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David Sauveur par Ulrich Lebeuf

Temps de lecture : 1 minute et 41 secondes

Cette semaine se déroule, devant la Cour d’Assises de Perpignan, le procès des agresseurs de David Sauveur (voir l’article publié le lundi 12 décembre). Aujourd’hui, c’est le photographe Ulrich Lebeuf, membre de l’agence MYOP, qui partage avec nous ces quelques lignes.

 » Un Mojito s’il te plaît !!
Nous étions dans un petit bar de Biarritz, à l’occasion d’une des premières éditions du festival Biarritz Terre d’images organisé par Claude Nori. J’étais avec mon pote Polo, c’était l’époque du collectif Odessa. À cette époque, nous étions plus doués pour le côté festif des festivals photo que pour les inaugurations officielles.
Un Mojito s’il te plaît !! Un dernier. Il faut qu’on aille au casino pour l’inauguration du festival.
C’est ce soir là que j’ai rencontré David pour la première fois, dans ce petit bar, à Biarritz. C’est ce soir là, que pour la première fois j’ai dû me mettre sur la pointe des pieds pour parler à un pote, pas évident quand on a déjà quelques verres à son actif!
Je ne sais plus exactement ce que l’on s’est raconté, on a dû refaire un peu le monde, ou en tout cas au moins le coin de ce petit bar. David exposait à Biarritz son travail SX70 Polaroïd sur Jérusalem; nous découvrions aussi Frederic Lebain, lui nous présentait ses vacances avec Olga. Bordel pour le tout jeune photographe que j’étais : pourquoi ces deux mecs s’emmerdent-ils à faire des photos avec des appareils précaires… David travaillait déjà à ce moment-là, dès ses premiers boulots, sur la question de la forme et du fond. Bon un dernier Mojito et on y va !! Parce que nous on doit y aller y’a inauguratioooon »
C’est à ce moment-là que nous nous sommes rendus compte que nous tentions d’aller au même endroit en utilisant les mêmes outils, que nous partagions cette même passion de raconter des histoires, parfois comme ce soir, en se parlant dans un bar, et très souvent avec notre appareil photo. Ce soir-là nous n’avons pas parlé photographie et nous n’avons réalisé qu’à la fin de notre soirée de marin, à la sortie du bar, que nous étions photographes invités dans le même festival.
Nous devions absolument nous rendre au Casino. Vous êtes déjà allé au Grand Casino de Biarritz ? Et bien moi oui, une fois, saoul comme un cochon avec Polo, Fred et David, et il n’a pas été simple d’expliquer à l’agent de sécurité que le petit blond frisé là, et le grand toujours si souriant, bah c’était eux les artistes. « PC sécurité des individus suspects devant moi me disent que ce sont des artistes »
C’est sur cette phrase que notre amitié a été scellée, je crois que depuis ce jour, il était de tradition avec David de se croiser sur différents festivals et de partager un verre ensemble, à refaire le monde.
Cette année là à Visa j’ai bu des Mojitos sans toi David… »

Ulrich lebeuf