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Les crimes passionnels n’existent pas, récits de féminicides par Arianna Sanesi aux éditions D’une rive à l’autre

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Être une femme c’est connaître dans sa chair, cette sensation de vulnérabilité et de peur ressenties dans les espaces publics ou privés. Etre une femme c’est aussi parfois craindre pour sa vie au sein de son propre foyer. En France, en 2019, 146 femmes ont été tuées par leur compagnon ou ex-conjoint, et si le chiffre a quelque peu reculé en 2020, avec 111 décès, cela reste toujours 111 crimes de trop. Dans le monde, une femme sur trois est victime de violences physiques ou sexuelles. Et selon l’ONU*, la moitié des femmes assassinées l’ont été par leur compagnon ou des membres de leur famille. La photographe italienne Arianna Sanisi et les deux historiens Lydie Bodiou et Frédéric Chauvaud viennent de publier “Les crimes passionnels n’existent pas” aux éditions D’une rive à l’autre.

Le point de départ de ce travail remonte à 2015, lorsque la photographe d’origine italienne, Arianna Sanisi, entame un travail sur les féminicides en Italie. Elle choisit de l’intituler “I would like you to see me”. Pendant longtemps, les états n’ont pas pris en compte la singularité de ces crimes, et lorsque l’on choisit de ne pas voir la réalité et de cacher ce qu’il se passe au sein du cercle intime, familial, il ne nous reste plus qu’à compter les victimes. Ces dernières années, la conscience s’est éveillée, ces crimes que l’on a trop longtemps qualifiés de passionnels auraient pu être évités. Car combien de femmes assassinées avaient alerté les autorités ?
La photographe est donc partie à la rencontre de ces familles endeuillées, dans l’espoir que leur fille ou leur sœur ne tombe pas dans l’oubli. Arianna Sanisi a traversé l’Italie pour raconter l’histoire de ceux·elles qui continuent de vivre avec ce terrible deuil.

« Le passé regorge de femmes assassinées seulement en raison de leur sexe. Toutefois, le crime n’était pas saisi dans sa singularité, […] il faut donc replacer le phénomène en perspective. Si des femmes ont été brutalisées, violées, réduites en esclavage, torturées, tuées depuis des siècles, les logiques de leur mise à mort sont spécifiques : elles ne sont pas tuées de la même manière que les hommes, ni avec la même intensité ni avec une ampleur similaire. » Extrait du texte de Lydie Bodiou et de Frédéric Chauvaud


C’est grâce à sa rencontre avec deux historiens Lydie Bodiou et Frédéric Chauvaud, que le projet d’ouvrage commence à s’esquisser. Les textes, les témoignages et les images vont ainsi entrer en résonance pour composer un dialogue, afin d’apporter un éclairage essentiel sur un phénomène qui touche l’ensemble de notre société : les violences conjugales et les féminicides.
Patrick Rollier, de la toute jeune maison d’édition D’une rive à l’autre, souhaite réaliser l’ouvrage. Les crimes passionnels n’existent pas est son troisième livre, depuis sa création en 2019. L’objet offre deux sens de lecture par deux cahiers reliés. Le premier vient décrypter ces violences et ces crimes dans notre société avec les textes des deux historiens, entrecoupés de photographies d’objets illustrant des témoignages glaçants. Des objets et des situations du quotidien qui font prendre conscience d’une mécanique récurrente opérée par des maris ou des ex-compagnons. La femme devient alors entièrement asservie face à celui qui souhaite la posséder. La violence psychologique, physique et sexuelle, entraine en France, tous les 3 jours, la mort.
Le second cahier présente les photographies d’Arianna Sanesi, une par double page, des détails, des portraits, des objets… avant de finir sur l’histoire des victimes. Des femmes de tout âge, des crimes qui se sont déroulés hier, ou il y a 21 ans… Avec ce dénominateur commun que toutes ont été tuées parce qu’elles sont nées femmes.

INFORMATIONS PRATIQUES
Les crimes passionnels n’existent pas
Photographies : Arianna Sanesi
Textes : Lydie Bodiou & Frédéric Chauvaud
Editions D’une rive à l’autre
Parution 26 janvier 2021
17×24 cm
84 pages
ISBN : 978-2-9569409-2-0
30 € TTC
https://www.editionsdunerivealautre.com/

*Chiffres pour l’année 2017.

Ericka Weidmann
Après des études d'Arts Appliqués et de photographie, elle rejoint un magazine en ligne consacré à la photo en tant que directeur artistique, poste qu'elle occupera pendant 10 ans. En 2010, elle s'installe comme DA en indépendant. En parallèle, elle devient responsable éditorial pour Le Journal de la Photographie et c'est en septembre 2013 qu'elle co-fonde le quotidien L’Oeil de la Photographie pour lequel elle est rédactrice en chef jusqu'en septembre 2016 avant de fonder 9 Lives magazine ! Ericka Weidmann est également journaliste pigiste pour d'autres médias.

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