Les Femmes s’exposent 2020 : Rencontre avec Christine Spengler

1363 Views |  1
Temps de lecture : 1 minute et 37 secondes

La semaine dernière, nous avons reçu comme invitée Béatrice Tupin, fondatrice du festival Les Femmes s’exposent. Une troisième édition qui s’est tenue contre vents et marées à Houlgate dans un contexte de crise sanitaire et de changement de couleur politique lors des municipales. Cette édition 2020 a donc bel et bien eu lieu avec Christine Spengler comme marraine de l’événement. Alors que les expositions sont encore visibles jusqu’à la fin de la semaine, notre critique Pascal Therme partage avec nous sa rencontre avec Christine Spengler.

Dans le cadre d’une visite publique, la photographe et ancienne photoreporter de guerre Christine Spengler nous guide dans un voyage à travers ses clichés les plus emblématiques réalisées au Cambodge, en Irlande, au Tchad, en Afghanistan ou encore en Iran… Elle est la première femme photographe à être décorée des insignes de chevalier de La Légion d’honneur en 2009, deux ans après avoir été nommée en 2007 chevalier des Arts et des Lettres.

Photographie de Christine Spengler en Irlande du Nord en 1987
Jeune fille lors d’une procession funéraire catholique en Irlande du Nord.
Une jeune fille tenant un drapeau noir marqué d’une croix blanche comme symbole du catholicisme en Irlande du Nord attend dans une rue déserte, bloquée pour le défilé du cortège funèbre d’un membre de l’IRA.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le fait d’être une femme dans la guerre a toujours été un avantage pour moi. Même dans les situations les plus dangereuses – l’Iran de Khomeyni ou l’Afghanistan des talibans -, j’ai pu occulter mon appareil sous mon voile pour prendre des photographies qui auraient été interdites aux hommes. Pour exercer ce métier, il faut avoir le courage et la détermination d’un homme, pourtant mes photographies emblématiques je les ai prises avec mon cœur de femme…

Au Tchad, à l’âge de 25 ans, avec l’appareil photo qu’elle emprunte à son frère Éric, Christine Spengler découvre sa vocation en photographiant deux combattants Toubou armés de kalachnikovs qui, main dans la main, se dirigent au front. Elle décide d’apprendre son métier sur le terrain : « Je deviendrai correspondante de guerre pour témoigner des causes justes. » Pendant trois décennies, elle photographie en noir et blanc le deuil du monde. Avec son seul Nikon doté d’un grand angle 28 mm, elle couvre pour les plus grands magazines

Béatrice Tupin et Christine Spengler, Houglate 2020 © Pascal Therme

Les conflits majeurs du XXe siècle : Tchad (1970), Irlande du Nord (1972), Vietnam (1973), Cambodge (1975), Sahara occidental (1976), Iran (1979), Nicaragua et Salvador (1981), Liban (1982), Afghanistan (1997), Irak (2003). En 2016, elle publie de bouleversantes photographies de la « jungle » de Calais et de migrants sans-abri dans les rues de Paris.

À chaque retour de reportage, pour exorciser la douleur de la guerre, elle réalise des photographies lumineuses inspirées par son enfance madrilène et le musée du Prado ainsi que par le travail de sa mère, l’artiste surréaliste Huguette Spengler. « Avec ces photomontages colorés, j’ai trouvé le moyen d’abolir la barrière entre les vivants et les morts », précise Christine Spengler.

http://www.lesfemmessexposent.com/

INFORMATIONS PRATIQUES

ven07aou(aou 7)10 h 00 minven25sep(sep 25)18 h 00 min3ème édition Les Femmes s'exposent Organisateur: Les Femmes s'exposent Type d'événement:Festival,Photographie

X
X