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C’est à l’occasion de la 4ème édition de la Ronde que nous rencontrons Joanne Snrech, co-commissaire de l’évènement avec Sylvain Amic, lancé par la Réunion des musées métropolitains Rouen Normandie, à partir d’un appel à projets dans toute la France. Conservatrice au musée des Beaux Arts elle nous a dévoilé les contours de ce premier poste, le défi que représentait le musée des Beaux Arts de Rouen et les prochaines expositions prévues dont un focus sur la collection Pinault tout l’été.

Co-commissaire de la Ronde 4ème édition, retour sur le positionnement et l’ADN de cette manifestation plurielle

Effectivement c’est une initiative à visée multiple, l’enjeu de départ étant de rendre l’art contemporain plus accessible auprès d’un large public. L’on s’adresse d’une part au public de nos différents musées avec l’idée d’une rencontre possible entre des univers plus techniques tels que La Corderie Valois ou la Fabrique des Savoirs et l’art contemporain et d’autre part entre des amateurs d’art contemporain à Rouen et en Normandie qui s’ouvrent par ce biais à nos musées. Une logique de double mouvement que l’on espère susciter. Sans oublier et en priorité notre public local, les habitants de Rouen et de la métropole.

Pour le moment la Ronde est positionnée en février-mars ce qui n’est pas une période très touristique aussi nous réfléchissons à peut être décaler la manifestation à l’été pour 2020 et pouvoir ainsi toucher un public plus large.

Bilan des éditions précédentes : fréquentation, visibilité, partenariats

C’est une manifestation qui monte en puissance, ce que l’on mesure au fur et à mesure des éditions. Petit projet au départ diffusé localement à travers un appel à projets, dont le rayonnement s’est progressivement accru, des artistes commencent à venir de l’étranger. L’opération étant volontairement gratuite et incluse au sein des collections il est difficile de quantifier le visitorat avec précision.

Nouveautés de cette 4ème édition et processus de sélection

Il y en a plusieurs. Tout d’abord nous avons créé un partenariat avec la galerie Nathalie Obadia, ce qui nous permet de montrer le travail de deux grandes artistes : Valérie Belin et Rina Banerjee, ce qui est très fructueux et pour le public rouennais qui les découvre parfois pour la première fois.

Nous continuons dans la volonté de ne pas imposer de thème pour la Ronde même si la question ressurgit chaque année, sachant que les artistes exposent au sein de nos collections, ce qui implique des contraintes déjà assez fortes.

La collection étant extrêmement riche, c’est pourquoi les artistes sont nombreux à avoir envie de s’en emparer.

Nous avons sélectionnés les artistes présents cette année au sein de La Ronde de trois manières :

Certains grâce à notre partenariat avec la galerie Nathalie Obadia, d’autres par le biais de nos partenaires locaux, comme par exemple le SHED avec le travail de Simon Boudvin au musée le Secq des Tournelles, l’ESADHaR avec Miquel Mont ici au musée ou le Centre photographique Normandie avec Stefano Bianchi à la Fabrique des Savoirs et enfin par les réponses à l’appel à projets qui ont retenu notre attention.

Programmation à venir : Varengeville-sur-Mer, un atelier sur les falaises et So British ! dix chefs-d’œuvre de la collection Pinault

Ce sont deux propositions très différentes et tout aussi stimulantes.

Nous ouvrons à partir du 5 avril pour tout l’été, une exposition intitulée « Braque, Miró , Calder, Nelson, Varengeville, un atelier sur les falaises » avec l’atelier de Braque comme fil conducteur de 1930 à sa mort en 1963, mais aussi tous les artistes qui ont gravité autour, lui rendant visite ou créant sur place, jusqu’à former une petite communauté artistique et amicale. Miró a passé presque 1 an à Varengeville, entre 1939-40, Calder dont nous avons installé un grand mobile devant le musée l’année dernière, y a passé un été et beaucoup de poètes et artistes sont venus ponctuellement le temps d’un week-end ou de vacances prolongées pour profiter de la présence de Braque et de Nelson qui entretenaient un vrai cercle artistique normand. Cela sera aussi l’occasion de découvrir Varengeville pour le public qui ne connaitrait pas le site.

Début juin, juste avant l’Armada, nous inaugurons une manifestation d’un nouveau genre, un partenariat avec la Collection Pinault qui nous prête 10 œuvres emblématiques qui vont rejoindre le parcours permanent du musée des Beaux Arts, sur une durée de 1 an. Ce qui est intéressant est de permettre au public de s’approprier les œuvres avec de réelles perspectives en terme de médiation et de partage. La Collection Pinault étant immense nous avons retenu un filtre pour opérer notre sélection, à savoir les artistes britanniques, dans un prolongement contemporain aux liens historiques plus anciens qui existent entre la Normandie et l’Angleterre.

Ces allers et retours entre création passée et présente rejoignent mes aspirations pour les musées qui ont toujours été un lieu de création pour les artistes vivants. S’il y a eu une fracture avec les Beaux Arts, exclusivement dédiés à l’art ancien, je trouve que de réinsérer ponctuellement au sein du parcours des œuvres d’art contemporain, cela permet de rester connectés à l’art en train de se faire ou de réinterroger certaines parties des collections à l’aune de ce filtre. Bien entendu, cela ne peut se mener à bien sans un vrai effort de médiation, le mythe d’une rencontre totalement naturelle entre un public et une œuvre ayant la vie dure. Des textes approfondis accompagneront notamment le public dans ce sens.

Jeune conservatrice, arrivée récemment ici, en quoi le musée de Rouen représentait un beau défi ?

Le musée des Beaux Arts et la Réunion des musées métropolitains plus largement, offrent un ensemble de musées très dynamiques comme on peut le constater avec la Ronde, à la fois en terme de programmation et de réflexion scientifique. Des sujets dont j’avais envie de m’emparer pour pouvoir apporter ma pierre à l’édifice.

INFOS PRATIQUES :
LA RONDE #4 | Musée des Beaux-Arts
(Exposition terminée)
Ensembles des artistes :
Sophie Dubosc, les derniers seront les derniers, au musée des Antiquités
L’installation Damnatio Memoriae de l’artiste RERO au square André Maurois
La troisième calamité (Hanoi) de Simon Boudvin, au musée Le Secq des Tournelles, en partenariat avec le SHED
Au musée de la Céramique, L’arc-en-ciel géant Tagadaaaa… par Charlotte Coquen
Au muséum d’Histoire naturelle, les installations d’Arnaud Caquelard De mémoire et par don(s), dans la galerie des continents
À la Fabrique des Savoirs : la série photographique Stracci de Stefano Bianchi
Au centre de ressources du musée national de l’éducation, le travail de l’auteur/illustrateur Arnaud Nebbache
Au Hangar 107, le travail de Tania Mouraud
Au musée des Beaux-Arts, la série de photographies All Star de Valérie Belin et un ensemble de sculptures de Rina Banerjee, en partenariat avec la galerie Nathalie Obadia Paris/Bruxelles ; les Nuages de Victor Cord’homme, projet porté par la maison des Arts de Grand-Quevilly
http://mbarouen.fr

 

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