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Partager Partager L'Invité·ePhoto Carte blanche à Georges Rousse : Le Voyage La Rédaction15 avril 2020 Pour sa deuxième carte blanche, notre invité de la semaine, le photographe Georges Rousse nous parle de voyage. Des pérégrinations qui ont rythmé sa vie personnelle et sa production artistique. C’est à partir du début des années 80, après avoir été sélectionné à la biennale de Paris que tout a commencé pour Georges Rousse : l’ouverture à l’international. Il est invité aux quatre coins du monde pour réaliser des œuvres dans des lieux uniques. Lisbonne le 13 02 2019. Il y a pour moi tant de manière de voyager, à travers la littérature, à travers les arts, à travers l’objectif de l’appareil photographique autrement qu’en se déplaçant physiquement. Mais ma vie, mon travail sont liés au voyage. Depuis ma naissance accidentelle à Paris et quelques jours après, mon arrivée à Coblence en Allemagne, je vécus dans d’autres villes au gré des garnisons de mon père militaire. Je souffris dans l’adolescence de cette absence de racines. Alors que mes compagnons d’école étaient, niçois, breton, lorrain, je me sentais de nulle part. En 1982 après une exposition à Nice, je fus sélectionné à la biennale de Paris. Et tout a commencé là. J’ai été immédiatement invité en Australie, aux USA, dans l’Europe entière, au Moyen Orient, dans de nombreux pays d’Asie pour réaliser de œuvres dans des lieux improbables. Quelle leçon de partage formidable d’aller ainsi sans attache particulière travailler à l’étranger ; mon atelier était partout, se dessinant chaque fois différent et riche des rencontres de ces autres contrées, de la découverte d’autres cultures. Finalement mes attaches furent l’art, le voyage, l’ailleurs, l’autre et, la photographie qui me permet de regarder le monde et qui est aussi mon outil de travail. Le voyage commence bien avant le déplacement avec l’imaginaire que l’on se crée par la littérature. Avant mon premier séjour au Japon j’avais lu l’éloge de l’ombre de Tanizaki. Les images formées dans mon esprit à cette lecture trouvèrent immédiatement une adaptation. Le bâtiment où je devais travailler, un des rares à avoir résisté au tremblement de terre de 1925, allait être démoli les jours suivants. Dès mon atterrissage à Tokyo je fus conduit dans le lieu et mon installation commença aussitôt. Quand je prends cette photo à Lisbonne en février 2019, Fernando Pessoa, sa ville, sa poésie sont en fond de scène. Là je cherche une sorte d’idéal entre architecture, ombre et lumière divine. https://www.georgesrousse.com/ Marque-page3
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