiste, des expositions dans le monde entier. J’aime particulièrement ses notes photographiques, une combinaison d’image et de textes.

A propos poubelle : j’ai eu la chance de passer la semaine dernière avec l’éditeur Steidl pour constater que lui aussi prend la poubelle comme une chance de se libérer, de faire de la place. Il jette, avec élan et joie, à la poubelle ce qu’il juge de passé : vieilles maquettes, livres non vendus, des notices une fois discutées. 

Jeter, ça libère.
Ca fait de la place.
Une place vide est un lieu d’inspiration.
Une page blanche. Une table débarrassée. 
Jeter est un acte de détoxication. On redémarre avec une énergie neuve.

Nous sommes fin printemps et dans la période de nettoyage.
J’en profite moi aussi pour vider les tiroirs de la galerie, rendre les oeuvres, souvent stockées pendant des années, à leur artistes. Donc deux fois par jour, marche à la poste pour envoyer les tirages à leurs auteurs !

Et eux, les photographes, que vont-ils faire ensuite avec ?

Christian Vogt a fait, à l’âge de 70 ans, un tri radical.
Un concentration de sa vie de photographe en réunissant non pas les meilleures images, mais les images, dit-il, qui lui ont permis d’aller plus loin dans sa démarche photographique. 

Ce sont 380 photos.
Et les milliers d’autres images, sont-elles déjà parties à la poubelle ?
Il me le dira la semaine prochaine. 
Son travail est exposé à notre stand à Photo Basel du 14 au 18 juin. 
Le livre sera disponible aussi.
Je ne l’ai pas encore vu, mais je sais déjà que je l’aimerai.

INFORMATIONS PRATIQUES
• Photo Basel
Stand Galerie Esther Woerdehoff
Du 14 au 18 juin 2017
Volkshaus
Basel
http://www.photo-basel.com
The longer I look
Christian Vogt
Edition Scheidegger & Spiess, 2017
264 pages, 380 Images
27.5 x 20 cm
ISBN 978-3-85881-791-4
Prix 70 euros
http://www.scheidegger-spiess.ch
http://www.christianvogt.com

http://www.ewgalerie.com

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