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Carte blanche à Anne Immelé : La constellation, l’intensité et le désir : Vincent Delbrouck, Nolwenn Brod

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Pour sa deuxième carte blanche, notre invitée Anne Immelé, photographe, co-fondatrice et directrice artistique de la Biennale Photo de Mulhouse présente les travaux de Vincent Delbrouck, Nolwenn Brod. Deux photographes qu’elle a exposés dans le cadre de la manifestation. Le première en 2016 et la seconde cette année, après une première tentative lors de la précédente biennale.

C’est en écrivant Constellations photographiques (Médiapop éditions, 2014) que j’ai découvert le travail de Vincent Delbrouck aka V.D. Par la suite, je l’ai invité en résidence à Mulhouse, il a exposé durant l’édition L’Autre et le même (BPM-2016). V.D utilise la photographie pour exalter la vie. Sous le titre, Maya ou les baies sauvages, son exposition était une immense constellation, les liens entre les images cherchaient à équilibrer une forme de contemplation silencieuse et une conscience hypersensible et multiple.

Extrait de V.D. ou la multiplicité, Anne Immelé in CATALOGUE, Wilderness éditions, 2016.
« En utilisant la constellation, V.D. ne cherche pas à figer le sens ni à donner une signification évidente, il ne cherche pas à imposer une vision du monde, mais à rendre compte de la complexité de celui-ci en retranscrivant une réalité elliptique, errante. En cela les constellations de V.D. seraient également proches de ce qu’Édouard Glissant nomme la pensée archipélique comme pensée du tremblement, qui « ne s’élance pas d’une seule et impétueuse volée dans une seule et impétueuse direction, elle éclate sur tous les horizons, dans tous les sens, ce qui est l’argument topique du tremblement. Elle distrait et dérive les impositions des pensées de système. » Dans ses notes de travail, V.D. évoque l’archipel dans un « désir ardent de retour à l’origine du monde. (…/…) Un archipel d’îles flottant dans la mer turquoise et qui semble donner au paysage un pouvoir d’évocation érotique et magique. La vie même y reflète ses arborescences. Animale et peinte. »

En 2018, l’exposition L’étreinte du tourbillon traitait du désir amoureux et croisait différents regards sur l’être aimé. Photographie et désir y étaient intrinsèquement liés. J’avais songé à exposer des photographies de Nolwenn Brod, mais la complexité des choix d’articulation entre les oeuvres et les enjeux ne m’ont pas permis de le faire. C’est pourquoi, sa série en cours, Le temps de l’immaturité s’est imposée comme une nécessité dans les premiers temps de la préparation de l’exposition Ce noir tout autour qui parait nous cerner (BPM 2020). Travaillant avec beaucoup de précision, procédant par touches d’intensité, Nolwenn Brod a proposé un agencement extrêmement puissant, ambigüe, véhiculant la force brute du désir simultanément avec une immense délicatesse. Dans cet agencement, la photographe nous met en présence de jeunes adultes pris dans le mouvement trouble de ce qui va advenir. La lumière de ses images apparaît comme filtrée et chargée en émotion, dans une dimension cinématographique que la scénographie de l’exposition vient encore accentuer.

http://www.biennale-photo-mulhouse.com/2020/

INFORMATIONS PRATIQUES

mar01sep0 h 00 minsam31oct(oct 31)0 h 00 min4ème édition de BPM - Biennale Photo de MulhouseThis is the EndType d'événement:Exposition,Festival

La Rédaction
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