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Partager Partager Actu Art ContemporainOtherSide La Fondation Gulbenkian (Lisbonne et Paris), fabrique de rêves pour Mathieu Copeland Marie-Elisabeth De La Fresnaye30 octobre 2017 Connu pour s’affranchir du cadre habituel de l’exposition Mathieu Copeland (né en 1977. vit à Londres) au fil de ses projets (Centre Pompidou, MAC de Lyon, Synagogue de Delme, Kunsthalle de Bern..) place le visiteur face à un vide qu’il doit dépasser à travers des œuvres mouvantes et activables qui nécessitent toute son acuité. Des partitions lues, parlées ou chorégraphiées qui trouvent dans les espaces blancs immaculées de la Fondation Gulbenkian à Paris une résonnance bien particulière, un passage et non une fin en soi. Cette radicalité part d’un phénomène bien sensible, celui du rêve et en l’occurrence celui de Mathieu Copeland dans le merveilleux jardin de la Fondation à Lisbonne. « L’exposition d’un rêve » s’orchestre comme un mandala mental à partir de 12 rêves, transposés en musique par le compositeur et performeur allemand FM Einheit puis interprétés par les chanteurs du Chœur Gulbenkian dans deux des amphithéâtres de la fondation Gulbenkian à Lisbonne, et refondus suivant des formes de mandalas dessinés par des artistes. Le spectateur parisien est alors invité à capter de tout son être ces traces chimiques et éphémères et à compléter cette équation où cet évènement d’essence immatérielle, cette performance de rêves, se cristallise. L’exposition et le rêve se contaminent mutuellement selon le principe de la polyphonie. Comme le déclarait Yoko Ono : « Un rêve que l’on rêve seul peut être un rêve, mais un rêve que deux personnes rêvent ensemble est la réalité ». Le spectateur est aidé en cela par le libretto de l’exposition, le 3ème temps en quelque sorte (après l’enregistrement et la composition) qui s’inscrit dans le catalogue, autre matériau dont les contours sont également questionnés par le commissaire. Parmi les rêves originaux et tous les mandalas reproduits dans le catalogue penchons nous sur l’œuvre ultime de l’artiste portugais José de Almada Negreiros, chef de fil des avant-gardes, ce mural à l’entrée de la fondation à Lisbonne, qui forme un pentagramme à la fois abstrait et magnétique. Philippe Decrauzat à partir d’une réplique d’une étoile qui orne la tombe d’André Breton au cimetière des Batignolles, convoque dans le dessin le polyèdre aux 24 facettes décrit par Luca Pacioli en 1509. La chorégraphe Myriam Gourfink au MUAC de Mexico à partir du souffle, de la concentration et de la lente mastication imagine une matière dansée qui se décline à chaque lieu. Elle fusionne ici quatre partitions l »‘Espace souffle, l’Espace force, l’Espace personne et l’Espace air », comme elle le décrit dans le précieux catalogue. Olivier Mosset avec le « Shapped canvas » s’inscrit dans une critique du format traditionnel du tableau. Les shapped canvas rectangulaires ou carrés signent un retour au monochrome débarrassé des contraintes du modernisme pour choisir une orientation libre et déterminée selon les occasions. Eduardo Terrazas à travers les « Cosmos » nous offre une occasion de jouer à travers cette fragmentation du carré magique tel que celui de la mélancolie de Dürer, comme il l’explique dans le catalogue. Nous trouvons également le texte fondateur de Dan Graham « le jardin comme théâtre comme musée » d’où découle sa conception des pavillons héritée de la Renaissance, où le spectateur est l’acteur indispensable de l’ activation de l’oeuvre. Ainsi avec « Passage intime »conçu en parois convexes et concaves de verre semi-réfléchissant, les gens qui s’y engagement perçoivent leur distorsions et leurs corps qui se frôlent induisant un contact physique furtif. Il est à noter que le design du catalogue s’intègre à la même ligne que la collection « Textos Classicos » de la Fondation Gulbenkian devenue elle-même matériau de possibles. Un parti prix audacieux mais qui fonctionne si l’on prend le temps de lâcher prise et quitter ses repères habituels face au contexte d’exposition. Avec : Les rêves de Gabriel Abrantes, Genesis Breyer P-Orridge, FM Einheit, Tim Etchells, Alexandre Estrela, Susie Green, David Link, Pierre Paulin, Emilie Pitoiset, Lee Ranaldo, Susan Stenger et Apichatpong Weerasethakul Interprétés par FM Einheit avec Volker Kamp, Robert Poss, Susan Stenger, Erika Stucky, Saskia von Klitzing et les chanteurs du Choeur Gulbenkian Joués à travers les Mandalas de José de Almada Negreiros, Philippe Decrauzat, Myriam Gourfink, Olivier Mosset et Eduardo Terrazas. INFOS PRATIQUES : L’exposition d’un rêve Jusqu’au 17 décembre 2017 Fondation Gulbenkian, Délégation en France 39 bd de la Tour Maubourg 75007 Paris Programmation en résonnance : rencontre avec Francisco Tropa, colloque avec la bibliothèque en partenariat avec l’université de Zurich »l’architecture du livre d’architecture »,conversation entre les artistes Filipa César et Louis Henderson. https://gulbenkian.pt Site du commissaire : http://www.mathieucopeland.net/ Marque-page0
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