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Pour sa deuxième carte blanche, notre invitée de la semaine, Jeanne Mercier, co-fondatrice et rédactrice en chef d’Afrique in Visu, a souhaité nous parler de Mohau Modisakeng, un artiste sud-africain qu’elle a découvert en 2016.

Pour moi cela a vraiment été un choc esthétique. Dans ses vidéos et photographies, il a fait de son corps un symbole de la mémoire collective. En particulier deux vidéos sont pour moi des chefs d’oeuvre :  La première la vidéo Inzilo, du mot zoulou signifiant « deuil » ou « jeûne », évoque la mort de son grand frère Sthembiso. Les yeux clos, les bras en croix, devant une chaise noire, uniquement vêtu d’un pantalon et d’un chapeau noirs, il exécute un rituel de deuil en s’asseyant, debout et tournant légèrement, tout en jetant en l’air une substance cendrée. Les gros plans sur son corps suggèrent l’effusion d’une peau, comme si ses membres se réduisaient en cendre tandis que le rituel se poursuit. Modisakeng accomplit un rite de passage élaboré dans lequel l’initié semble dessiner le matériau pour sa transition à partir de son propre corps. La deuxième, a été présentée en mai dernier au pavillon sud-africain à la Biennale de Venise avec Candice Breitz. « Passages » :  C’est une projection vidéo de 18 minutes sur trois écrans. Chacun dans une barque,  trois voyageurs sud-africains transportent un objet personnel, voguent, pataugent dans les eaux ou essayent de débarquer. En Setswana, la vie est appelée botshelo, ce qui signifie « un passage », et les êtres humains sont appelés bafeti, ou les voyageurs. Cette œuvre est d’une force symbolique immense : une vision de l’existence suggèrant que toutes les expériences sont transitoires.

http://www.mohaumodisakeng.com

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