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Les éditions Loco viennent de publier un ouvrage qui a attisé notre curiosité. Sur une couverture noire mate, du texte imprimé en relief avec pour titre « Marronnages ». Ce nom remonte à l’époque coloniale, il désignait la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître. Le fugitif était lui-même appelé marron. Vous l’aurez compris, ce livre nous ramène aux périodes sombres de l’esclavage, et plus précisément aux Antilles, sur l’île de la Gouadeloupe au 19ème siècle…

Au fil des pages, on découvre en alternance des fac-similés d’avis de marronnage (avis de recherche d’esclaves) parus dans la Gazette de la Guadeloupe entre 1788 et 1847, avec les photographies contemporaines de Bernard Gomez. Ces annonces de tentatives de fuite, de périlleuses échappées publiées au milieu d’autres annonces (prix du café, du sucre ou du coton), par leur banalité, renforcent la violence ordinaire vécue par les esclaves aux XVIIIe et XIXe siècles. Les images en noir et blanc, dépouillées de toute présence humaine, viennent nous restituer le souvenir d’un passé qui ne doit pas être oublié.

Pour accompagner cet ouvrage, un texte introductif écrit par Sylvaine Dampierre suivi d’un glossaire rédigé avec Frédéric Régent au centre du livre, pour nous apporter un regard plus historique et pédagogique sur les termes utilisés dans les annonces.

Passionnant et… effrayant !

INFORMATIONS PRATIQUES
Marronnages, Lignes de fuites
Editions Loco
Photographies Bernard Gomez
Textes : Sylvaine Dampierre et Frédéric Régent
96 pages / 60 reproductions en bichromie
ISBN : 978-2-84314-003-7
30€
http://www.editionsloco.com/MARRONNAGES

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