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Carte blanche à Marc Pussemier : le métier d’agent de photographes

Temps de lecture : 1 minute et 15 secondes

Pour sa première carte blanche, notre invité de la semaine, le libraire Marc Pussemier, revient sur son métier d’agent, qu’il a exercé durant 25 ans, avant de se consacrer à l’édition photographique. Il a d’ailleurs participé à la création de l’association des Agents Associés pour défendre la profession et faire respecter le droit d’auteur.

J’ai commencé ce métier en 1981 après quelques années passées chez Kenzo, en étant l’assistant de Barbara Schläger, une très grande agente de l’époque.

Nous représentions une belle brochette de photographes de mode parmi lesquels Toscani, Steve Hiett, Arthur Elgort. Je suis resté dans cette agence jusqu’en 1987 que j’ai quittée pour fonder ma propre affaire qui est devenue Trademarc. J’ai continué dans la mode qui dans les années 80 était très riche.

J’ai eu la chance de représenter des photographes tels que Helmut Newton, Pierre Berdoy, Bruno Bisang et une femme que j’aimais beaucoup, Miep Jukkema décédée trop tôt il y a quelques années. Je préparais les prises de vues et engageais des équipes de coiffeurs, maquilleurs et de stylistes sans oublier l’organisation de castings et l’élaboration des devis techniques. Tous les jours étaient différents. On nous demandait l’impossible, trouver des coccinelles en hiver, un tigre vivant et le mannequin qui voulait bien poser avec l’animal, ou le sosie d’Henri Miller.

Les rapports avec les agences de pub était plus ouverts que de nos jours. On vous appelait pour vous présenter des maquettes Si celles-ci ne correspondaient pas au travail de vos photographes vous pouviez suggérer un photographe chez un autre agent. Impensable aujourd’hui ! De nos jours on vous impose beaucoup de contraintes pour peu d’argent. C’est une des raisons qui m’ont fait quitter ce métier. Les commerciaux avaient pris le pouvoir. Et l’arrivée du numérique. « Ce n’est pas grave, on va retoucher » est une phrase que j’ai beaucoup entendue. C’était presqu’une injure à nous qui mettions un point d’honneur à donner des images argentiques irréprochables !

J’ajouterai enfin qu’avec quelques confrères, nous avons posé les bases de l’association des Agents Associés pour défendre notre profession et faire respecter le droit d’auteur.