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Partager Partager Pour sa seconde carte blanche, notre invitée de la semaine, Yasmine Chemali, directrice du Centre de la Photographie de Mougins, pousse un coup de gueule concernant la censure sur les réseaux sociaux. Les algorithmes de Facebook et Instagram suppriment toutes images de corps nus (généralement de femmes, les tétons masculins semblent eux, échapper à la règle). Sans surprise une image de Natasha Caruana, actuellement exposée à Mougins a subit les foudres du géant du net, une politique qui devient de plus en plus problématique ! Jenny Rova, ÄLSKLING / A self-portrait through the eyes of my lovers, installation in 2017 © Jenny Rova Hier, Instagram me demande ma date de naissance car elle influera sur le contenu des posts ou des publicités que je suis amenée à visionner sur mon fil d’actualité. Quoi encore ? Ces derniers jours, je vois défiler sur mon fil d’actualité Instagram plusieurs posts qui ont trait à la censure et je me mets en boule. Mon amie l’artiste Sirine Fattouh poste une photo de son œuvre « La vérité sortant du puits » (Truth Coming Out of Her Well), figurant en grandeur nature (résine 198 x 70 cm) l’artiste elle-même en référence à la « vérité nue ». Réinterprétation féministe d’une sculpture du même titre réalisée par l’artiste française Fanny Marc, la figure de Sirine Fattouh est une célébration de la forme féminine dans toute sa gloire et un hommage au corps menstrué. Facebook et Instagram censurent « The following item doesn’t comply with our Advertising Policies ». En même temps, ma collègue prépare un post pour communiquer sur l’exposition en cours au Centre de la photographie de Mougins : « L’amours toujours : » Jenny Rova + Natasha Caruana. Les tétons apparents de Jenny Rova deviennent un problème pour les algorithmes qui s’excitent. Que dit-on d’un torse d’homme, nu ? A-t-on le même réflexe désormais de cacher la poitrine ? Qui se cache derrière ces plateformes qui nous censurent ? N’a-t-on pas suffisamment à faire avec celles que nous vivons au quotidien ? Loin d’être fluide, la communication que l’on met en place devient contrôlée, répressive. Le 23 décembre c’était Gaze magazine qui tirait la sonnette d’alarme avec un coup de gueule que je reprends – car je ne leur ferai pas l’offense de les censurer à mon tour : « On savait déjà que la censure de Facebook était partout – depuis le premier jour de vie de Gaze sur les réseaux, on en fait les frais. Cette censure a pris des formes aussi multiples que pénibles, aussi nombreuses que créatives : suspension de notre compte, disparition de fonctionnalités, shadow ban, suppression de notre magazine de la market place…. Tout ça parce que nos images sont considérées par les robots de Facebook, et parfois les vraies personnes en charge de la modération, comme du contenu pornographique. Oui, même la couverture de notre nouveau numéro, qui ne présente même pas l’ombre d’un corps nu. Mais cette fois, ça va plus loin. Depuis plusieurs jours, la mise en avant de notre revue est bloquée pour cause de « contenu adulte ». On cherche le téton fautif, on cherche le bourrelet qui pourrait affoler les robots mais rien. Jusqu’à ce que Facebook nous dise que c’est notre site lui-même qu’il faut censurer. En cause : les prints en collaboration avec les artistes @adelinerapon, @joanna_wierzbicka et @ulladeventer présents sur notre e-shop. Ça y est : Facebook ne fait pas seulement la loi sur ses propres plateformes mais veut aussi policer la nôtre. Et donc, potentiellement, Internet tout entier ? En ce jour où nous faisons le désespérant geste de censurer d’une croix leurs photographies, on se rappelle à quel point il ne faut rien lâcher : avec 13 autres comptes Instagram, nous sommes à l’origine d’une assignation en justice visant Facebook, dans l’espoir d’obtenir une obligation de transparence sur ses modalités de censure. Soutenez vos comptes féministes préférés, ils en ont vraiment besoin. » INFORMATIONS PRATIQUES Centre de la photographie de Mougins43 rue de l’Église 06250 Mougins ven29oct(oct 29)10 h 00 min2022dim30jan(jan 30)19 h 00 minL’amour toujoursJenny Rova & Natasha CaruanaCentre de la photographie de Mougins, 43 rue de l’Église 06250 Mougins Détail de l'événementLe Centre de la photographie de Mougins est une institution dédiée à l’image fixe et en mouvement ouverte à toutes les formes de modernité photographique. Sa mission : soutenir la Détail de l'événement Le Centre de la photographie de Mougins est une institution dédiée à l’image fixe et en mouvement ouverte à toutes les formes de modernité photographique. Sa mission : soutenir la création et les artistes à travers la production, l’exposition, l’édition et l’accueil en résidence. Pour la deuxième exposition présentée, L’amour toujours, la photographie féminine est une nouvelle fois mise à l’honneur en invitant Natasha Caruana et Jenny Rova. Toutes deux nous présentent un travail s’appuyant sur leur récit personnel, issu d’expériences familières. Les photographes ne sont pas exempts de l’expérience sentimentale ! Qu’ils soient femmes ou hommes, tous partagent l’épreuve des relations amoureuses avec un partenaire, subissant, comme tout un chacun, le mystère du désir. Mais comment en parlent-ils aujourd’hui ? Et sont-ils à même de trouver une forme originale liée au support photographique pour décrire l’indescriptible ? Historiquement, si l’on exclut les portraits de l’être aimé, de l’autre désiré, de l’égérie-muse, les narrations de la vie de couple et la complexité des aventures de l’intime sont récentes. Et bien souvent, elles sont le fait de femmes photographes désirant inscrire leurs travaux dans le mouvement général des idées qui domine depuis les années soixante-dix. Jenny Rova et Natasha Caruana, clairvoyantes, n’ont aucune difficulté particulière à vouloir rendre compte de la question du commerce amoureux. Elles tentent une approche iconographique nouvelle à cet invariant humain, le fondement de toutes choses. Leurs oeuvres sont essentiellement une pensée en acte sur les sens, le corps sexué et les rapports entretenus par les deux sexes. Pour Jenny, le principal personnage des séries photographiques, la passion amoureuse domine et pour cela il faut accepter les conséquences d’une flamme ardente. Quant à Natasha, elle définit sa position par l’interrogation du regard masculin. Elle s’amuse, mais pas tant, de ce qui anime le désir du mâle. Nous voilà entraînés dans des univers où la fiction se confond avec l’autobiographie. Dates29 Octobre 2021 10 h 00 min - 30 Janvier 2022 19 h 00 min(GMT-11:00) LieuCentre de la photographie de Mougins43 rue de l’Église 06250 MouginsOther Events Centre de la photographie de Mougins43 rue de l’Église 06250 MouginsOctobre 10h → 19h Fermé les mardis Novembre → Janvier 13 h → 18h Fermé les lundis et mardis, 25 décembre et 1er janvier Centre de la photographie de Mougins Get Directions CalendrierGoogleCal Marque-page2
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