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Partager Partager L'Invité·ePhoto Carte blanche à Guillaume Piens : Serguei Prokoudine-Gorski au palais de Nourala Bey La Rédaction10 juin 2020 Pour sa deuxième carte blanche, notre invité de la semaine, le commissaire général d’Art Paris, Guillaume Piens nous emmène en Ouzbékistan. Il revient en particulier sur l’exposition d’un des pionniers de la photographie russe Serguei Prokoudine-Gorski qu’il a découvert en 2019 au palais de Nourala Bey. Durant ces 55 jours de confinement, ce qui m’a le plus affecté a été certainement l’interdiction de déplacement, l’arrêt des voyages. La mi-avril est toujours pour moi le moment de l’envol vers un ailleurs. Cet ailleurs s’est converti depuis trois ans en une exploration des routes de la soie, l’Iran d’abord et puis l’Ouzbékistan et cela devait être en avril dernier le Kazakstan, évidemment annulé. Mes rêveries me ramenaient souvent à mon voyage en Ouzbékistan en avril 2019 : l’arrivée à Nokous, ville nouvelle en plein désert du Kyzylkum (le désert rouge), le départ pour Moynak, ancien port du Sud de la mer d’Aral et cimetière de bateaux échoués sur le sable comme un avant-goût photogénique de la catastrophe, le cheminement à travers les champs irrigués vers Khiva qui était autrefois l’ultime étape des caravaniers sur la route de la soie avant de traverser le désert du Karakoum (le désert noir) en direction de l’Iran. Cette ville oasis était également un important centre culturel avec de nombreuses mosquées et palais. Le palais de Nourala Bey abritait une exposition dédiée à Serguei Prokoudine-Gorski (1863 – 1944), l’un des pionniers de la photographie russe qui a laissé un témoignage unique sur les provinces de l’empire au début du XXe siècle et entre autres celle du khanat de Khiva, devenue protectorat russe depuis 1873. Mon regard ébloui se figea sur le portrait d’Asfandian Khan, le dernier souverain de la dynastie ouzbèke des Koungrates projeté sur un écran trop court que festonnaient les stucs dorés du palais. Le regard mélancolique de ce souverain résumait à lui seul la fin d’un monde, celui du monde de la steppe, des tribus turkmènes indomptées pendant des siècles, le basculement dans un autre siècle marqué par le communisme qui allait précipiter sa chute*. *Asfandian Khan fut tué par les Soviets en 1918 Marque-page0
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