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Pour la douzième année consécutive, l’Association nationale des Iconographes (ANI), récompense 3 photographes, découvert lors des lectures de portfolios durant le festival Visa pour l’image de Perpignan.

Cette année, l’exposition des Visa de l’ANI-Pixpalace rassemble les reportages les six photographes finalistes des éditions 2015 et 2016 : Ingetje TadrosMonika Bulaj, Andres KudackiValery Melnikov et Gianmarco Panucci. Les travaux sont présentés à l’Ecole des Gobelins jusqu’au 16 décembre prochain.
A cette occasion, des lectures de portfolios sont organisées demain, le samedi 3 décembre de 13h00 à 15h00 et rencontrez entre autres, Ericka Weidmann, co-fondatrice de 9 lives !
A 15h30 à 17h, l’association propose également une table ronde autour de la problématique de représentation des migrants en photographie, et de la projection de coups de coeur de la presse.

Monika Bulaj « NUR »
Marquant la singularité de son projet en refusant de se mêler aux unités militaires pour mener son travail photographique, Monika Bulaj redécouvre l’Afghanistan, raconté par les écrivains voyageurs de Maillart à Bouvier. Accompagnée de son journal et de son Leica, elle traverse le pays, de la frontière iranienne à la frontière chinoise, et affronte seule les complexités géographiques et sécuritaires des provinces afghanes. Elle y rencontre une implacable économie de guerre ainsi que la corruption et le tribalisme qui l’accompagne. Et pourtant, loin de la fréquente fascination pour l’absurdité humaine et ses douleurs, son regard est happé par la beauté des lieux et de ses habitants.
Au long des paysages minéraux parcourus à dos de yack ou de cheval, en camion ou en taxi, Monika raconte l’Islam de la tolérance, les traditions soufis et le bonheur d’être accueillie tel un cadeau venu d’ailleurs.

Myriam Meloni « Different Shades of Blue »
En quête d’une vie meilleure, les habitants de l’Afrique subsaharienne fuient par milliers leurs pays d’origine. Mus par l’espoir d’en finir avec la violence, la pauvreté, les guerres et l’absence d’opportunités, ils migrent vers le nord du continent et nombre d’entre eux se retrouvent bloqués durant des mois ou des années aux portes de l’Europe avec pour seul espoir un hypothétique passage de « l’autre côté ». En 2014 et 2015, Myriam Meloni a rencontré et photographié certains de ces voyageurs d’infortune coincés au Maroc sans ressources et avec pour seul rêve leur désir d’Europe.

Ingetje Tadros « This is my Country »
Ingetje Tadros décrit avec puissance l’existence « sur le fil » des communautés aborigènes d’Australie. Installée dans la ville de Broome, elle parcourt les régions reculées et oubliées du pays où vivent les communautés aborigènes.
Sa photographie documentaire, marquée par une approche profondément éthique, témoigne avec humanité de l’abandon et de la privation de droits dont sont victimes les membres de ces communautés. La photographe met en évidence la vulnérabilité de ces populations face aux terribles fléaux qu’elles affrontent (alcoolisme, violence domestique, suicide, défaillance du système de santé). Sa présence prolongée lui a également permis de découvrir le lien persistant qui unit ces familles à leur territoire et à leur spiritualité.

Andres Kudacki « Crise du logement en Espagne »
Avec un chômage supérieur à 26%, des baisses de salaires généralisées et des conditions de travail précaires, des milliers d’Espagnols sont incapables de rembourser leurs prêts immobiliers ou de payer leurs loyers et font face à des expulsions. Certains sont victimes de la spéculation immobilière, reliée à des sociétés privées et au gouvernement, les forçant à l’expropriation de leurs propres maisons. À Madrid, les citoyens les plus vulnérables souffrent des mesures d’austérité gouvernementale.
Les biens immobiliers des compagnies de logements sociaux, qui sont une alternative pour les personnes défavorisées, sont vendus en liquidation à des investisseurs privés.
Ce travail explore les relations entre les personnes et leurs logements et leurs réactions face aux expulsions.

Valery Melnikov « Jours Noirs en Ukraine »
La tentative de division du sud-ouest de l’Ukraine en 2014, a plongé le pays dans le marasme. En raison de la confrontation prolongée entre l’armée ukrainienne et les séparatistes, plus de 25 000 habitants se sont enfuis du pays. La ville de Lisichansk est devenue une ligne de front en une semaine.
Elle est contrôlée par le bataillon Prizrak (le fantôme), l’un des plus grands groupes rebelles du Donbass. Aleksey Mozgovoi, le leader de «Prizrak», décrit ses hommes comme des héros qui ont passé l’enfer.
Il souligne que ses hommes ne sont pas des fascistes ou des terroristes contrairement à l’armée ukrainienne. Ils sont des rebelles.
Composé de 600 hommes, le bataillon a pour objectif de prendre d’assaut la ville de Kiev et de s’allier avec les forces russes.

Gianmarco Panucci « Gang de Cape Town »
Plus de 20 ans après la révocation des lois raciales, la réalité choquante des communautés noires de Cape Town montre comment
la politique d’apartheid a produit une marginalisation encore plus profonde que la ghettoïsation sociale.
Les gangs se sont formés en 1966, lorsque les lois de ségrégation raciale ont déclaré que le District 6 et d’autres quartiers du centre de Cape Town seraient des « zones pour blancs seulement ». Depuis lors, ils sont organisés comme un ordre opérant en dehors de l’État, fondé sur «des valeurs» comme la violence, le pouvoir, l’alcool et l’abus de drogue.
Ces communautés ont été isolées dans les townships, en marge de la société, où la violence des gangs régit leur vie quotidienne.
Avec 41 meurtres pour 100 000 habitants, la banlieue de Cape Town tient le record du plus grand nombre de meurtres de la région.

• EXPOSITION
Prix ANI-PixPalace 2015/2016
Du 28 novembre au 16 décembre 2016
Les Gobelins – École de l’image
73, boulevard Saint Marcel
75013 Paris
http://www.ani-asso.fr
http://www.gobelins.fr

LECTURES DE PORTFOLIO
Le samedi 3 décembre 2016
De 13h à 15h
Une lecture de 20 minutes par photographe.
Préinscrivez-vous sur le lien et arrivez à 12h. 30 pour la répartition et l’organisation des lectures.
Parmi les lecteurs : Agnès Grégoire, Andreina De Bei, Corine Bartet, Eric Karsenty, Ericka Weidmann, Isabelle Habert, Isabelle Rouvillois, Marie-Pierre Subtil, Sylvie Hugues …

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