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Carte blanche à Sylvie Grumbach : Azzedine Alaia, sculpteur de féminité, malicieux pudique

Temps de lecture : 1 minute et 21 secondes

Pour sa quatrième et dernière carte blanche notre invitée de la semaine, la fondatrice de l’agence de relation presse et de communication 2e Bureau, Sylvie Grumbach partage avec nous son coup de cœur pour le créateur de mode Azzedine Alaia, leur toute première rencontre remonte à 1977.

Vous allez trouver mon dernier coup de cœur un peu passéiste mais il est vrai que je n’en trouve pas d’égal aujourd’hui.
J’ai aimé Azzedine dès ma première rencontre avec lui en 1977, deux ans avant qu’il fonde sa maison de couture. C’est Andrée Putman qui me l’avait présenté.
C’était un être malicieux, au caractère bien trempé. Il adorait faire des farces! Il était à part dans le monde de la mode. J’admire sa réussite, arrivé en France de Tunisie, seul, il est devenu un géant dans un univers très compétitif! Il aimait que les femmes se trouvent belles, il aimait leurs formes, il a créé des lignes qui semblaient être l’empreinte de leurs corps, sa formation aux Beaux-Arts de Tunis en sculpture n’en est sûrement pas étrangère. Et puis, il avait une connaissance des matières incroyable! Il savait les travailler, les modeler, les couper.
Il était intègre, il s’est constitué une large famille. Il aimait partager, il adorait nous recevoir dans sa cuisine, pour des repas mêlant les gens et les genres, tout le monde était logé à la même enseigne, quel qu’il – elle soit.
Il faisait ce qu’il voulait, quand et comme il voulait. Il trouvait les saisonnalités inhumaines et présentait ses collections quand elles étaient terminées, c’était aussi un anti-consumérisme, d’ailleurs ses vêtements sont intemporels – surtout ses tailleurs pour lesquels j’ai une vraie préférence -, plus que ses robes de « patineuse »…

C’était aussi un artiste, et un artiste qui aimait les artistes. Il les collectionnait, il a constitué plusieurs collections, une de mode, sublime, une des plus belles d’après Olivier Saillard, mais aussi une de design, à tel point qu’il a du disposé une partie des objets dans les chambres du petit hôtel attenant à sa maison de couture, une de photos, une de livres et une d’art, bien sûr!
Grâce à son association, son esprit est encore avec nous, il continue à nous faire partager la vie, et ça, il doit adorer!

https://www.maison-alaia.com/