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Covid-19 et les photographes : Témoignage de David Giancatarina « Je n’ai droit à aucune aide ! »

Temps de lecture : 2 minutes et 31 secondes

La crise sanitaire liée au covid-19, touche tous les acteurs du monde de la photographie. Face aux annonces faites par le gouvernement et les différents ministères pour apporter un soutien financier aux professionnels, nous avons souhaité donner la parole à nos lecteurs. Aujourd’hui, nous partageons le témoignage de David Giancatarina.

Dans le cadre des mesures exceptionnelles liées à la crise sanitaire Covid19, mon comptable m’a demandé de remplir le formulaire pour l’aide financière exceptionnelle COVID-19 Action Sociale. Je suis artiste et photographe professionnel de musées et d’architecture, et absolument toutes mes commandes de mars et avril ont été annulées, je me retrouve « le bec dans l’eau ».
Comme un grand nombre de photographes et d’indépendants, j’encaisse généralement le fruit de mon travail deux, trois, voire six mois après la mission. En 2019, je n’ai rien encaissé au mois de mars et en 2020 j’ai reçu 2475 euros de rémunération pour des travaux réalisés l’année précédente !
Selon leurs calculs de critères d’attribution, je n’enregistre donc pas de baisse de chiffres d’affaires, alors qu’en réalité mon chiffre d’affaire du mois de mars 2020 est de zéro euro.

Je me rends compte que l’attribution de cette aide est aléatoire et qu’elle n’a rien de social, puisque si j’avais rentré 40 000 euros en mars 2019, j’aurais eu droit à ces 1500 euros…

L’Etat ayant annoncé un report et des facilités de crédit d’un semestre, dans la panique je contacte la banque auprès de laquelle j’ai contracté un crédit pour mon petit atelier. Un prêt qui s’élève à 560 euros par mois. Ma banque m’envoie un premier document truffé d’erreurs… je reçois enfin un document valable 5 jours plus tard. Et là, je découvre avec stupeur que ce report d’échéance – s’il était validé, serait accompagné d’un surplus de 1200 euros d’intérêts… – merci le Crédit Agricole pour ne pas le citer !

Et pour couronner le tout, je ne peux livrer mes commandes pour les musées réalisées avant le COVID-19, puisqu’il n’y a personne dans les locaux pour les valider, que leurs serveurs ont été victimes d’une cyber-attaque toujours active, sans parler des longs délais de paiement habituels.

L’avenir proche n’est pas très encourageant. En temps normal, les mois d’avril et mai représentent mon pic d’activité de l’année… Là, ce sera le grand vide !

J’ai envoyé des courriers à l’URSSAF et aux impôts pour signaler ce soucis sur l’aide, pour l’instant aucune réponse de leur part.
Quand je vois la crise et les difficultés rencontrées dans le milieu hospitalier, je relativise mes soucis.
Mais malgré tout, ma situation financière est aujourd’hui inquiétante, et contrairement aux effets d’annonce, je n’ai droit à aucune aide.
Quelques mois après avoir appris que l’AGESSA n’avait pas comptabilisé ma retraite pendant mes 10 ans d’activité de photographe, j’ai parfois l’impression d’avoir un statut digne du moyen-âge à l’époque où l’image est omniprésente, et mon professionnalisme reconnu.

Si les conditions d’attribution étaient logiques, et que je n’y avais pas droit, je serais embarrassé mais pas énervé.
Initialement, je pensais ces mesures simplement inadaptées à notre profession, mais visiblement dans tous les secteurs, peu nombreux sont ceux qui réussissent à obtenir de l’aide de l’état.
Dans le cadre des artistes et des photographes, une aide forfaitaire généralisée comme dans certains pays, aurait été certainement bien plus efficace, et n’aurait pas mobilisé des centaines de fonctionnaires pour les vérifications, sans compter l’engorgement des messageries des Impôts, de l’URSSAF… bref, l’exception bureaucratique française a encore frappé !

http://www.giancatarina.com/

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