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Cette semaine, nous partageons avec vous le travail du photographe français Fred Le Biez. Il a été réalisé dans le cadre de la seconde session de masterclass Oeildeep sous l’égide de Jane Evelyn Atwood, Jean-Christian Bourcart et Nicolas Havette. Fred Le Biez se rend au Cap Vert depuis 2005, pour y découvrir ses « racines »…

Pourquoi je photographie le Cap Vert? Parce que c’est là que la vie me prend le moins la tête, parce que c’est là que quand on veut rire, on ne fait pas tout une thèse pour savoir si c’est drôle, parce que c’est là que quand on veut faire l’amour, on le fait.
Je suis allé au Cap Vert en 2005 Je voulais connaître mes racines, m’ancrer pour mieux grandir. Pourtant, je ne suis pas Cap Verdien. Je suis normand, breton, sénégalais.
Mais je me sens proche des Cap Verdien. Ce n’est pas le pays de mes ancêtres, plus un pays cousin.
J’ai du mal à parler du premier voyage. C’est un voyage plein de démons. J’y ai presque perdu la vie, une vie parisienne qui me rendait profondément triste. Je suis
parti pour trois semaines, je suis revenu au bout de dix jours. Faut il se brûler les ailes pour vivre ?
J’y suis retourné plusieurs fois, et j’ai réussi à me préserver. Tous ces voyages reposent sur l’idée de m’accepter moi même, d’accepter mon style. Ce qui compte
c’est que je fasse des photos pour me faire plaisir et dont je sois fier. Comme d’accepter que je sois un être vivant, c’est à dire en train de vivre sa vie. J’accepte
de ne pas être le meilleur et ça a fait de moi un être meilleur.
Alors oui, la photographie est un prétexte! Pour aller vers l’autre, vous le faire découvrir et m’oublier un peu.

À quatorze ans, alors que ma grand-mère est mourante, elle me fait promettre d’arrêter de fumer. Les économies qui s’en suivront me permettront d’acheter mon premier reflex, un Pentax KX. Je commence un travail sur les graffiti à Paris. Plus passionné par ce travail que par l’école, je redouble ma seconde. Les années qui suivent je les passe en internat. Mais pour me motiver mes parents m’offrent un stage photo avec Jane Evelyn Atwood à Arles.
J’ai voulu au cours de mes études, aborder la photographie sous plusieurs angles : le côté technique avec un équivalent BTS fait en Angleterre à Manchester et un côté un
peu plus littéraire, d’une certaine façon, avec un cursus en sociologie et ethnologie. À l’arrivée sur le marché du travail, je deviens finalement vendeur à la FNAC. Puis
éducateur spécialisé, dans ce métier je mets à profit mes connaissances photo : j’organise des ateliers photo, réalisation d’albums ou encore conception et prise de
vue au sténopé, ainsi que la remise en route d’un labo photo dans un CHRS de l’Armée du Salut.

Vous souhaitez participer aux prochaines masterclass ?

  • 6 mois d’accompagnement artistique et technique adapté à vos objectifs et votre parcours
  • 3 professionnels s’impliquent et vous guident dans la construction de votre projet photographique de la conception à la finalisation : prise de vue, editing, post-production, mise en forme pour exposition, publication, projection
  • Alternance de week-ends en groupe à Paris et d’un suivi individuel par skype
  • Restitution de fin de masterclass: projection aux Nuits de la Roquette lors de la semaine d’ouverture des Rencontres de la photographique d’Arles, parution dans le livret annuel Oeildeep, publication de chaque portfolio sur le site de notre partenaire 9 Lives Magazine.

https://oeildeep.com/masterclass

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