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Masterclass Oeildeep : Le mythe d’Andromède par Nathalie Baetens

Cette semaine, nous débutons la restitution d’une Masterclass Œildeep un peu particulière. L’équipe, composée de Sonia Seraidarian, Diana Lui et Jean-Christian Bourcart, a accompagné 17 photographes du collectif Le Bal des Rejetons pour faire œuvre ensemble. Pendant 17 semaines consécutives, nous allons partager avec vous leurs projets. Nous commençons avec la photographe Nathalie Baetens, dont le projet revisite le mythe d’Andromède pour en renverser les figures et faire émerger une œuvre collective autour des monstres intimes et des récits à réinventer.

Le Bal des Rejetons est un collectif d’auteurs photographes réunis autour de l’envie de diffuser des regards sensibles à un public large. Après « Un voyage photographique en France », publié en 2022 aux Éditions de Juillet et diffusé dans de nombreux festivals, 17 photographes s’emparent de mythes et légendes pour raconter le monde. Découvrez leurs histoires et cette aventure collective.

Andromède et ses monstres

Au commencement était la mer, vaste et antique, et une île écrasée de soleil où les dieux aiment à éprouver les mortels.

C’est là qu’Andromède est enchaînée. Ou plutôt, enchaîné. Car la victime n’est plus celle que les récits anciens ont figée dans la nudité et le silence. C’est un jeune homme, livré aux flots, offert à un monstre marin pour une faute qu’il n’a pas commise. Les vagues murmurent déjà le nom du monstre, créature née de la peur et du désir de domination
Alors surgit une héroïne. Elle ne promet rien, n’exige rien. Elle n’est pas venue pour posséder, mais pour libérer. Face au monstre, elle ne brandit ni la gloire ni la conquête : elle affronte la bête comme on affronte une vérité ancienne, en la regardant droit dans les yeux. Le combat est bref, mais le geste immense : Andromède est libéré, non sauvé par un accord, mais par un acte de justice.

Autour de ce nouveau mythe se sont rassemblées dix-huit femmes, venues d’horizons et d’âges différents. Artistes ou non, toutes portent en elles une mémoire. On les appelle les Tisseuses, les Veilleuses, parfois les Sorcières – car dans les mythes, les femmes ont mille noms.
Chacune a reçu une image du récit, et y a inscrit son propre langage : traits de crayon comme des cicatrices, fils cousus comme des blessures réparées, fragments collés, terre cuite, mosaïques, matières arrachées au monde.
Elles ont invoqué les monstres. Leurs monstres. Ceux qui dorment à l’intérieur : la peur, la colère, la honte, la rage héritée. Certaines sont descendues profondément en elles-mêmes, là où les mythes naissent avant d’être racontés.

Ainsi est née une œuvre hybride, ni tout à fait images, ni tout à fait récit : dix-huit fragments uniques, comme autant de réponses au mythe ancien. Dix-huit voix.
Un conte collectif où le héros change de visage, où l’héroïne agit sans conquérir, et où le monstre cesse d’être une bête et devient une question.
Depuis ce jour, sur l’île battue par les flots, on raconte que les chaînes ne tiennent plus longtemps. Car les mythes, lorsqu’on les renverse, apprennent enfin à respirer.

Intervention sur les photos dans ce portfolio :
Laetitia D’ABOVILLE, photographe – Sarah CONNAY, artiste plasticienne – Agathe OLLITRAUT-BERNARD, paysanne en devenir, cultivatrice de plantes et nomade – Anouk REA, lycéenne – Valentine ZELER, photographe

Nathalie Baetens développe un travail photographique nourri par l’art brut et la puissance poétique de la nature. Qu’elle photographie, en noir et blanc, des rivages, des nids ou des figures masquées, elle accorde une attention particulière au grain et au papier, qui confèrent à ses images l’aspect d’une gravure.
Elle a récemment mené un projet à quatre mains avec l’artiste Antonin Anzil qui a sculpté des lunes sur ses tirages d’oiseaux de nuit.
Son travail a été exposé en France et à l’étranger, et figure notamment dans les collections de la BnF, la Collection Hermès de photographie contemporaine ainsi que dans la Collection Bachelot et celle d’Antoine de Galbert.
Son travail sur les nids a été publié en 2025 par les éditions Atelier EXB.

Site web : https://www.nathaliebaetens.com/
Instagram : @baetensnathalie


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Les inscriptions sont ouvertes pour la prochaine !

Oeildeep soutient la création photographique par le biais d’un programme de formation longue durée fondé sur la pluralité des regards. Des experts aux perspectives variées, un accompagnement personnalisé sur 6 mois en groupe et à distance, et un partage continuel d’expériences offrent des espaces riches de rencontres et d’échanges pour mieux appréhender notre rapport de création au monde. La créativité est stimulée pour un développement approfondi des projets au sein d’une véritable communauté de soutien.
Chaque année, tous les projets réalisés lors des Masterclass sont publiés dans 9 lives Magazine et présentés lors de Rencontres de la photographie à Arles.

https://oeildeep.com/masterclass


VoUs êtes photographes et vous souhaitez donner de la visibilité et de la résonance à votre travail ? Notre rubrique Portfolio vous est consacrée !

Comment participer ?
Pour soumettre votre travail à la rédaction, il vous suffit d’envoyer à info@9lives-magazine.com

• Une série composée de 10 à 20 images. Vos fichiers doivent être en 72DPI au format JPG avec une taille de 2000 pixels dans la plus grande partie de l’image ;
• Des légendes (s’il y a) ;
• Un texte de présentation de votre série (pas de format maximum ou minimum) ;
• Une courte biographie avec les coordonnées que vous souhaitez rendre public (site web, email, réseaux sociaux…)

À LIRE
Le Bal des Rejetons, une autre radioscopie de la France
Des Oiseaux de Nathalie Baetens par Nathalie Chapuis (atelier EXB)

La Rédaction
9 Lives magazine vous accompagne au quotidien dans le monde de la photographie et de l'Image.

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