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Cette semaine nous avons choisi de vous présenter le travail de la photographe libanaise Clara Abi Nader. A travers cette série de portraits, Clara interroge la féminité à travers des clichés réalisés à la volée dans les rues parisiennes, où les femmes prises de dos, ne dévoilent d’elles que le détail de leur chevelure… Venant rythmer un propos plus contextualisé, elle y ajoute des portraits et des témoignages sur la question de ce que c’est d’être une femme aujourd’hui, autour du symbole de la féminité que sont les cheveux. Sa série, toujours en cours de réalisation vient s’agrémenter de portraits de personnes transgenres et d’hommes…

Dans nos sociétés où les femmes succombent souvent à la chirurgie esthétique, j’essaie de trouver un lien commun entre nous, les cheveux, que représentent-ils ? Cette série a commencé à Paris parce que j’y habite. Il y a sûrement un effet culturel et social dû à la ville elle-même. Les personnes photographiées dans la rue ne sont pas nécessairement françaises ni parisiennes. L’anonymat au moment du déclenchement est crucial. Il y a dans ce geste une certaine symbiose entre mon acte et mon sujet.
Parallèlement à ces photos de rue, je poursuis cette étude en interrogeant d’autres candidat (es), chacun (es) avec une histoire à raconter, prise cette fois dans leur espace intime. Le travail est une sorte d’introspection, une autre façon de comprendre la femme d’aujourd’hui: qu’est-ce qui fait de nous une femme? Comment pouvons-nous faire face aux normes au sein d’une société lorsque nous sommes obligés de perdre l’un de nos traits féminins? Pouvons-nous avoir un aspect différent et être acceptés? Quel contexte culturel les cheveux ajoutent-ils à notre identité? Révèle t’il qui nous sommes, d’où nous venons? Qu’en est-il de l’âge, accueillons-nous tous nos cheveux blancs? Les cheveux longs ou courts sont-ils un signe de notre genre et de notre orientation sexuelle?
À travers ces questions et les personnes que je vais continuer à interviewer, mon espoir est de casser certaines de ces normes conventionnelles qui nous concernent tous, hommes ou femmes, où nous nous retrouvons la plupart du temps coincés, ne sachant pas qui nous sommes, simplement parce qu’on est hors normes.

Née et grandie au Liban, Clara Abi Nader jongle entre les photographies de paysage et de portrait, son travail s’articule principalement autour de la question de l’identité, de l’appartenance et des problématiques territoriales.
Aujourd’hui basée à Paris, elle se déplace souvent à Beyrouth pour poursuivre certains de ses projets en cours, tout en prenant des commandes dans la mode dans la capitale française.

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