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Carte blanche à Sylvie Grumbach : Jean-Paul Goude

Temps de lecture : 1 minute et 32 secondes

Pour sa seconde carte blanche notre invitée de la semaine, la fondatrice de l’agence de relation presse et de communication 2e Bureau, Sylvie Grumbach partage avec nous l’un de ses photographes coup de cœur, il s’agit de Jean-Paul Goude.

Pour moi Jean-Paul Goude, « locomotive en publicité », génial « faiseur d’images » est avant tout un citoyen du monde, j’aime l’amour qu’il a pour les gens de toutes les races et de toutes les couleurs, son approche avant-gardiste des ethnies et son ouverture aux différences qu’il a puisé dans son enfance, à Saint-Mandé, auprès d’un père français ingénieur et d’une mère américaine et danseuse, elle avait eu un franc succès à Broadway avant-guerre.
Nous nous sommes connus avant mes années Palace, mais assez peu. En fait, nous avons commencé à travailler ensemble à son retour de New-York. Il cherchait quelqu’un pour faire la promotion de son livre Jungle Fever et c’est naturellement qu’il est venu me voir. A l’époque 2e BUREAU était agent d’Helmut Newton, de Dominique Issermann, Max Vadukul etc et nous avons commencé à travailler avec lui sur « l’image fixe ».

Evidemment j’adorais son travail sur les ektas, cette manière d’étirer, de redessiner les silhouettes à sa convenance. C’était des nouvelles images, du jamais vu, photoshop avant l’heure. Jean-Paul n’est pas un photographe, c’est un artiste, un touche-à-tout génial qui dessine son monde et le sculpte à sa façon. Frédéric Mitterrand l’appelait le lutin sautillant, avec ses épaulettes sous ses tee-shirts et ses talonnettes pour gagner des centimètres. Son désir de tout améliorer, de rendre beau tout le monde avec sa « French correction » est fascinant. Et comment ne pas aimer ses films de pub, ses « réclames » comme il aimait à dire, qui sont de véritables dessins animés, absolument intemporels, comme celui des voleurs de couleurs pour Kodak, Egoïste pour Chanel ou celle de la CX de Citroën avec Grace Jones. Il dessine tous ses scénarios et a un trait très reconnaissable, coloré, joyeux. Il y met son optimisme et sa démesure.

Quand je parlais de locomotive tout à l’heure, il y avait une petite allusion à sa rétrospective au Musée des Arts Décoratifs… Là aussi, tout était sublime et sublimé. Cette grosse machine lorsqu’on entrait dans la première salle donnait toute la mesure de l’exposition, de l’ultra, de l’extra, de l’extrême dans toutes ses compositions.

J’aime Jean-Paul, pour son être: ouvert, inventif et inventeur, gai et passionné, par son travail. Il a gardé son imaginaire d’enfant, l’a fait basculer dans notre réalité, pour mon – notre plus grand plaisir.

http://www.jeanpaulgoude.com