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Carte blanche à Valérie Laquittant : Hommage à Sergey Chilikov

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Pour leurs deux dernières cartes blanches, nos deux invités de la semaine, les fondateurs du festival ImageSingulières à Sète Valérie Laquittant et Gilles Favier ont tenu à rendre hommage à deux photographes. Ainsi, aujourd’hui Valérie Laquittant a souhaité revenir sur le travail du photographe russe Sergey Chilikov, décédé l’été dernier à l’âge de 67 ans. Son travail avait été présenté dans le cadre de la sixième édition du festival.

Sergey Chilikov à Imagesingulières © Nicolas Moulard

Sergey Chilikov, on l’avait découvert un peu par hasard sur le net. Il avait publié un livre aux Pays-Bas, que je trouve assez imparfait, avec une couverture très provoc… Ça a été un peu compliqué de le faire venir. Mais en 2014, grâce à Olga Sliblova du musée d’art et multimédia de Moscou, et à Catherine Philippot qui nous a rapporté les tirages, on y est parvenu. C’est un grand souvenir pour toute l’équipe. Son travail, qui ouvre une lucarne sur les petites libertés intimes que s’octroyaient les russes sous sa caméra, fait de lui un maitre incontesté de la contre culture de son pays. Et puis lui, sorte d’ogre sympathique et jovial, amoureux de la vie, parti l’été dernier. Bien trop tôt…

Livre de Sergey Chilikov aux éditions Schilt

L‘exposition était présentée dans la grande salle de l’ancien collège Victor Hugo (pour ceux qui connaissent ImageSingulières), et le vernissage a été mémorable. Chilikov avait apporté un des livres de philosophie qu’il a écrit, une anthologie de la subjectivité (en russe…) qu’il a offert à Gilles, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a fait honneur à son vernissage et à tous les autres aussi… Mais le point d’orgue de sa visite au festival c’était quand, tard le soir après avoir tracé d’étranges diagonales sur la piste de danse, il sortait ses boites de photos de son cabas. Et là, tous les jeunes photographes présents s’approchaient en cercle pour une pure leçon, à la fois de modestie et de génie photographique. Il y avait des dizaines de tirages noir et blanc, alors que son travail exposé était exclusivement en couleur, d’une incroyable beauté. Pour nous, dont l’intention était aussi de confronter les photographes invités au public, sans barrières mais sans les désacraliser pour autant, le but était atteint.

– Valérie Laquittant

La Rédaction
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