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Partager Partager Pour sa deuxième carte blanche, notre invité de la semaine, Guillaume Holzer, photographe et directeur éditorial de Bergger, poursuit son plaidoyer pour défendre et protéger la photographie argentique. Après avoir parlé de l’importance du tirage, il alerte cette fois sur le danger de la disparition du papier baryté, un support traditionnel de la photographie argentique aujourd’hui menacé. Actuellement, un seul producteur au monde fabrique encore ces papiers. Que se passera-t-il s’il décide d’en arrêter la production ou s’il venait à disparaître, tout simplement ? Ce qui menace la matière : l’avenir du papier baryté Une image argentique n’existe qu’à travers un support. Sans papier, il n’y a pas de tirage ; sans tirage, pas de matérialisation de la lumière ; sans matérialisation, l’image redevient abstraite, disponible, remplaçable. On parle souvent de la mort possible du film. C’est une distraction : le maillon réellement fragile aujourd’hui, celui qui menace l’ensemble de la chaîne, c’est le papier. L’histoire de BERGGER remonte à 1858, année où Gustave Guilleminot fonde à Paris l’une des premières maisons françaises dédiées aux papiers et plaques photographiques. En 1995, après la fermeture de Guilleminot, Guy Gérard, héritier de ce savoir-faire, crée BERGGER avec une idée simple : préserver et renouveler l’excellence du tirage noir & blanc. Le papier baryté, c’est-à-dire un papier fibre recouvert d’une couche de sulfate de baryum permettant à l’émulsion argentique de rester en surface, il n’est plus fabriqué que par un seul producteur au monde. Une seule entreprise, quelque part dans le monde industriel en Allemagne, fabrique encore cette base cartoline enduite de baryum, ce “substrat” sur lequel toute image argentique vient se déposer. Si cet acteur s’arrête, ce n’est pas seulement une marque qui disparaît, mais une possibilité. On pourra toujours inventer autre chose, mais ce ne sera plus ce papier-là, avec sa main, son relief, sa tenue, sa manière d’absorber les noirs et de retenir l’eau. L’enduction photographique, elle-même ne survit plus que grâce à deux fabricants : Ilford et Foma. Ce sont les deux derniers au monde qui produisent encore du papier argentique noir et blanc. Deux noms. Deux usines. Deux chaînes. C’est tout. Les autres ont disparu en vingt ans : Kodak en 2002, Agfa, Forte, Kentmere, Oriental, Sterling, Fotokemika. Aujourd’hui, l’illusion de diversité vient des marques, mais sous la surface, la réalité est crue : il ne reste que deux fabricants. © Guillaume Holzer Le problème est économique autant qu’industriel. Le papier n’est pas rentable. Il demande de grandes infrastructures, de l’énergie, une chaîne de production lourde pour un produit à faible marge. Tant que le coût de l’énergie restait faible, l’écart de prix entre film et papier s’expliquait par la différence de complexité chimique : le film contient plus d’argent, plus de couches, plus de contrôle, donc il se vendait plus cher. Mais aujourd’hui, ce modèle s’est inversé : le poste “énergie” a supplanté le coût de l’émulsion, et le papier, pourtant plus simple, est devenu tout aussi coûteux à produire, sans que son prix de vente puisse suivre. Les hausses de tarifs observées ces dernières années ne sont pas des stratégies commerciales : elles sont des tentatives de survie. Cette situation mène à un paradoxe inquiétant. Le papier coûte plus cher à produire, se vend plus cher, mais rapporte moins aux fabricants. Les volumes baissent, les marges s’érodent, les lignes de production se vident. Et si l’un des deux derniers acteurs venait à s’arrêter, pour cause de non-rentabilité, accident industriel ou choix stratégique, le second se retrouverait en position de monopole total. Un monopole qui ne garantit rien, ni la continuité, ni le prix, ni même la volonté de continuer. On entrerait alors dans un désert. Ce scénario n’a rien de théorique. En 2002, lorsque Kodak a cessé de produire du papier noir et blanc, personne ne s’est alarmé : il restait Agfa, Ilford, Foma, Oriental, Kentmere, Forte. Aujourd’hui, il ne reste plus qu’Ilford et Foma. Le silence de 2002 serait un effondrement en 2025. On peut espérer une réindustrialisation. On peut imaginer des solutions alternatives. Mais on ne construit pas une usine de couchage baryté comme on relance un site web. Il faut des infrastructures coûteuses faites de machines de précision, de contrôles stricts, de savoir-faire industriel en voie de disparition. Et surtout, du volume. Or le marché se rétrécit. Ce risque, il faut le regarder en face: dans cinq ans, il est possible que le papier photo argentique soit devenu rare, cher, ou tout simplement indisponible. Pas faute de demande, mais faute de fabricants. Nous pourrions continuer à photographier, mais non à tirer. Continuer à exposer, mais plus à produire. Continuer à parler du geste, mais sans le pratiquer. C’est cela que signifie, très concrètement, la disparition d’un support. La mort d’une matière entraîne la mort d’un métier. Car même si le papier survit, qu’en sera-t-il de ceux qui savent le révéler ? Le péril ne touche pas seulement la matière : il touche aussi les mains. C’est le sujet du chapitre suivant (à découvrir demain, jeudi 20 novembre 2025). Marque-page3
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