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Partager Partager Si le 8 mars est la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, c’est tout le mois mars qui est devenu au fil des années, une période importante pour le combat des femmes. Frédéric Martin a souhaité donner de la visibilité aux femmes photographes mais également aux éditrices des maisons d’édition. Durant tout le mois de mars, il partagera avec nous des chroniques de livres qui se conjuguent au féminin pluriel. On démarre ce rendez-vous éditorial avec « Le temps est caché dans les plis d’une fleur » publié l’an passé aux éditions Loco (Anne Zweinaum aux côtés d’Eric Cez) avec les photographies d’Anne-Lise Broyer. Durant tout le mois de mars, 5ruedu a décidé de ne publier que des chroniques d’ouvrages d’autrices, tout en privilégiant, le plus possible, les éditrices. Il semble important, en effet, de rendre plus visibles celles-ci alors même qu’on ne leur laisse pas toute la place qui devrait être la leur. © Anne-Lise Broyer Anne-Lise Broyer a été l’invitée de Laura Serani pour une résidence de création lors du Festival Planches Contact à Deauville. De celle-ci est né Le temps est caché dans les plis d’une fleur paru aux éditions Loco et nonpareilles. Et ce temps, sinueux, ondule et laisse en ses replis des souvenirs, des images, des moments qu’on croyait enfuis et qui renaissent parfois d’un son, d’une odeur, d’une lecture (puisqu’il ne faut pas oublier que l’œuvre de la photographe s’inspire, s’ancre, dans la littérature française.) Le temps est caché dans les plis d’une fleur devient dès lors une plongée mémorielle, une invitation à s’ouvrir à ce qui fût, avec en écho, comme un murmure, la mémoire des auteurs. L’enfant est là qui contemple la rivière, comme d’autres le firent autrefois en d’autres lieux, d’autres époques. Mais il n’est pas seul, solitaire simplement. Plus tard, quand fleurissent les lilas, il contemple un papillon ou son reflet dans un miroir. Les fleurs ont fané ; au bord de l’océan des cavaliers mènent leurs montures bon train. Tout est calme, silencieux, immobile et fragile. L’enfant parcourt un monde minuscule troublé ça et là par le fracas lointain des révoltes et des morts. Il dort et la mer s’est retirée laissant des coquillages blancs, un jeu de dame inachevé, une tulipe. Et l’enfant devient l’Enfant… © Anne-Lise Broyer Anne-Lise Broyer par son ouvrage convoque non pas seulement une enfance, la sienne, ou des souvenirs de vacances, mais plus largement la mémoire des enfances. Et le choix de la Normandie pour cadre n’a rien d’anodin dans cet ouvrage aux parfums délicats d’autobiographie réinventée, de voyage dans le passé. Parce que cette région c’est aussi celle de Proust, de Duras, de Flaubert qui furent aussi de formidables inventeurs de souvenirs. Alors que retenir d’une enfance, plus largement que reste-t-il à dire une fois que les plis ont été dépliés ? Si l’on se réfère à l’œuvre de Proust, il est possible de tisser une toile immense et presque infinie de chaque moment. Tout est prétexte à souvenance et Le temps est caché dans les plis d’une fleur possède cette qualité. En effet, chaque moment évoqué, tous ces événements qui n’en sont pas, renvoient non seulement à l’avant de la photographe, mais aussi aux nôtres, ou du moins à une partie des nôtres si tant est que nos vies fussent un peu semblables à celle d’Anne-Lise. La mer immense et le regard qui se perd, les jeux d’après-midi pluvieux, le vieil arbre tordu et desséché auquel nous pourrions grimper, les journaux qui parsèment l’intérieur (plutôt de gauche d’ailleurs les journaux !) voilà qui renvoi à nos après-midi pluvieux, nos jeux de carte ou de dame, nos papillons collectés patiemment. Et peut renvoyer aussi à d’autres odeurs, d’autres goûts dans une quête des sens infinie. De tout ça nous construisons nos propres moments, nous les recréons, comme Duras construisait les siens ou Flaubert et Anne-Lise bien évidement. © Anne-Lise Broyer La force du travail d’Anne-Lise broyer tient donc dans cette capacité à amener son lecteur vers quelque chose de plus vaste, de plus large. Peu à peu, on se laisse happer et tirer vers la fragilité de ces minuscules instants. On ne lit plus un livre mais on se compte une histoire. Le pont entre littérature et photographie dans le travail de la photographe se noue ici, dans cette capacité à faire de petits riens d’immenses tout. Il faut donc s’interroger sur la puissance de l’image, mais aussi sur sa capacité évocatrice. La photographie va servir de mémoire, va la recréer, tout comme chez les écrivains évoqués au préalable l’écriture permettait ce retour en arrière. Mais est-ce que ces mémoires sont fiables, véridiques ? Oui, non. Peu importe. Comme disait Cendras à qui lui demandait s’il avait vraiment pris le Transsibérien » Qu’est-ce que cela peut te faire, puisque je vous l’ai fait prendre à tous ! » L’important, au fond, est qu’on y croit, qu’on se sente dans la peau de cet enfant, dans les pas de la photographe. La littérature, la photographie, les souvenirs ne sont, parfois, que de beaux mensonges, mais l’important est qu’ils existent. La mélancolie des moments devient ainsi sans fin, leur douceur aussi. © Anne-Lise Broyer Le temps est caché dans les plis d’une fleur donne, une fois achevé, l’envie de se souvenir à notre tour. L’envie de repartir en arrière et de regarder les fleurs et ce qu’elles contiennent avec des yeux neufs. L’envie, fondamentale, de revenir un instant en Soi, à l’époque où le monde était petit et plein de merveilles. INFORMATIONS PRATIQUES Le temps est caché dans les plis d’une fleur Anne-Lise Broyer Editions Loco Format 23 x 31 cm 80 pages Sortie : février 2022 ISBN : 9782843140617 30€ https://www.annelisebroyer.com/ http://www.editionsloco.com/ Biographie Anne-Lise Broyer poursuit depuis plus de 20 ans un travail photographique singulier pouvant se résumer comme une expérience de la littérature par le regard en nouant très intimement lecture et surgissement d’une image, écriture et photographie comme en témoignent ses nombreuses éditions partagées avec Pierre Michon, Bernard Noël, Colette Fellous, Yannick Haenel, Jean-Luc Nancy, Suzanne Doppelt, Mathilde Girard, Léa Bismuth, Muriel Pic… Elle questionne également les zones de frottements et d’intersection entre la photographie argentique et le dessin à la mine graphite directement sur le tirage afin d’atteindre une zone de trouble dans la perception. En mariant ces deux gestes, en reliant l’œil à la main, c’est une nouvelle langue qui s’invente. Anne-Lise Broyer crée ainsi des situations visuelles qui renvoie continuellement à l’image photographique et à son histoire technique. Ses ouvrages sont publiés aux éditions Filigranes, Nonpareilles, Verdier et Loco. Elle expose régulièrement en France et à l’Étranger. Marque-page5
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