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Représentée depuis de nombreuses années par VU’, Ouka Leele revient sur les murs de la galerie après une longue absence. Ses deux dernières années, son œuvre – rarement montrée au public – a fait l’objet de plusieurs expositions dans le cadre de festivals français : des Rencontres d’Arles, aux Femmes s’exposent à Houlgate, en passant par les Promenades photographies de Vendôme. La galerie a souhaité lui rendre hommage à Paris dans cette somptueuse exposition visible jusqu’à samedi !

Historiquement, la galerie VU’ s’est toujours intéressée à la création photographique espagnole, dont Ouka Leele fait partie; elle a d’ailleurs récemment intégré de jeunes talents tels qu’Israel Ariño, Juanan Requena ou encore David Jiménez… C’est donc tout naturellement que Caroline Bénichou, responsable de la galerie, a souhaité revenir sur l’œuvre multiple d’Ouka Leele. Véritable figure de la rupture dans l’histoire de la photographie en Espagne, Ouka a fait partie de cette génération qui s’est libérée à la fin de la période franquiste. À travers des images ultra colorées et pleines d’humour, c’est avant tout une œuvre subversive, que la directrice la galerie qualifie aussi d’iconoclaste. Cette exposition rencontre un vif succès, et qui attire également un nouveau public, peut-être plus proche de la peinture que de la photographie.

Nous avons interrogé Caroline Bénichou :

« Ça me tenait vraiment à cœur de présenter Ouka Leele à la galerie. Nous en avons donc longuement discuté ensemble, mais ce n’est pas facile, car il s’agit de pièces très rares. Nous avions un jeu de très beaux tirages vintage en grand format. Ils ont été réalisé sur un papier très brillant, magnifique, qui n’existe plus aujourd’hui. Ce qui m’intéresse dans cette œuvre, c’est qu’elle est plus complexe et plus subtile qu’il n’y parait. Au premier abord, on voit des images pop très colorées, mais lorsqu’on les recontextualise dans l’histoire, elles prennent un sens nouveau.
Pour cette exposition, nous avons choisi de présenter des photographies essentiellement issues de la période de la Movida et post-Movida, donc entre 1979 et la fin des années 80. On se rend compte que ce travail est très subversif, à la fois dans ce qu’il raconte, et aussi de par sa technicité. À partir de tirages noir et blanc, elle repeignait entièrement ses images avec une chromie incroyable. Les pièces originales étaient ensuite photographiées puis tirées en grand format. C’est un rapport au processus de création qui est très intéressant, elle recherche une réelle évolution dans la matérialité de l’objet.
On remarque, qu’il y a beaucoup de figures féminines dans ses séries, et c’est un peu – je ne sais pas si elle le revendique ainsi – comme si elle interprétait des figures religieuses, en les dynamitant complètement ! D’ailleurs, j’ai rassemblé dans la grande salle uniquement des portraits de femmes. C’est un peu le film de Pedro Almodóvar « Femme au bord de la crise de nerf » (rires). Cela ramène à la révolution culturelle espagnole mais aussi à toute une révolution féminine. Si on resitue la position des femmes sous la dictature dans un pays ultra catholique et ultra conservateur, on se rend compte à quel point leur statut a littéralement explosé, une fois que le franquiste est tombé, et ses images en sont réellement imprégnées. »

INFORMATIONS PRATIQUES

ven24jan(jan 24)12 h 30 minsam07mar(mar 7)18 h 30 minOuka LeeleGalerie VU', 58 rue Saint-Lazare, 75009 ParisType d'événement:Exposition,Photographie

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