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La photographe Marina Gadonneix, lauréate du Prix Niépce 2020

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Le Prix Niépce 2020 Gens d’images vient d’être attribué à la photographe Marina Gadonneix. La candidature de la lauréate avait été soumise et parrainée par Laetitia Guillemin, iconographe, professeur et commissaire d’exposition. Ce prix souffle cette année ses 65 bougies, il récompense un photographe confirmé français, ou vivant en France, de moins de 50 ans. Le travail de Marina Gadonneix sera exposé à Angers en janvier prochain.

Le Prix Niépce est soutenu par la Bibliothèque nationale de France et placé sous le patronage du ministère de la Culture. Depuis 2016, il bénéficie du mécénat de Picto Foundation qui récompense le lauréat d’une dotation de 10 000 € en numéraire et en compétences. Depuis 2019, la dotation du prix se complète du soutien de The Eyes Publishing qui édite un livre d’artiste à 300 exemplaires et de l’ADAGP qui offre 6 000 € au lauréat et 4 000€ consacrés à l’organisation du Prix et à sa communication. Le lauréat bénéficie également d’une présentation de son travail lors d’un Atelier Gens d’Images, d’une exposition à la Galerie Dityvon de l’université d’Angers en janvier 2021 et d’une acquisition de ses oeuvres par la Bibliothèque nationale de France.

J’ai toujours été fascinée par les artistes qui interrogent la représentation, qui proposent des énigmes photographiques, là, devant nos yeux. La découverte du travail artistique de Marina Gadonneix m’a tout de suite convaincue, tant elle surprend par sa démarche, invente, interpelle …
Dans la famille des grands artistes tel que Jan Dibbets (auquel elle se réfère dans l’un de ses projets 4 heures, Intervalles), ou encore Ugo Mulas, Joseph Kosuth, Marina Gadonneix creuse un sillon. Elle explore l’image ; outil d’expérimentation, entre fiction et témoignage, mais aussi refuge de l’imagination du spectateur.
Tous ses projets artistiques s’emboitent et forment un ensemble cohérent. Sa démarche d’artiste fonctionne comme une camera oscura dans laquelle l’image inversée révèle toute la puissance de l’imaginaire. Chaque projet renvoie à une réflexion sur le rôle de la photographie, ce qu’elle cache, ce qu’elle révèle. L’artiste se glisse dans la peau du chercheur. Rien n’est hasard ; derrière les photos abstraites, dépouillées, où la couleur se déploie, se loge un travail d’enquête approfondie sur la thématique explorée. Les images sont le résultat remarquablement esthétique d’un questionnement sur des thèmes liés à l’outil photographique, comme le temps: 4 heures, Intervalles (2017), le hors-champ : Après l’image (2014-2016), la lumière : Remote Control (2006), la couleur : Landscape (2009-2012) ; et liés à l’expérience scientifique, comme l’expérimentation, la prévention des accidents : Playground disorder ( 2012-2014), Phénomène ( 2014-2018), The House that Burns Every Day (2012). Pour arriver à ce résultat visuel, Marina Gadonneix se documente sur le sujet traité comme le ferait un journaliste ou un chercheur, un gros travail en amont qui permet cette précision dans le rendu artistique.
Chaque projet est également pensé comme un tout, un livre et/ou une exposition permettant au spectateur de se projeter dans cet univers poétique. Face aux images, nous sommes plongé dans un corps mobile où se juxtapose des mondes possibles. De l’absence à la présence, de l’invisible au visible, une frontière fragile se dessine que le spectateur tente de traverser. Notre mémoire, nos rêves éveillés ou enfouis se révèlent devant l’écran magique des images de Marina Gadonneix. A la croisée de l’art, de l’Histoire et de la science, les projets photographiques de l’artiste invite au voyage.
De l’espace de la représentation à l’espace de réception, Marina Gadonneix convie son spectateur dans la « chambre noire » de sa création et lui permet de vivre une expérience inédite où celui-ci dialogue avec l’artiste à travers les images.
Au début du siècle dernier, l’invention de la photographie a bousculé notre manière de regarder le monde. En un sens, les séries de Marina Gadonneix, bousculent à leur façon notre manière de comprendre le monde. J’espère sincèrement que vous serez sensibles à la démarche singulière de Marina Gadonneix et que comme moi, vous apprécierez cet étonnant voyage auquel elle nous convie.
– Laetitia Guillemin, septembre 2020

Marina Gadonneix est née en 1977 à Paris, où elle vit et travaille. Elle est diplômée de l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles en 2002 et représentée par la galerie Christophe Gaillard à Paris.
Ses oeuvres ont été exposées dans de nombreuses institutions, notamment aux Rencontres d’Arles en 2006, 2012 et 2019, au Centre photographique d’Ile de France en 2014, 2017 et actuellement dans le cadre de la trilogie «la photographie à l’épreuve de l’abstraction» (CPIF, Frac Normandie Rouen, Onde), à la Kunsthalle de Tubingen, au Point du Jour à Cherbourg, au musée de la Poste, ou encore au CEEAC de Strasbourg en ce moment «Prismes, Goethe, réflexions contemporaines».
Marina Gadonneix a été recompensée par le prix HSBC pour la photographie en 2006, puis en 2018 par le prix du Dummy Book Award de la Fondation LUMA et des Rencontres d’Arles pour le projet Phénomènes.
Parmi les publications qui jalonnent la chronologie de ses séries: Landscapes/Blackout (2011), The House that Burns Every Day (2012), After the Image (2015, remarquée par le Prix Nadar), Phénomènes (2019), toutes publiées par les éditions RVB BOOKS.

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Ericka Weidmann
Après des études d'Arts Appliqués et de photographie, elle rejoint un magazine en ligne consacré à la photo en tant que directeur artistique, poste qu'elle occupera pendant 10 ans. En 2010, elle s'installe comme DA en indépendant. En parallèle, elle devient responsable éditorial pour Le Journal de la Photographie et c'est en septembre 2013 qu'elle co-fonde le quotidien L’Oeil de la Photographie pour lequel elle est rédactrice en chef jusqu'en septembre 2016 avant de fonder 9 Lives magazine ! Ericka Weidmann est également journaliste pigiste pour d'autres comptes.

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