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Cette semaine, dans notre rubrique consacrée aux photographes, nous partageons avec vous la série « La Divine Tragédie » de la photographe française Gaëlle Magder. Depuis la mise en confinement pour faire face à la pandémie du covid-19, Paris montre un visage que peu ont vu. Une ville presque entièrement déserte. Et qui le restera au moins jusqu’au 11 mai prochain.

J’ai vu…
J’ai vu Paris. Paris vidée de ses habitants, les rues désertes comme un décor de théâtre après le spectacle. Quand tout le monde est parti, quand il n’y a plus personne. J’ai aussi vu des SDF abandonnés au milieu de ce rien. Pas confinés eux.
J’ai senti…
J’ai senti l’odeur de la ville, mais pas celle de d’habitude. Cette fois-ci, il n’y avait pas l’odeur des pots d’échappement, l’odeur des kebabs, l’odeur d’urine…
J’ai entendu…
J’ai entendu les oiseaux chanter. Ceux qu’on n’entend pas d’habitude. Ceux de la place de l’Étoile, de la place de la Concorde. J’ai aussi entendu les feuilles mortes qui roulent sur l’asphalte et les pas de quelques joggeurs égarés.
J’ai touché…
J’ai touché… Non, je n’ai pas touché. Ça, on a pas le droit. Ou plutôt si, j’ai touché : le déclencheur de mon appareil photo. Besoin de témoigner, de raconter. C’est mon métier après tout.
J’ai goûté…
J’ai goûté à cette sensation à la fois angoissante et grisante d’être seule au milieu de ce vide. J’ai tenté de retranscrire cette ambiance lourde et sombre dans mes images. Un grain fort aussi comme pour symboliser ce fichu virus qui a envahi l’espace.

Gaëlle Magder découvre la photographie à l’âge de huit ans lorsque ses parents lui offrent son premier appareil photo Kodak à disques. Se succéderont ensuite plusieurs boîtiers de plus en plus perfectionnés, avec lesquels elle expérimente en noir et blanc avant de s’emballer pour la couleur.
Quelques années plus tard, en 2001, elle sort diplômée de l’école Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Elle se passionne pour le documentaire et s’intéresse plus particulièrement à l’humain et sa place dans la société.. Elle collabore pendant longtemps avec la presse et l’édition, en parallèle d’expositions de travaux personnels.
Puis elle fait deux beaux enfants et met sa carrière un peu entre parenthèse, avant de créer l’Atelier Diptik, photographie d’auteur au service des entreprises.
Aujourd’hui, le confinement, dû au Coronavirus, l’amène à créer de nouvelles séries personnelles dont La Divine Tragédie.

http://www.gaellemagder.com
http://www.atelierdiptik.com
Instagram : @gaellemagder

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Comment participer ?
Pour soumettre votre travail à la rédaction, il vous suffit d’envoyer à info@9lives-magazine.com

• Une série composée de 10 à 20 images. Vos fichiers doivent être en 72DPI au format JPG avec une taille en pixels entre 900 et 1200 pixels dans la plus grande partie de l’image ;
• Des légendes (si il y a) ;
• Un texte de présentation de votre série (pas de format maximum ou minimum) ;
• Une courte biographie avec les coordonnées que vous souhaitez rendre public (site web, email, réseaux sociaux…)

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