L'Invité.e

Carte blanche à Yves Rousselet : Je me souviens de… Claude Dityvon

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Pour sa deuxième carte blanche, notre invité de la semaine, Yves Rousselet, partage avec nous sa rencontre avec le photographe français Claude Dityvon. Une rencontre qui remonte à une ancienne édition des rencontres prim’avrilesques. Plus qu’une simple rencontre, Claude Dityvon a beaucoup inspiré notre invité. “Son œuvre est le reflet de sa personne. J’ai eu infiniment de plaisir à l’écouter à me remettre dans les pas de son histoire, son itinéraire…”

Des vingt-cinq éditions des rencontres prim’avrilesques une seule fut organisée autour d’un thème “ENFANCEs” et avec une invitation adressée à d’autres photographes pour exposition collective… Un album espace objet dans lequel se raconte “une enfance pour l’enfant une autre quand je suis devenu grand-e“…

Cette initiative m’a offert l’occasion de rencontrer d’échanger pour la première fois avec Christiane et Claude Dityvon. Les livres de photographie les expositions accompagnaient mes tâtonnements mes avancées … Ils développaient autant que mes heures passées dans le laboratoire mon petit savoir faire d’artisan occupé à bien organiser le désordre de sa caisse à outils.

Les livres de Claude particulièrement dont j’avais entrepris de rassembler tous ceux consacrés à son travail associés au souvenir marquant d’un portfolio de la période “VIVA” publié dans un numéro très fanzine de “Contrejour” période rue de l’Ouest. Le point de départ de mon regard se portant souvent sur les photographies de Dityvon est sans aucun doute lié à sa perception du monde du travail et ses conflits ses tensions comme je n’avais pas su les aborder, celle également de la ruralité comme je l’avais quittée sans possibilité de la retrouver et la raconter … L’enregistrement par ce photographe de scènes de rue d’événements minuscules ordinaires quotidiens d’instants non décisifs toujours captés avec une distance parfaitement appropriée me proposait des lectures objectives subjectives suggestives … Avec lui grâce à lui et sa photographie je m’appropriais sa vision “à force de regarder je commence, seulement à entrevoir” … un certain passage du net au flou comme dans ce jeu d’enfant plissant les paupières pour que l’œil découvre une autre forme du monde … les photographies de Claude offrent du réel une vision juste par la poésie par une musicalité à laquelle je suis particulièrement sensible, il rend la dissonance harmonieuse grâce à la lumière, captant le geste restituant des silences … son œuvre est le reflet de sa personne j’ai eu infiniment de plaisir à l’écouter à me remettre dans les pas de son histoire son itinéraire … nul doute que si j’avais quelque autorité en matière de panthéonisation Claude serait sur la plus haute marche … ses images qu’il travaillait également dans son laboratoire sont constamment composées avec rigueur et subtilité sans filet noir … étonnant clin d’œil un peu en forme de pied’nez … et si la photographie a aussi rapport à la mémoire alors je plaide pour que Claude “photographe culte, figure incontournable de l’histoire contemporaine” dont le nom est entré dans le Larousse en 1992 … soit regardé pour tout ce qu’il a eu le talent nous montrer … révéler …

La Rédaction
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